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Jeanne d'Arc et Judith: parallèle en musique
par baudelairec2000 2017-05-30 23:59:51
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Au propre de France, aujourd’hui, était célébrée la sainte Jeanne d’Arc, vierge ; les deux Alleluia et le chant d’offertoire comportent des extraits du livre de Judith, cette héroïne de l’Ancien Testament qui délivra son peuple de l’armée envoyée par Nabuchodonosor pour punir la Judée. Son homme de main se nomme Holopherne : surpris par le mépris et la résistance que lui opposent les habitants de Béthulie, celui-ci apprend de son capitaine ammonite, Achior, que les Judéens s’en remettent à leur dieu pour leur protection. Suspectant Achior d’être un renégat, Holopherne le livre aux Judéens, dont il devra partager le sort. S’ensuit un long siège de la ville au cours duquel Holopherne interdit aux Béthuliens l’accès aux fontaines. La soif commence à décourager les habitants de la ville. Surgit alors une jeune veuve, Judith ; elle conçoit un plan pour sauver sa cité. Accompagnée d’Abra, elle se rend au camp des Assyriens, et se rend coupable d’un « pieux mensonge » :

Puisque les Judéens ont péché, Dieu les abandonnera bientôt ; s’il veut patienter, elle va recevoir un signe des cieux, qui permettra aux Assyriens d’attaquer avec le succès garanti. Non seulement le chef assyrien la croit, mais il succombe aussi à ses charmes. Après une fête en l’honneur de Judith, Holopherne, ivre, s’écroule. Judith peut alors le décapiter avec son propre glaive Lorsque, dans le camp, on sonne l’alarme, Judith et Abra sont déjà loin. Les Judéens contre-attaquent et mettent en fuite leur ennemi, démoralisé. Pour finir Judith gagne les biens d’Holophernne, Abra est affranchie et Achior se convertit à la religion des Judéens.


Place à la musique avec Vivaldi:

Juditha triumphans devicta Holophernis barbarie RV644 (oratorio en deux parties, Venise 1716).

C’est le seul oratorio de Vivaldi qui nous soit parvenu. L’œuvre fut composée pour les jeunes filles de l’Ospedale de la Pietà. Tous les caractères sont donc écrits pour des voix féminines, mais le chœur est à quatre parties. La palette sonore est des plus somptueuses : flûtes à bec, hautbois, chalumeau, trompettes, timbales, mandoline, théorbes, viole d’amour, viole all’inglese, orgue obligé, cordes et basse continue.

Le librettiste Cassetti a donné au drame un sens allégorique. Judith représente Venise, la ville inviolée ; Ozias, l’Eglise ; les Béthuliens, les fidèles de Venise ; Abra, la foi militante ; enfin les troupes assyriennes, les Turcs. Venise, en effet, était en guerre contre les Turcs. Dernière modification et non des moindres : alors que la Judith biblique est reçue par Holopherne comme une renégate, l’héroïne de Cassetti vient demander la paix. Holopherne la retient non dans l’attente d’un quelconque signe divin, mais parce qu’au premier regard il est tombé amoureux d’elle.

Côté CD, la version Negri de 1974 tient encore une place très honorable dans le classement. Le chef, qui enregistrera dans les années qui suivent l’essentiel de la musique religieuse de Vivaldi, dirige ici – sur instruments modernes – le chœur des solistes de l’Opéra de Berlin et l’orchestre de chambre de Berlin (Philips, 2 CD).

Il faudra attendre l’année 2000 pour avoir une version satisfaisante sur instruments anciens. Magdalena Kozena tenait le rôle de Judith ; c’est Alessandro de Marchi qui était à la baguette, à la tête de l’Academia Montis Regalis (3 CD chez opus 111/ Naïve, un des nombreux enregistrements d’une très belle série Vivaldi). C’est avec émotion que j’ai découvert à la télévision l’une des premières représentations de cet oratorio durant l’été 2000. Le même Marchi reprendra, avec le même bonheur, Juditha en juin 2015 à la Fenice de Venise sans M. Kozena.

Côté CD, signalons également Robert King et le King’s Consort (Ann Murray et Maria Cristina Kiehr font partie du voyage, Hyperion, 1998), Ottavio Dantone et l’Accademia Bizantina ( avec Delphine Galou, Karina Gauvin, Sonia Prina, 2014).

Délaissant le théâtre, deux chefs italiens - les Italiens se sont enfin réapproprié leur répertoire - se sont limités à donner une version concert de cette œuvre : Andrea Marcon au Concertgebouw, avec l’orchestre baroque de Venise (2009) et Frederico Maria Sardelli au Festival de Beaune (2011), filmé par l’excellent Olivier Simonnet ; celui-ci dirigeait le Chœur de Chambre de Namur et son Modo Antiquo. Deux versions qu’on peut facilement retrouver sur youtube.

Il fallait bien faire un choix : j’ai retenu la version filmée de Marchi de 2015 (gros avantage : la version est sous-titrée).


     

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 Jeanne d'Arc et Judith: parallèle en musique par baudelairec2000  (2017-05-30 23:59:51)


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