Amoris lætitia ou la « sagesse » conciliaire… par La Porte Latine 2017-04-29 08:55:59 |
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Amoris lætitia ou la « sagesse » conciliaire… ou comment déguiser le mensonge sous le manteau de la vérité et le vice sous celui de la vertu, abbé Castelain
Le 19 mars 2016 a été publiée l'Exhortation apostolique post-synodale Amoris lætitia du pape François sur l'amour dans la famille. Pourquoi parler de ce document pontifical dans une revue de spiritualité montfortaine ? Parce que le Père de Montfort jette une lumière singulière sur la problématique que pose ce document.
Un rappel pour commencer. Le leitmotiv, l'idée motrice du concile Vatican II fut l'aggiornamento, en latin, accomodatio renovata, c'est-à-dire ouverture et adaptation au monde moderne. Paul VI s'en est expliqué dans le discours d'ouverture de la deuxième session (1963) : « que le dépôt de la doctrine chrétienne soit conservé et présenté de façon plus efficace » et que la doctrine « soit approfondie et exposée suivant les méthodes de recherche et la présentation dont use la pensée moderne ». Il s'agissait donc, pour parler simplement, de marier la doctrine catholique avec l'athéisme, l'évolutionniste, le modernisme, le libéralisme et l'immoralité du monde moderne. Là est le problème de fond : comment faire pour exposer la révélation divine, c'est-à-dire la foi et la morale catholique, avec la pensée du monde actuel ? C'est à proprement parler tenter d'inventer la quadrature du cercle.
Pour utiliser, cette fois, une terminologie plus « montfortaine », le problème du concile Vatican II était de marier la Sagesse divine avec la sagesse du monde. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort n'a-t-il pas traité ce sujet dans l'Amour de la Sagesse éternelle aux numéros 74 à 89 ? Le Père de Montfort explique que le monde se sert « finement de la vérité pour inspirer le mensonge, de la vertu pour autoriser le péché, et des maximes mêmes de Jésus-Christ pour autoriser les siennes » (n° 79). Le Père Grignion précise aussi que la sagesse mondaine est « une conformité parfaite aux maximes et aux modes du monde… non pas d'une manière grossière et criante, en commettant quelque péché scandaleux, mais d'une manière fine, trompeuse et politique ; autre-ment ce ne serait plus selon le monde une sagesse, mais un libertinage » (n° 75). Il définit enfin le mondain comme quelqu'un « qui fait un secret mais funeste accord de la vérité avec le mensonge, de l'Évangile avec le monde, de la vertu avec le péché » (n° 76). Montfort décrit un siècle avant son existence (XIXe siècle) le catholicisme libéral qui a fini par triompher au concile Vatican II et dans ses réformes.
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