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Les enfants et les parents méritent-ils "leurs" enseignants ?
par Scrutator Sapientiæ 2017-01-16 21:34:38
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Bonjour et merci, Stephdi.

A mon avis, mais je me trompe peut-être,

- de même que les enfants et les parents qui recourent au système éducatif français, dans leur très grande majorité, ne méritent pas, à proprement parler, les enseignants ni les inspecteurs qu'ils ont,

- de même les catholiques diocésains pratiquants réguliers qui recourent à l'Eglise qui est en France, dans leur très grande majorité, ne méritent pas, au sens strict du terme, les prêtres ni les évêques qu'ils ont.

Nous sommes en présence de deux institutions qui, pour ainsi dire, "à tort ou à raison", marchent sur la tête, je répète : marchent sur la tête, indépendamment de toutes les protestations légitimes qui peuvent provenir des familles et des fidèles, et qui peuvent ainsi remonter du concret, du terrain, vers le sommet de la hiérarchie et de l'institution.

Dans cet ordre d'idées, je suis d'ailleurs beaucoup plus indulgent pour l'Ecole que pour l'Eglise, car l'Ecole a eu à relever le défi du nombre, dans un contexte, en France, dans lequel il y a deux totems : l'égalité et la gratuité, qui nuisent grandement à la responsabilisation de l'ensemble des acteurs, alors que l'Eglise a commencé à aller en direction de son auto-exculturation, c'est-à-dire du reniement ou de la trahison de sa propre culture, de ses propres structures, notamment dogmatiques et liturgiques, à une époque au cours de laquelle les évêques avaient encore plein de prêtres, et au cours de laquelle les curés avaient encore plein de fidèles.

Il est d'ailleurs assez "amusant" de constater que la nouvelle conception de l'éducation et de la pédagogie, et la nouvelle conception de la théologie et de la pastorale, ont commencé à se manifester publiquement à peu près au même moment, juste après 1945.

En ce sens, de même qu'il y a eu Langevin, Wallon, et quelques autres, en ce qui concerne l'Ecole, il y a eu Chenu, Congar, Rahner, Teilhard, et quelques autres, pour ce qui a trait à l'Eglise, en Europe occidentale.

Nous pouvons toujours argumenter, interpeller, regretter ceci, suggérer cela, demander avec insistance aux évêques d'être à la fois plus clairvoyants et plus courageux... donc moins aveugles et moins consensuels, mais je crois vraiment que nous sommes en présence de clercs qui sont "sur des rails", et qui ne peuvent pas, ne savent pas, ou ne veulent pas remettre en cause la stratégie globale qui est celle du christianisme catholique contemporain, et qui est une stratégie

- de conciliation générale avec presque tous les courants de pensée et d'action les plus éloignés ou les plus opposés à Jésus-Christ, à l'Eglise catholique, à la Foi catholique, à la Charité chrétienne,

- de mise en accusation et en relégation des catholiques considérés a priori comme les moins légitimes, car les plus "conservateurs" ou les plus "traditionnels", etc.

En tout cas, il ne me viendrait pas à l'esprit de "culpabiliser" le fait que les clercs que nous connaissons et subissons aujourd'hui ne sont jamais que les continuateurs d'autres clercs, qui ont eux-mêmes été les continuateurs d'autres clercs, qui se sont fait laver le cerveau, je dis bien laver le cerveau, par une ou plusieurs lessives telles que ou, en tout cas, proches des lessives suivantes : l'adogmatisme, l'eudémonisme, l'immanentisme, l'unanimisme, l'herméneutisme, l'historicisme, le relativisme, le subjectivisme.

Je suis de ceux qui ont déjà fait remarquer à quelques théologiens et à quelques évêques que je savais très bien à quoi m'en tenir, en ce qui concerne les origines intellectuelles de ce lavage de cerveau, ainsi que le refus de remettre en cause l'autorité, l'importance, l'influence, l'utilité, de quelques "Pères fondateurs", instaurateurs de ce lessivage des conceptions et convictions catholiques, et je le referai sans doute, même si cela déplaît.

Mais je ne "culpabiliserai" certainement pas le fait que nous avons affaire à des évêques qui, au moins dans certains cas, se comportent exactement comme s'ils préféraient ne plus avoir de futurs prêtres du tout, plutôt que d'avoir des futurs prêtres non "consensualistes fraternitaires" ou non "irénistes systématiques".

Cela étant écrit, je précise que je suis un prophète de malheur qui espère avoir tort ou, si vous préférez, que je suis un pessimiste qui espère se tromper, et que je sais bien que ce que je viens d'écrire est contredit ou démenti, Dieu merci, par la présence de quelques oasis de non suivisme, ici ou là.

Bonne soirée.

Scrutator.

     

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              Les enfants et les parents méritent-ils "leurs" enseignants ? par Scrutator Sapientiæ  (2017-01-16 21:34:38)
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