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L’abbé Laffargue à propos de l'avortement légalisé en République d'Irlande par XA 2018-06-08 13:19:01 Imprimer Imprimer

L'avortement (appelé "pudiquement" l'interruption volontaire de grossesse) légalisé en République d'Irlande ce 25 mai 2018 par référendum avec 66,4% de "oui" (35% d'abstentions) après avoir légalisé le "mariage" homosexuel il y a trois ans). Réflexions:

- Tu ne tueras pas (cinquième commandement de Dieu) Exode 20, 13 – Mt 5, 21-22.
- L'avortement et l'infanticide sont des crimes abominables a rappelé le pape François le 11 avril 2014 en citant le Concile Vatican II (Gaudium et spes, n°51).
- Cf le Catéchisme de l'Eglise Catholique, nn. 2270 à 2275 (suivent: l'euthanasie et le suicide).
C'est un péché mortel, non seulement pour la mère, mais pour tous ceux qui y participent de près ou de loin (complices), assorti d'une peine canonique d'excommunication (qui, depuis peu, peut être relevée par les confesseurs, lorsque les coupables en demandent pardon à Dieu dans la confession sacramentelle).
- Cf l'Encyclique L'évangile de la vie du Pape saint Jean-Paul II (25 mars 1995), chapitre III: Tu ne tueras pas, La loi sainte de Dieu.
Les hommes politiques et l'opinion suiviste affirment: "Est moral ce qui est légal". Comme si "une majorité" pouvait décider le bien et le mal en soi, s'affranchir du droit inscrit dans la nature humaine ("Le droit naturel", J.-P. II, op. cit., nn. 2, 57, 62, 70) (Cf aussi sa lettre encyclique Veritatis splendor du 6 août 1993 sur "l'enseignement moral de l'Eglise": nn. 10, 12, 36, 42, 43, 44, 84 et Le droit naturel de Philippe Pichot-Bravard, éd. Ichtus, Paris, 2017).

