Mémento par Abbé Néri 2018-11-02 20:44:36 |
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Ce mot latin qui signifie « souviens-toi », marque l’idée dominante dans liturgie pour les défunts.
Le souvenir de l’Eglise
Et tout d’abord, le souvenir de l’Eglise militante :
« A la fête de la Toussaint se rattache intimement le souvenir des saintes âmes qui, retenues au purgatoire pour y expier leurs fautes vénielles ou se purger des peines temporelles dues au péché, sont toutefois confirmées en grâce et entreront un jour au ciel. » (1)
L’espérance fondée sur la foi et la ferveur de la charité la conduit vers la compassion de ces âmes :
« Aussi, après avoir célébré dans la joie la gloire des Saints qui constituent l’Église du ciel, l’Église de la terre étend sa sollicitude maternelle jusqu’à ce lieu d’indicibles tourments où sont plongées les âmes qui appartiennent aussi à l’Église.
En ce jour, dit le Martyrologe Romain, la commémoraison de tous les fidèles défunts : commémoraison en laquelle notre commune et pieuse Mère l’Église, aussitôt après s’être efforcée de fêter par de dignes louanges tous ses fils qui déjà se réjouissent dans le ciel, s’efforce d’aider par de puissants suffrages auprès de son Seigneur et Époux, le Christ, tous ceux qui gémissent encore dans le Purgatoire, afin qu’ils se joignent au plus tôt à la société des habitants de la céleste Cité ». (2)
Ainsi comme on peut le remarquer dans ce passage du martyrologe la prière de l’Eglise fait appel au souvenir de son Seigneur.
Le souvenir du Christ
Il suffit de relever dans la séquence « dies irae », l’appel de l’âme fidèle au souvenir du Christ :
Recordáre, Iesu pie,
Quod sum causa tuæ viæ :
Ne me perdas illa die.
Souvenez-vous, ô bon Jésus,
que vous êtes venu pour moi,
ne me perdez pas en ce jour.
Quærens me, sedésti lassus :
Redemísti crucem passus :
Tantus labor non sit cassus.
À me chercher, vous vous êtes fatigué.
Vous m’avez racheté, en souffrant la Croix.
Que tant d’efforts ne soient pas vains.
Et cet appel au souvenir du Christ nourri notre espérance, et nous conduit même jusqu’à la joie. C’est pourquoi dans l’épître de saint Paul au Corinthiens qu’on lit dans la première Messe du jour on trouve ces mots :
« O mort, où est ta victoire ? »
Et saint Thomas expliquant ce verset dit ;
« L’Apôtre, rappelant donc la victoire de Jésus-Christ sur la mort, emporté pour ainsi dire par une joie toute spéciale, se met à la place de ceux qui ressuscitent, et s’écrie : mort, où est ta victoire ? » (3)
« O mort, où est ton aiguillon ? »
Il faut observer que l’on peut appeler aiguillon de la mort ce qui conduit à la mort. Et, le péché, en effet, pousse et renverse l’homme dans la mort.
"Le salaire du péché, c’est la mort ! » (Rom., V, 23)
Mais il faut encore se souvenir que l’aiguillon de la mort est détruit non par la Loi, mais par la victoire de Jésus-Christ, c’est donc un devoir de rendre à Dieu des actions de grâces.
(1) Missel de Dom Lefèvre
(2) Idem.
(3) Commentaire de Saint Thomas à la Première épitre de saint Paul aux Corinthiens.
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