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MgrPontier:J'ai invité le Pape en France
par Jean Kinzler 2018-03-20 16:33:59
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Immigration, pédophilie et révisions des lois de bioéthique sont au menu de l'assemblée de printemps des évêques, qui s'est ouverte à huis clos à Lourdes.

Il n'y a pas de date mais Mgr Georges Pontier, président de la conférence des évêques de France, a confirmé, le 20 mars, devant ses confrères réunis à huis clos en assemblée de printemps à Lourdes, qu'il avait invité le pape François à venir visiter la France. Évoquant dans son discours d'ouverture, le 5ème anniversaire du pontificat, Mgr Pontier, archevêque de Marseille, a lancé à propos de François: «Nous lui renouvelons la joie que nous aurions à l'accueillir dans notre pays pour un voyage apostolique qui ne manquerait pas de stimuler la vie de nos Églises.»

Dans la ligne de ce pontificat, le président de l'épiscopat a également encouragé «l'accueil coordonné, volontaire et généreux» des migrants en France. C'est un «devoir» a-t-il observé même si «nous n'ignorons pas le droit pour un État de définir sa politique en ce domaine». L'arrivée de migrants, estime-t-il, peut conduire à un «enrichissement» si de bonnes conditions d'accueil sont assurées. Au nom des évêques, il a donc «encouragé tous ceux qui s'activent (…) dans cet accueil des migrants, des mineurs en particulier.» D'autant que «le pape François nous y invite de manière récurrente» comme un «lieu d'un engagement conforme à l'Évangile.» De fait, le dossier des migrants sera l'un des points forts de cette assemblée.

Autre dossier chaud au menu des discussions: la révision des lois de bioéthique. Au nom du «principe de précaution», Mgr Pontier a mis en garde, mardi, contre une «société où l'eugénisme deviendrait légitime». Bien sûr, a-t-il insisté, «nous nous réjouissons des progrès scientifiques qui permettent à la médecine d'être toujours plus performante dans l'exercice du soin, dans le soulagement de la douleur». C'est même là «sa grandeur». Mais tant à son début qu'à sa fin, la vie humaine est intouchable, a-t-il expliqué: «Dès sa conception, l'embryon mérite le respect dû à toute personne humaine. Il ne peut être considéré comme un matériau disponible pour des recherches ou des expériences qui ne respecteraient pas sa dignité profonde.» Respect identique requis pour la «dignité» des personnes «fragiles, âgées, dépendantes». Comment pourrait-on décider «pour elles» qu'en raison du «moindre handicap», elles «n'auraient plus sa place dans la société» s'est-il étonné. «Seuls, nous ne sommes rien», a souligné le prélat. Si «cette solidarité ne se vit plus», ce sont alors «des solutions de mort (…) qui sont présentées comme des solutions de progrès et de liberté», a-t-il déploré.


Cette mise en garde lancée, le président de l'épiscopat a toutefois assuré que l'Église catholique entrait «sereinement et avec toute la richesse de la tradition chrétienne dans ce temps de dialogue voulu par le gouvernement au moment où sont évaluées les questions liées aux lois de bioéthique». La participation de l'Église entend «favoriser une réflexion» pour «dépasser des évidences trompeuses» et éviter que «les seuls désirs des uns et des autres» deviennent «loi sans se soucier (…) des plus fragiles». Non, a-t-il conclu, à «un monde où le chacun pour soi se construirait sur le destin des autres».

«Il serait injuste d'insister toujours sur des faits dont nous mesurons bien l'horreur en taisant tout ce qui a été entrepris pour y remédier»

Mgr Pontier, au sujet des faits de pédophilie au sein de l'Église

Autre dossier grand public de cette assemblée, «les drames liés aux abus sexuels commis par des clercs ou des religieux». Ils «continuent à être pour l'Église entière une occasion de honte et un scandale.» Mgr Pontier a demandé à ce sujet que le train de mesures adoptées il y a deux ans à Lourdes «pour permettre un meilleur accompagnement et une réelle écoute des victimes, pour redire notre désir de coopérer pleinement avec la justice de notre pays, pour développer des actions de prévention» soit davantage reconnu. En effet «il serait injuste d'insister toujours sur des faits dont nous mesurons bien l'horreur en taisant tout ce qui a été entrepris pour y remédier». Cependant, «les victimes sont là: elles nous disent que la souffrance ne se prescrit pas. Il nous faut sans cesse être vigilants, prendre soin des victimes et ne pas oublier les auteurs.». Il faut donc «continuer à avancer dans la manifestation de notre compassion vis-à-vis de ceux dont nous savons qu'ils sont marqués à vie».

Jean-Marie Guénoisfigaro

     

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