Vous avez le droit d’aimer le bon vin... par Vianney 2017-01-16 06:13:59 |
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…mais je ne vois pas ce qui vous autorise à supposer, pour avoir lu deux pages d’un livre qui en comporte plus de 150, que Dom de Monléon a écrit Les Noces de Cana uniquement pour commenter le récit d’un “désordre bien secondaire”. Voici l’avant-propos du livre :
Le présent ouvrage ne se propose autre chose que de montrer très simplement quelques-uns des enseignements théologiques et spirituels que l’on peut découvrir dans l’Évangile des Noces de Cana. Toute la substance en est tirée des deux Sermons de Saint Bernard pour le 1er Dimanche après l’Octave de l’Épiphanie, et des Commentaires respectifs de Saint Albert le Grand, Saint Bonaventure et Rupert de Deutz, sur l’Évangile de Saint Jean.
Le premier acte de la vie du Sauveur, lorsqu’il sortit de la retraite où il s’était confiné pendant trente ans à Nazareth, fut de se rendre à une cérémonie de noces, dans le bourg de Cana, en Galilée.
Selon l’opinion commune des théologiens, c’est en cette circonstance qu’il éleva l’union de l’homme et de la femme à la dignité de sacrement de la Loi nouvelle. Le mariage, en tant que rite religieux, remonte aux origines de l’humanité, et ce n’est pas le Christ qui en est le fondateur : la première bénédiction nuptiale fut donnée à Adam et Ève par Dieu lui-même, qui voulut ainsi sanctifier dès le principe toute l’œuvre de procréation et d’éducation à laquelle ils étaient appelés. « Cette bénédiction, dit la liturgie, est la seule qui n’ait été abolie, ni par le péché originel, ni par la condamnation du déluge » (1) : elle a rendu légitime, dans tous les temps et dans toutes les religions, l’union de l’époux et de l’épouse, elle a assuré à travers les siècles et sous toutes les latitudes, l’unité, la stabilité, la force de la famille, et par elle, de la société humaine. Mais, si Jésus-Christ n’a pas fondé cette institution, il l’a enrichie des grâces les plus précieuses : il en a fait l’un des sacrements de la nouvelle Alliance, l’un des sept canaux par lesquels il dispense continuellement sur le monde des âmes le trésor infini des mérites qu’Il a acquis au prix de son Sang.
On n’aura pas de peine à comprendre l’importance du mariage, si l’on songe que c’est sur lui que repose, non pas seulement le développement du genre humain, mais bien plus, le recrutement de la Cité de Dieu. Son but dernier n’est pas de peupler la terre, c’est d’assurer au Ciel le complément du nombre des élus (2). Aussi, lorsqu’un enfant meurt en bas-âge, ses parents doivent-ils trouver une consolation à la légitime douleur que leur cause cette perte, dans la certitude que, grâce à eux, il y a au ciel un nouveau bienheureux ; il y a dans les hiérarchies célestes une voix de plus qui chante la gloire de Dieu, un nouveau miroir où se reflète son infinie beauté, un cœur de plus qui s’est embrasé d’amour pour Lui.
Nous comprenons dès lors pourquoi saint Paul appelle le mariage « un grand sacrement : SACRAMENTUM HOC MAGNUM EST » (3). Écoutons saint Jean Chrysostome nous commenter ce texte : (…)
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