Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More par ami de la Miséricorde 2017-06-12 23:47:56 |
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X. CERTAINES ÉPREUVES NOUS SONT ENVOYÉES EN VUE D'EXERCER NOTRE PATIENCE
ANTOINE : (...) Saint Paul n'en est pas le seul exemple : nous en trouvons un autre en la personne du saint homme Job, qui ne craignait pas de dire à ses amis empressés à lui prodiguer leurs vains conseils : « Ma conscience m'assure que je n'ai pas mérité mon terrible abaissement. » Je vous ai déjà dit que je ne conseille à personne de se conforter par une pensée aussi audacieuse. Pourtant, je connais des hommes à qui j'oserais faire espérer que Dieu leur a envoyé la peine qui les afflige non tant pour les punir que pour exercer leur patience. Il y a même certaines peines, en face desquelles je n'hésiterais pas non plus à donner ce conseil, quelle que soit par ailleurs la valeur morale de celui que je réconforterais ainsi.
VINCENT : De quelles peines parlez-vous, mon cher oncle ?
ANTOINE : Pardi, neveu, de celles dont souffrent les gens qui défendent la justice ou la cause de Dieu. S'il m'arrivait de rencontrer un homme qui, après une longue vie de vertu, serait finalement tombé aux mains des Turcs et qui, malgré des tortures endurées, serait resté fidèle à sa foi et témoignerait toujours en faveur de la vérité, me contenterais-je, s'il m'était possible de lui apporter un réconfort spirituel, de lui dire qu'il doit prendre son mal en patience, que Dieu le lui envoie pour ses péchés, qu'il l'a bien mérité, qu'il aurait mérité pire encore ? Il pourrait me traiter d'intolérable donneur de conseils, et d'insupportable distributeur de consolations, comme Job, ses amis (Job, 16, 2). Non pas ! Je lui dirais hardiment d'envoyer au diable le péché, l'enfer, le purgatoire et le reste. Je lui dirais de ne pas relâcher son effort, car il en perdrait tout le bénéfice, tandis que s'il persévère, sa peine se changera en gloire.
J'irai plus loin. Supposez qu'un chrétien ait commis au milieu de ces infidèles un acte méritant la mort, non pas seulement selon leurs lois, à eux, mais aussi selon la loi du Christ (tel un meurtre ou un adultère), supposez qu'il soit arrêté, et qu'on lui offre la vie à condition qu'il renie la foi du Christ. Si cet homme préfère la mort, vais-je le moraliser comme on moralise un malfaiteur ? Non, certes ! Cet homme qui serait mort pour sa faute meurt maintenant pour le Christ, puisqu'il aurait pu avoir la vie sauve en le reniant. Le seul fait d'avoir choisi la mort le lave de son péché, grâce aux mérites de Jésus-Christ sans l'aide de qui tous nos efforts seraient vains. Puisqu'il a renoncé à la vie pour sauver sa foi, le Christ lui pardonnera entièrement sa faute ; il ne lui infligera aucune peine dans le purgatoire, mais le couvrira de gloire en son paradis. Cet homme qui fut un démon peut être considéré maintenant comme un martyr.(...)
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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