(Marie à Paris) 13 mai : Notre-Dame de Fatima par XA 2018-05-13 21:11:05 |
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Philippe Bornet est médecin et ancien journaliste à Valeurs actuelles. Il est notamment l’auteur de Sanguis Christi chez Guy Trédaniel (2007) avec le Pr Gérard Lucotte, et de L’Évangile selon saint Métro chez Via Romana (2015).
Il a publié en janvier dernier aux éditions Via Romana « Marie à Paris », un Guide qui vous permettra de visiter ou de revisiter diverses églises parisiennes tout au long de l’année liturgique, au gré des fêtes mariales.
En ce mois de mai, « mois de Marie », le Forum Catholique est heureux de pouvoir vous proposer avec l’aimable autorisation de son auteur la lecture de trois chapitres de ce livre.
Aujourd’hui 13 mai, nous commencerons fort logiquement par celui consacré à Notre Dame de Fatima. Prochaine publication : le 24 mai.
Merci à Philippe Bornet d’avoir bien voulu accepter cette publication. XA
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Marie à Paris
éditions Via Romana
Chapitre 11 : 13 mai, Notre-Dame de Fatima
A Notre-Dame-de-Fatima-Marie-Médiatrice
48 bis boulevard Serrurier
Paris 19ème
En 1944, le cardinal Suhard promit de faire élever une église à la Mère de Dieu si Paris était sauvé de la destruction. Construite entre 1951 et 1954 par Henri Vidal, l’église Notre-Dame-de-Fatima-Marie-Médiatrice devait être entourée d’un nouveau quartier d’habitation qui ne fut jamais construit. Que croyez-vous qui arriva ? Ce fut le périphérique qui passa. L’église, isolée dans un terrain vague entre le périphérique et les Maréchaux et asphyxiée de sa population, dut même fermer entre 1974 et 1988, date de la construction de l’hôpital Robert-Debré. Il flotte quelque chose d’ibérique dans la décoration de cette église et dans ses statues, descriptives et colorées, et elle est, à Paris, le meilleur lieu pour évoquer le centenaire de Fatima et de son secret. Voici pourquoi :
Au printemps 1916, à Fatima, l’ange du Portugal apparut trois fois à François, Jacinthe et Lucie, trois petits Portugais d’environ huit, six et neuf ans. Il les rassura d’abord puis leur enseigna la prière suivante :
Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, n’adorent pas, n’espèrent pas et ne Vous aiment pas.
L’ange leur demanda prières et sacrifices. A sa dernière apparition, il les communia avec une hostie et un calice. Il leur enseigna la prière suivante :
Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je Vous offre le très précieux Corps, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la Terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences dont Lui-Même est offensé. Et par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs.
En 1917, la Vierge leur apparut cinq fois.
Le 13 mai, elle apparaît en haut d’un chêne et leur demande de venir tous les 13 des six mois suivants, à la même heure.
Le 13 juin, fête de saint Antoine, la Vierge leur révèle qu’elle emmènera bientôt François et Jacinthe. Lucie restera. Elle leur montre son Cœur immaculée entouré d’épines.
Le 13 juillet, Notre-Dame recommande de prier le chapelet. Et lors d’un sacrifice de prier ainsi :
Ô ! Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs et en réparation pour les péchés commis contre le Cœur immaculé de Marie.
Elle leur montre l’Enfer. La Vierge demande que la Russie soit consacrée à son Cœur Immaculé et la dévotion réparatrice des premiers samedis.
Ô mon Jésus pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l’Enfer, attirez toutes les âmes vers le Ciel, principalement celles qui en ont le plus besoin.
Elle leur révèle un secret en trois parties.
Le 13 août, les trois enfants sont isolés, menacés de peines terribles afin qu’ils révèlent le secret. L’apparition n’a donc lieu que le 19. La Vierge leur demande de continuer le chapelet et promet un miracle.
Le 13 septembre, une foule nombreuse s’assemble pour prier le chapelet avec les enfants. Le visage de la Vierge est très triste.
