Dialogue du réconfort dans les tribulations St Thomas More par ami de la Miséricorde 2017-10-19 00:35:17 |
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XX. DE L'EMPRISONNEMENT (SUITE)
(...)ANTOINE : Mon cher neveu, j'ai dit, il me semble, que je tenterais de vous montrer que, dans cette vaste prison qu'est le monde où nous vivons, les gens sont traités si durement, si cruellement, ils sont tellement rompus, brisés, que, si nous y réfléchissions, nous nous indignerions tout autant contre ces mauvais traitements que contre ceux des prisons ordinaires.
VINCENT : Oui, mon oncle, vous m'avez promis de me le prouver.
ANTOINE : Non, cher neveu, je ne me suis pas tant avancé. Mais j'ai dit que je m'y efforcerais, et que, si je n'y réussissais pas, j'abandonnerais la partie. Je ne pense pas, toutefois, en être réduit à une telle extrémité. La chose me paraît simple.
Dites-vous bien, mon cher neveu, que Dieu est non seulement le Roi du monde, mais aussi le principal geôlier de cette vaste prison, ayant sous ses ordres non seulement les anges, mais aussi les démons. Je suppose que, jusqu'ici, vous êtes d'accord avec moi.
VINCENT : Certainement.
ANTOINE : Supposez qu'on mette un homme en prison, simplement pour l'enfermer, car il n'y a contre lui aucune charge grave ; son gardien, s'il est bon et honnête, ne se montrera pas assez cruel pour le faire souffrir par pure malice, ni assez cupide pour le forcer à demander à ses amis pour un sou de confort. Si la prison est assez sûre pour que le prisonnier ne s'en puisse évader ou si l'évasion n'apportait que des souffrances supplémentaires, le geôlier n'infligera pas à son prisonnier ces tourments qui nous font tant redouter l'emprisonnement. Mais si l'endroit n'offre aucune sécurité, le gardien sera impitoyable ; si le prisonnier est difficile, s'il se bat avec ses compagnons, s'il joue de mauvais tours, alors le gardien le punira en lui faisant subir les mauvais traitements que vous avez évoqués.
Mais, mon cher neveu, Dieu, le principal gardien de cette immense geôle, n'est ni cruel, ni cupide. Et cette prison est si sûre, si intelligemment bâtie que, sans qu'elle soit entourée d'aucun mur, nous savons que nous ne pourrons jamais nous en évader, si loin que nous allions. Dieu n'a nul besoin de nous enchaîner ; il nous laisse aller et venir, aussi longtemps qu'il lui plaît de nous laisser du répit.
Et c'est à cause de cette faveur temporaire que nous devenons si libertins et que nous oublions où nous sommes. Nous nous prenons pour des seigneurs, alors que nous ne sommes que de pauvres détenus, car en vérité, cette terre est notre prison. Nous nous en attribuons des parties, par des arrangements pris entre nous, ou bien par fraude et par violence. Nous ne l'appelons pas notre prison, nous l'appelons notre pays, notre patrie. Nous y bâtissons, nous l'ornons, nous l'embellissons, on y fait du commerce, on s'y querelle, on s'y bat, on y joue aux cartes et aux dés, on y fait de la musique, on s'y amuse, on y chante et on y danse. Il faut dire aussi que plus d'un homme ayant la réputation d'être honnête se réserve d'être en secret un redoutable gredin. (...)
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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