Deux nouveaux livres intéressants recommandés par un cardinal par Jean Kinzler 2018-02-02 19:39:26 |
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Le 31 janvier, à quelques jours du cinquième anniversaire de sa renonciation, L'homme qui ne voulait pas être Pape, est paru en version de poche dans la collection Pluriel. Cette nouvelle édition est accompagnée d'une préface inédite du Cardinal Sarah
et
« Un temps pour mourir » : c’est le titre du nouveau livre de Nicolas Diat. Quelle simplicité audacieuse, mais aussi quelle grande foi pour oser aborder une question dont, par convenance, il est presque interdit de parler. Mais, comme toujours, Nicolas Diat a écrit avec beaucoup de talent et de profondeur. Il nous conduit dans les abbayes pour mieux faire entrer ses lecteurs dans le mystère de la mort.
Les monastères sont des lieux où l’on apprend à vivre et à mourir dans une atmosphère de prière silencieuse, le regard toujours tourné vers l’au-delà et Celui qui nous a faits et que nous contemplons. Car « hors de ma chair, je verrai Dieu » (Jb 19, 26). Tous ceux qui prient regardent la vie, le monde et la mort avec confiance, émotion et, à chaque moment, y discernent la présence de Dieu. Certes, les moines connaissent, eux aussi, la dure et tragique réalité de la mort. Ils expérimentent l’angoisse, la peur quand approche cet « autocar de six heures du matin qui disparaît dans l’obscurité ». Mais, dans ces hauts lieux de prière, depuis la résurrection du Christ, la mort est une Pâques, un passage. On dépose une enveloppe corporelle avec laquelle on ne pourrait se mouvoir dans l’atmosphère divine. Ceux qui nous quittent, comme frère Vincent Marie de la Résurrection, à l’abbaye de Lagrasse, père Dominique, à En-Calcat, frère Buisson, à Solesmes, père Joël, à Mondaye, et les ermites magnifiques de la Grande-Chartreuse, dom Landuin, frère Jean, dom Gabriel, dom André Poisson continuent à vivre, à connaître, à aimer, sans être limités par la fragilité de leur corps ni freinés par les entraves du péché. Leur trépas est un passage dans une vie que l’homme a préparée ici-bas et qui reçoit de Dieu un prolongement sans fin. La mort nous place dans l’infini et les profondeurs de Dieu.
En lisant Un temps pour mourir, nous comprenons mieux que la mort est l’acte le plus important de l’existence terrestre. Toute vie est faite pour exploser, pour aller plus loin, pour se confondre avec la Vie, avec Dieu.
Je remercie infiniment Nicolas Diat de nous avoir entraînés un instant devant le mystère de la mort, et je recommande à tous la lecture de ce grand livre.
Robert Cardinal Sarah
Préfet de la Congrégation pour le Culte divin
et la discipline des sacrements
+ RS
FB
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