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Le pape contre les chiens sauvages
par Eti Lène 2018-09-08 09:19:27
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Sur Benoît et moi


Mais on réagit en insultant et en criant au complot, un peu comme les régimes communistes l'ont fait quand, face à chaque perturbation, à chaque scandale, ils criaient au complot des forces obscures de la réaction et justifiaient ainsi des répressions sanglantes.




Revenons à ce qui s'est passé au cours des 50 dernières années, ou un peu plus. Le Concile Vatican II a divisé l'Église en deux camps, les conservateurs et les progressistes. Les catégories de la politique sont entrées dans l'Église à cette occasion et elles y sont entrées avec l'esprit du temps, ce Concile ayant ouvert les portes de l'Église au souffle du temps et en Italie aux ouvertures de la gauche. Cette lacération a duré avec le pape Paul VI, elle a été exacerbée par la liquidation de la messe en latin, la guitare dans l'église, le tiersmondisme, jusqu'au schisme annoncé de Levevbre. Et avec la méfiance envers les phénomènes de dévotion populaire, comme ce fut le cas avec Padre Pio, phénomène de populisme religieux, un saint par acclamation populaire. Les catholiques progressistes du Concile Vatican II se sentirent plus proches des progressistes non catholiques que des catholiques non progressistes. Un choix de camp dans lequel le fait d'être catholique est devenu une variable secondaire par rapport au fait d'être progressiste. La division de l'Église remonte à ce moment précis. Et les complots réactionnaires, et les choix politiques de droite n'ont rien à voir là-dedans. L'arrivée de Karol le Grand, Jean-Paul II, a comblé le tracture, parce que ce Pape a rouvert les portes aux "conservateurs", au latin, à Lefevbre, à Padre Pio, à la Tradition et à l'Europe, sans les fermer aux progressistes et aux anticapitalistes. Il a défendu les pauvres, les exploités, les désespérés, critiqué l'Occident rassasié et désespéré, sans faire perdre à l'Église son rôle pastoral et spirituel au sein de la civilisation chrétienne. Sur cette ligne s'insère aussi un pape philosophe et considéré comme conservateur, tel que Ratzinger, qui a été attaqué beaucoup plus que Bergoglio mais n'a jamais songé à décrire ses détracteurs comme des chiens sauvages. Et ce n'est pas tout: l'Église de Benoît XVI n'a jamais été l'Église de la division et n'a pas suscité de pulsions de scission.

     

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