"Les attentats actuels contre la vie humaine exigent leur légitimation juridique" (n°68). "Dans la culture démocratique de notre temps, l'opinion s'est largement répandue que l'ordre juridique s'une société devrait se limiter à enregistrer et à recevoir les convictions de la majorité et que, par conséquent, il ne devrait reposer que sur ce que la majorité elle-même reconnaît et vie comme étant moral." (...) "Dans ces conditions, la responsabilité de la personne se trouve déléguée à la loi civile, supposant ainsi l'abdication de sa conscience morale" (n°69)
"Lorsqu'une majorité parlementaire ou sociale décrète la légitimité de la suppression de la vie humaine non encore née, même à certaines conditions, ne prend-elle pas une décision tyrannique envers l'être humain le plus faible et sans défense ?
La conscience universelle réagit à juste titre devant des crimes contre l'humanité dont notre siècle a fait la triste expérience. Ces crimes cesseraient-ils d'être des crimes si, au lieu d'être commis par des tyrans sans scrupule, ils étaient légitimés par l'assentiment populaire ?
En réalité, la démocratie ne peut être élevée au rang d'un mythe, au point de devenir un substitut de la réalité ou d'être la panacée de l'immoralité. (...) "Sans un ancrage moral objectif, la démocratie elle-même ne peut assurer une paix stable, d'autant plus qu'une paix non fondée sur les valeurs de la dignité de tout homme et de la solidarité entre tous les hommes reste souvent illusoire. La régulation des intérêts se produit fréquemment au bénéfice des plus forts, car ils sont les plus capables d'agir non seulement sur les leviers du pouvoir mais encore sur la formation du consensus. Dans une telle situation, la démocratie devient aisément un mot creux." (n°70)
"Pour l'avenir de la société et pour le développement d'une saine démocratie, il est donc urgent de redécouvrir l'existence de valeurs humaines et morales essentielles et originelles, qui découlent de la vérité même de l'être humain et qui expriment et protègent la dignité de la personne: ce sont donc des valeurs qu'aucune personne, aucune majorité, ni aucun Etat ne pourront jamais créer, modifier ou abolir, mais que l'on est tenu de reconnaître, respecter et promouvoir."
Dans "les éléments fondamentaux de la conception des rapports entre la loi civile et la loi morale", le Pape saint Jean-Paul II précise que "Le rôle de la loi civile est certainement différent de celui de la loi morale et de portée plus limitée. C'est pourquoi en aucun domaine de la vie, la loi civile ne peut se substituer à la conscience, ni dicter des normes sur ce qui échappe à sa compétence (Instr. Donum vitae, 1987, III) qui consiste à assurer le bien commun des personnes (...)"
"La loi civile doit assurer à tous les membres de la société le respect de certains droits fondamentaux, qui appartiennent originellement à la personne et que n'importe quelle loi positive doit reconnaître et garantir. Premier et fondamental entre tous, le droit inviolable à la vie de tout être humain innocent. (...) La tolérance légale de l'avortement et de l'euthanasie ne peut en aucun cas s'appuyer sur le respect de la conscience d'autrui, précisément parce que la société a le droit et le devoir de se protéger contre les abus qui peuvent intervenir au nom de la conscience et sous prétexte de la liberté (Cf Conc. Vatican II, déclar. Dignitatis humanae, n°7).
C'est pourquoi, si les pouvoirs publics viennent à méconnaître ou à violer les droits de l'homme, non seulement ils manquent au devoir de leur charge, mais leurs dispositions sont dépourvues de toute valeur juridique."(Dans la note qui suit: 57, le pape cite de nombreux autres textes pontificaux. Ndlr)(n.71)
Cf aussi le n°72 avec la finale: "Il s'ensuit que, lorsqu'une loi légitime l'avortement et l'euthanasie, du fait même, elle cesse d'être une vraie loi civile, qui oblige moralement."
Et le début du paragraphe suivant: "L'avortement et l'euthanasie* sont des crimes qu'aucune loi humaine ne peut prétendre légitimer. Des lois de cette nature, non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s'y opposer par l'objection de conscience. (...) (n°73) *A distinguer de l'acharnement thérapeutique (n°65)
Au n°90 de son encyclique le Pape saint Jean-Paul II précise les responsabilités des hommes politiques:
"La tâche d'édifier une société dans laquelle la dignité de chaque personne soit reconnue et protégée, et la vie de tous défendue et promue, repose en particulier sur les responsables de la vie publique. Appelés à servir l'homme et le bien commun, ils ont le devoir de faire des choix courageux en faveur de la vie, surtout dans le domaine des dispositions législatives. (...) On ne peut jamais abdiquer cette responsabilité, surtout quand on a reçu un mandat législatif ou impliquant des décisions, mandat qui appelle à répondre devant Dieu, devant sa conscience et devant la société tout entière de choix éventuellement contraires au bien authentique. (...)
Il ne suffit pas d'éliminer les lois iniques. Il faut combattre les causes qui favorisent des attentats contre la vie, surtout en assurant à la famille et à la maternité le soutien qui leur est dû: la politique familiale doit être le pivot et le moteur de toutes les politiques sociales. (...)
Juste avant la conclusion le saint Pape ajoute:
"Quand l'Eglise déclare que le respect inconditionnel du droit à la vie de toute personne innocente – depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle – est un des piliers sur lesquels repose toute société civile, elle "désire seulement promouvoir un Etat humain. Un Etat qui reconnaisse que son premier devoir est la défense des droits fondamentaux de la personne humaine, spécialement les droits du plus faible".
"L'Evangile de la vie est pour la cité des hommes. Agir en faveur de la vie, c'est contribuer au renouveau de la société pour la réalisation du bien commun. (...) (n°101)

Ces législations mortifères qui contreviennent à la Loi naturelle et à la Loi divine précipiteront davantage encore l'ancien Occident chrétien dans la ruine et la destruction balayé par le matérialisme hédoniste et la vague islamique qui s'engouffre tous les jours davantage dans le gouffre béant creusé par l'apostasie des nations en développant tous les jours davantage une "culture de mort" (Cf. J.-P. II, op. cit., n°64).
Les guerres, les attentats, la menace nucléaire, les catastrophes naturelles (épidémies, éruptions volcaniques, bouleversements climatiques...) sont autant d'avertissements de la Providence pour une conversion profonde et radicale de l'humanité, seule condition pour sa survie.

