Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More par ami de la Miséricorde 2017-07-19 23:38:46 |
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VI. CERTAINS PRÉTENDENT QU'IL NE FAUT PAS REGRETTER SES PÉCHÉS
VINCENT : C'est vrai, mon oncle. Mais certaines gens disent que nous ne devons pas regretter nos péchés, qu'il nous suffit de prendre la résolution de nous amender et de ne plus penser au passé. Quant au jeûne et aux mortifications imposées au corps, ils disent que nous devons nous en abstenir, sauf s'il faut dominer une chair qui s'amollit et commence à regimber.
Le jeûne, disent-ils, sert à maintenir le corps dans la tempérance. Mais d'après eux, jeûner ou accomplir quelque bonne action telle que la charité en vue de nous faire pardonner nos péchés, c'est insulter à la Passion du Christ, qui seule nous en vaut la rémission. D'après eux, ceux qui veulent faire pénitence pour leurs fautes voudraient être leur propre sauveur, payer eux-mêmes leur rançon, racheter eux-mêmes leur âme. C'est pour cette raison qu'en Saxe beaucoup de gens n'observent plus le jeûne, et ne s'imposent plus d'épreuve corporelle, excepté pour parvenir à la tempérance. Cela ne peut nous faire aucun bien, disent-ils, ni à nous ni à notre prochain. Ils condamnent ces pratiques comme superstitieuses. Regretter nos erreurs leur paraît honteux, puéril, efféminé. Pourtant leurs femmes sont devenues si viriles et si peu puériles qu'elles s'endurcissent dans le péché. Tout comme les hommes, elles ne craignent pas de s'y livrer et ensuite n'en ressentent ni honte ni remords.
Mon oncle, je m'étonnai moins quand j'entendis leurs prédicateurs. Quand je me rendis en Saxe, ces doctrines n'existaient encore qu'à l'état de tendances. Luther n'était pas encore marié et les gens d'Église avaient gardé toutes leurs habitudes, mais ceux qui voulaient être de la Secte pouvaient déjà prêcher librement. J'écoutai moi-même le prêche d'un religieux de grand renom, homme austère et grave. Ciel, quel sermon ! Il me semble que je l'entends encore. Il avait une voix bien timbrée et une grande érudition. Il mettait les fidèles en garde contre le jeûne et la douleur qu'on s'inflige par pénitence. Il appelait cela des inventions humaines. Il criait à ceux qui recommandent ces pratiques de s'en tenir aux lois du Christ, d'abandonner ces puériles pénitences, de s'amender spirituellement et de chercher le salut uniquement dans la Passion et dans la mort du Christ. « Il est notre juge, notre sauveur et c'est lui qui s'est sacrifié pour tous nos péchés mortels. Il a fait pénitence sur la croix. Il nous a lavés par l'eau qui s'écoula de son flanc et il nous a tirés des griffes du démon en répandant son sang précieux. Laissez donc ces inventions humaines, ces carêmes imbéciles et ces puériles pénitences. C'est la mort du Christ, vous dis-je, qui doit nous sauver tous, la mort du Christ et non nos propres œuvres. Ne jeûnez pas !(...)
Source : livres-mystiques.com
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ami de la Miséricorde
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