Pourquoi les réformés ne fêtent pas la Toussaint… par Minger 2018-11-01 17:21:24 |
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https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/reformes-fetent-toussaint/story/26132816
Par Christophe Chalamet professeur associé en théologie systématique Université de Genève
Extrait du contenu , une interprétation protestante assez mesurée , sans trop d’agressivité , tout en reconnaissant à demi-mot une possible relative sainteté ….
Mais avec des confusions sur « la communauté dans son ensemble qui est qualifiée de «sainte» – et en même temps de «pécheresse», c’est-à-dire ayant besoin de pardon et de guérison ».
« La Toussaint, c’est l’une des fêtes que les protestants – en tout cas les réformés de nos contrées – ne fêtent pas… ou alors discrètement… Les raisons en sont bien connues: les protestants, proches de l’Ancien Testament et donc du judaïsme sur ce point, réservent la vénération à Dieu seul (le Nouveau Testament prolonge d’ailleurs l’Ancien sur ce point). Vénérer des êtres humains, même les «meilleurs», relève du quasi-blasphème: on dirige vers des créatures ce qui doit revenir au Créateur »
Nb: bon c'est là que l'on constate le fossé , entre ce que les protestants très cartésiens , ne semblent pas admettre qu'il y a le stade humain qui passe ensuite au corps mystique de la sainteté!
la suite « Mais voilà, les protestants sont des êtres humains comme les autres, ils ont eux aussi leurs saints: avez-vous déjà entendu dire du mal de Dietrich Bonhoeffer? Et la figure de (saint!) François d’Assise ne suscite-t-elle pas une admiration bien au-delà du catholicisme romain, y compris chez des huguenots?
»
Nous avons tous nos héros, plus ou moins religieux ou laïques. Mais avoir des héros et avoir des saints à qui l’on adresse des prières, de qui l’on attend une intercession, c’est encore tout autre chose. Y a-t-il dans ce refus un déficit religieux, une incapacité à se mettre à l’école de grandes figures spirituelles? Encore une fois, pas forcément, car des «maîtres» de spiritualité, les protestants en ont à foison; simplement, ils ne souhaitent pas les considérer comme autre chose que des créatures. Ce sont plutôt des «témoins».
Et Marie? On pense parfois que les protestants n’ont que faire de la figure de Marie. Point du tout! Rien moins que Luther recommandait avec force la mère de Jésus, certes pas comme «reine des cieux» (regina coeli), mais comme cette femme du peuple qui écoute la parole que Dieu lui adresse, qui «garde» cette parole comme on garde un trésor, qui médite dans son cœur ce qui lui a été promis. Marie est la figure même de la foi, pour le réformateur allemand; c’est dire si elle a à nous enseigner!
Le cas Romero. Les saints comme guides, comme maîtres de sagesse: les protestants ne s’opposeront pas forcément à cela, tant qu’on ne fait pas de ces figures autant de «médiateurs» qui attirent sur les humains les faveurs divines ou qui confèrent «le salut». Óscar Romero, assassiné en pleine messe le 24 mars 1980, et canonisé au Vatican le 14 octobre 2018, fait sans aucun doute partie de ces personnes qui nous disent quelque chose de l’Évangile et de la «conversion» du regard et de l’attitude que ce message entraîne. De là à prier ce grand homme, il y a un pas, que la plupart des protestants ne franchiront pas.
Sainteté, moralisme et individualisme. Dans tout cela, ce que l’on oublie, c’est que dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, la sainteté n’est ni une affaire de perfection morale ni une affaire individuelle: il s’agit d’une réalité qui relève d’un acte de Dieu, qui donne de participer à sa propre sainteté sans conférer une «qualité» intrinsèque aux humains, et il s’agit d’un acte qui concerne le peuple croyant tout entier, et non d’une sorte de virtuosité ou d’héroïsme spirituel propre à certains individus. C’est la communauté dans son ensemble qui est qualifiée de «sainte» – et en même temps de «pécheresse», c’est-à-dire ayant besoin de pardon et de guérison ».
Enfin, paradoxalement, ceux qui ont la conscience la plus vive de leur besoin de pardon et de guérison, ce sont précisément… les saints!
Nb :Donc rien de très méchant ," mais les protestants ont une fausse conception des rapports de l’âme avec Dieu. Tout se passe entre le croyant et Dieu, sans aucun intermédiaire. Pas de hiérarchie, pas de communion des saints.
Le protestant est constamment illuminé intérieurement par le Saint-Esprit qui lui donne la conviction d’être dans le vrai"
Après tout l’on pourrait terminer par une petite pointe d'humour avec cette citation , d’un grand saint des saints , François de Sales «un saint triste est un triste saint".
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