Le 13 octobre, Lucie demande qu’on ferme les parapluies avant de réciter le chapelet. La Vierge demande qu’on construise une chapelle en son honneur et la récitation du chapelet tous les jours. Se produisit pendant dix minutes, le miracle du soleil. La pluie cessa, le soleil tourna sur lui-même, lança des faisceaux de couleurs variées et parut même tomber sur la foule terrorisée. De nombreux articles de presse parurent sur le sujet.
Les enfants seuls virent saint Joseph près du soleil, avec l’enfant Jésus et Notre-Dame, les deux premiers faisant des signes de bénédiction au monde.
Le secret comporte trois parties :1. Châtiments conditionnels pour les péchés des hommes : guerre, famine, persécution religieuse, enfer.
2. Comme remèdes, la dévotion au Cœur immaculé de Marie, la dévotion des cinq premiers samedis et la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie.
3. La troisième partie fut mise sous pli cacheté pour le pape.
Jean XXIII prit connaissance du secret sans le révéler. Paul VI fit de même. Jean-Paul II après l’attentat dont il fut victime, alors hospitalisé, demanda, à distance, un acte de consécration à la basilique Sainte-Marie-Majeure, dès le 7 juin 1981, qui fut repris à Fatima le 13 mai 1982. Le 25 mars 1984, il récidiva place Saint-Pierre, de telle manière que sœur Lucie écrivit le 8 novembre 1989 : « Oui, cela a été fait, comme Notre-Dame l’avait demandé le 25 mars 1984 ». Le texte du troisième secret a été publié en 2000.
Le voici : Un ange avec une épée enflammée dans la main gauche, raconta Lucie, semblait vouloir mettre le feu au monde mais les flammes s’éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame. Lucie vit le saint-Père accompagnée d’évêques, prêtres et religieux, traverser une ville à moitié en ruines, grimper une montagne escarpée, au sommet de laquelle était une Croix, puis être tué. Des anges recueillaient le sang des martyrs, pour irriguer les âmes qui approchaient de Dieu.
Une interprétation théologique complète a été publiée par le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, postulant qu’il ne s’agissait que d’une révélation privée. Mais quelle singulière révélation privée où le soleil se met à danser devant des milliers de personnes !
Certains pensent que la consécration de la Russie par Jean-Paul II n’a pas pris la forme demandée mais a utilisé une formule trop générale, alors que la demande de la Vierge était une consécration exclusive et collégiale. D’autres, que le texte du troisième secret a été tronqué, ce qui a été démenti encore le 21 mai 2016, par le pape émérite, Benoît XVI. D’autres, enfin, qu’il concerne des événements futurs. L’interprétation la plus répandue et que Fatima concernait la lutte contre le communisme athée et l’attentat de Mehmet Ali Agca qui tira sur le pape le… 13 mai 1981. En 2013, Agca, dans une autobiographie rédigée en italien, a désigné l’ayatollah iranien Khomeini comme le commanditaire de cette tentative d’assassinat, celui-ci lui ayant demander de « tuer le pape au nom d’Allah ».
A Fatima même, en 1984, le cardinal Lustiger, en entrant dans la basilique, fit le rapprochement entre les deux sanctuaires et résolut de confier sa garde aux Portugais de France.
Ce sanctuaire de Notre-Dame de Fatima est situé sur une hauteur qui domine les alentours, entre le Pré-saint-Gervais et la porte des Lilas. L’église, construite en béton et dallée de pierres, comporte un campanile, un baptistère extérieur et une lanterne des morts. La voûte unique est en berceau, traversée d’une lumière filtrant par les vitraux non figuratifs de Gabriel Loire, mais parasitée par le vilain éclairage électrique jaune.
A l’intérieur, se trouve aussi un saint Antoine « de Lisbonne » dans le bas côté droit, plus connu sous l’appellation saint Antoine « de Padoue », car cet immense saint était portugais de naissance, et mourut en Italie, après avoir fondé un couvent franciscain à Brive-la-Gaillarde.
Là, il faut méditer sur Fatima et le terrible secret. Seules, deux statues de la Vierge, une Marie-Médiatrice et une représentation de Notre-Dame de Fatima nous rendent, sinon l’espoir, du moins l’espérance, car, sur le mur, à côté, est écrit :
« A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ».
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