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Au bord du gouffre financier, le diocèse de Genève demande une neuvaine à saint Joseph par Jean Kinzler 2018-06-17 09:02:30 Imprimer Imprimer

La messe du pape ruinera-t-elle le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg?
08.06.2018 par Pierre Pistoletti
Les coûts relatifs à la messe de Palexpo, le 21 juin prochain, s’élèvent à plus de 2 millions de francs. Soit autant que les charges annuelles de l’évêché de Lausanne, Genève et Fribourg. A dix jours de l’événement, l’économe diocésain multiplie les appels aux dons.
Le cas est emblématique des habitudes vaticanes dans l’organisation d’un tel voyage. Courant février, Mgr Morerod est averti par le nonce apostolique de la venue du pape pour la visite du Conseil Œcuménique des Eglises. Le Saint-Père souhaite également célébrer une messe dont l’entier de l’organisation et du financement incombe au diocèse. La nouvelle est annoncée sous embargo, de sorte que l’évêché ne peut s’atteler pleinement à l’organisation avant l’annonce officielle, le 28 février dernier.

Il reste environ 1 million et demi de francs à trouver.

Dès lors, branle-bas de combat à l’évêché et au-delà autour d’un comité d’organisation dont la structure est elle aussi commandée par Rome: un chef de projet, un responsable liturgique et un chargé de communication – respectivement Gautier Porot, Alain Chardonnens et Laure-Christine Grandjean.

L’économe diocésain, Jean-Baptiste Henry de Diesbach rejoint le trio après coup et endosse la gestion financière de la gigantesque célébration eucharistique à Palexpo, transformé pour l’occasion en une “église” grande comme six terrains de foot.

Et ce n’est pas une mince affaire, comme en témoignent les traits tirés du visage de l’économe. “Nous n’avons pas encore une vue totalement exhaustive du budget, mais il se situe pour l’heure au-dessus de la barre des 2 millions de francs, totalement à la charge de l’évêché”, assure-t-il.

Un million pour la sécurité
La principale dépense concerne la sécurité. “La moitié des frais liés à l’événement, explique Jean-Baptiste Henry de Diesbach. 40’000 personnes, soit l’équivalent de la ville de Fribourg, vont se déplacer à Genève. Il faut mobiliser des agents de sécurité, installer des portiques, assurer la mise en place de plans médicaux”, détaille-t-il en incluant également dans ce montant des frais logistiques comme la location des parkings, la mise en place des signalétiques sans oublier “20 camions de chaises” qui permettront à une partie des fidèles de suivre la messe assez confortablement.


Jean-Baptiste Henry de Diesbach, économe du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg | © Pierre Pistoletti

Les frais d’infrastructures, quant à eux, se montent à 600’000 francs. Ils concernent la location – puis l’aménagement – de Palexpo et du personnel spécialisé indispensable au bon déroulement de la célébration.

Dernier gros morceau: l’audiovisuel et la sonorisation. Environ 400’000 francs. “Cinq écrans de 30 mètres carrés, une sonorisation capable de retransmettre les discours et les chants de manière optimale, l’éclairage et tout le matériel nécessaire pour diffuser en direct l’événement aux quatre coins du monde”, explique l’économe, heureux que le comité d’organisation puisse également compter sur 300 bénévoles.

Le problème du délai
La réflexion nécessaire à la mise en place de cette super-célébration s’étend jusqu’aux détails: il faut prévoir des personnes qui déchargeront les portiques de sécurité des camions, définir le revêtement de certaines estrades ou encore clarifier la taille de l’espace presse, en fonction du nombre de journalistes qui couvriront cette messe.

Autant de questions non encore résolues qui expliquent encore un certain flou dans le budget – sans compter qu’elles mobilisent l’équipe d’organisation plus d’une quinzaine d’heures chaque jour. Aurait-on pu négocier davantage, trouver de meilleures offres? Certainement, reconnaît Jean-Baptiste Henry de Diesbach qui fait de son mieux, malgré les délais impartis. “Ceci dit, nous avons de très bons contacts avec nos fournisseurs dont certains font preuve d’une grande générosité”.

Appel au don
Où trouver tout cet argent? C’est là que les choses se compliquent. De manière globale, l’Eglise catholique en Suisse n’est pas pauvre. Mais l’argent circule souvent en dehors des évêchés. Raison pour laquelle Mgr Charles Morerod a pris la plume pour demander un soutien financier aux paroisses de son diocèse. “Une quinzaine ont déjà répondu avec un don de 1500 francs en moyenne, explique l’économe diocésain. Ce qui est très insuffisant.” De leur côté, les Corporations et Fédérations cantonales, sollicitées par la Conférence centrale catholique romaine de Suisse, prévoient de verser 300’000 francs au diocèse et assurent une couverture de déficit de 250’000 francs.

Il reste donc environ 1 million et demi de francs à trouver. Tous les réseaux sont sollicités: les fidèles, les prêtres – afin qu’ils inscrivent les coordonnées bancaires de l’évêché dans leur feuilles dominicales – les donateurs occasionnels et les mécènes, dont certains ont déjà financé l’estrade sur laquelle sera placée l’autel de la messe. Tout le monde est invité à mettre la main au porte-monnaie sauf… le Vatican qui ne couvre aucun frais de la célébration et qui, pour des raisons qui échappent à Jean-Baptiste Henry de Diesbach, ne souhaite pas qu’une quête soit effectuée durant la messe du 21 juin.

Défaut de paiement
A quelques jours de la cérémonie, l’évêché de Lausanne, Genève et Fribourg se retrouve donc devant un défi de taille: éviter de voir son bilan plonger dans les chiffres rouges. “Nos fonds propres se montent à 370’000 francs, note l’économe. Sans soutien, nous devrons faire face à des défauts de paiement”. Le mot “faillite” effleure ses lèvres, mais la perspective demeure assez improbable.

Question subsidiaire: où l’économe diocésain situe-t-il la providence dans ses tables de calcul? “Pas bien loin, sourit-il. Nous avons réfléchi à la manière de solliciter les communautés religieuses du diocèse. Nous leur avons finalement transmis nos préoccupations financières en demandant à chacune de prier une neuvaine à saint Joseph pour que nous puissions retomber sur nos pattes”. A l’évêché, on espère qu’elles sauront lire entre les lignes. (cath.ch/pp)
cath.ch

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