Abbé Christian Laffargue.
(29 mai 2018)

Note: Quelle est l'autorité magistérielle de ces encycliques (Evangelium vitae et Veritatis splendor) ?
Le Pape y répond lui-même dans la première: "Après un examen ample et approfondi (...) les Cardinaux m'ont demandé de réaffirmer avec l'autorité du successeur de Pierre la valeur de la vie et son inviolabilité" (...) (n°5)
Et au n°62: "(...) Devant une pareille unanimité de la tradition doctrinale et disciplinaire de l'Eglise, Paul VI a pu déclarer que cet enseignement n'a jamais changé et est immuable (Déclaration aux juristes italiens du 9 déc. 1972 et Enc. Humanae vitae du 25 juillet 1968).
C'est pourquoi, avec l'autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses successeurs, en communion avec les Evêques (...) je déclare que l'avortement direct, c'est-à-dire voulu comme fin ou comme moyen, constitue toujours un désordre moral grave, en tant que meurtre délibéré d'un être humain innocent.
Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite; elle est transmise par la Tradition de l'Eglise et enseignée par le Magistère ordinaire et universel (Cf. Conc. Oecum. Vatican II, Constitution dogmatique Lumen gentium, n° 25).
Aucune circonstance, aucune finalité, aucune loi au monde ne pourra jamais rendre licite un acte qui est intrinsèquement illicite, parce que contraire à la Loi de Dieu, écrite dans le cœur de tout homme, discernable par la raison elle-même et proclamée par l'Eglise."


- Invité par la Conférence des Evêques de France au Collège des Bernardins à Paris le 9 avril 2018, le président de la République française, M. Emmanuel Macron, répondant* au discours de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence, dit :

"Vous avez ainsi établi un lien intime entre des sujets que la politique et la morale ordinaires auraient volontiers traités à part. Vous considérez que notre devoir est de protéger la vie, en particulier lorsque cette vie est sans défense. Entre la vie de l’enfant à naître, celle de l’être parvenu au seuil de la mort, ou celle du réfugié qui a tout perdu, vous voyez ce trait commun du dénuement, de la nudité et de la vulnérabilité absolue" (...) et "C’est pourquoi en écoutant l’Eglise sur ces sujets, nous ne haussons pas les épaules. Nous écoutons une voix qui tire sa force du réel et sa clarté d’une pensée où la raison dialogue avec une conception transcendante de l’homme. Nous l’écoutons avec intérêt, avec respect et même nous pouvons faire nôtres nombre de ses points. Mais cette voix de l’Eglise, nous savons au fond vous et moi qu’elle ne peut être injonctive. Parce qu’elle est faite de l’humilité de ceux qui pétrissent le temporel. Elle ne peut dès lors être que questionnante." (En bon français, c'est un adjectif masculin. Ndlr)
M. Macron affirma vers la fin, ce qui réduit tout ce qui précède et même le détruit: "Mon rôle est de m'assurer qu'il ait la liberté absolue de croire comme de ne pas croire mais je lui demanderai de la même façon et toujours de respecter absolument et sans compromis aucun toutes les lois de la République. C'est cela la laïcité ni plus ni moins, une règle d’airain pour notre vie ensemble qui ne souffre aucun compromis, une liberté de conscience absolue et cette liberté spirituelle que je viens d'évoquer."

C'est absolument à l'opposé de ce qu'affirme l'Eglise et Dieu à travers elle, comme nous l'avons vu.
Ab. L.

* Dans un long discours de haute volée intellectuelle et spirituelle, habile et séducteur.

(Supplément au Bulletin dominical du 3 juin 2018)

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