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Jamais "ils" ne reconnaîtront qu'ils se sont trompés.
par Scrutator Sapientiæ 2017-01-13 08:01:39
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Bonjour Jean-Paul PARFU,

A mon avis, à tout le moins en Europe occidentale, jamais les évêques, dans leur très grande majorité, ne reconnaîtront publiquement qu'ils ont été trompés, qu'ils se sont trompés, et qu'ils ont trompé : ce serait trop délicat, trop douloureux, trop difficile, alors que c'est probablement nécessaire et préalable à une réorientation avant tout sanctificatrice, et non avant tout "conservatrice" ou "traditionnelle", même si cette réorientation nécessite un positionnement, notamment doctrinal et pastoral, qui sera immanquablement perçu, le plus souvent "à charge", comme étant "conservateur", voire "traditionnel".

La fuite en avant dérégulatrice sera toujours jugée plus "E M P" (évangélique dans la miséricorde vers les périphéries) qu'une analyse rétrospective des raisons pour lesquelles, et des moyens par lesquels, il y a un échec, d'autant plus que nous sommes en présence de clercs qui ont décrété, une bonne fois pour toutes, que toute tentative de retour vers l'essentiel était a priori illégitime, car par principe assimilable à un retour en arrière.

Quelle a été, avant-hier, et quelle est, encore aujourd'hui, la nature de l'erreur commise ? Je considère ici deux éléments constitutifs de cette erreur, parmi d'autres possibles :

a) nous sommes en présence de clercs qui ont vraiment cru qu'une certaine forme d'affranchissement fallacieux et tendancieux, vis-à-vis d'un certain type de "surmoi" structurant (notamment catéchétique, dogmatique et liturgique), qualifié de "surmoi" aliénant, était "authentiquement libératrice", or cet affranchissement n'a pas été libérateur, mais il a été libératoire, décatholicisant, ce qui n'est pas du tout la même chose ;

b) nous sommes en présence de clercs qui ont vraiment cru que l'esprit du moment et du monde présents, tel qu'il se manifeste, depuis 1945, était humain, ou humaniste, au point d'être implicitement "chrétien" ou indirectement "christique", or il n'y a pas une différence de degré, mais une différence de nature, entre l'Esprit de Dieu et l'esprit du monde, celui-ci, aussi humaniste soit-il, en apparence, n'est pas la conséquence d'une sécularisation porteuse de "valeurs chrétiennes", et il ne suffit pas d'être favorable à la démocratie et aux droits de l'homme pour être vraiment disponible puis responsable en Jésus-Christ.

Dans le contexte français, depuis quand les évêques savent-ils que l'orientation stratégique qui été celle de leurs prédécesseurs, et qui est aujourd'hui la leur, est décidément plus nuisible que propice à la foi théologale, aux vocations sacerdotales, etc. ?

A mon avis, ils le savent au moins depuis la fin des années 1990 ou le début des années 2000 ; je prends appui sur une intuition, et non sur des preuves, pour dire ce qui suit, mais je pense qu'à la suite de l'effondrement du communisme soviétique, en 1989, il a dû y avoir l'espoir, pendant dix ans, que le catholicisme contemporain, en Europe occidentale, allait pouvoir redémarrer, sur des bases assagies et assainies, plus tournées vers la sainteté que vers le suivisme.

Ce qui semble être nouveau, depuis déjà quelques années, c'est le fait que quelques évêques disent, en substance : la dynamique dont nous avons hérité n'est pas infaillible, n'est pas dépourvue de limites, est parfois plus destructrice que constructive, or nous n'aurions pas dû aller aussi loin, et nous ne devons pas aller plus loin, mais nous devons, au contraire, nous recentrer, dans telle direction et dans tels domaines, etc.

Il y a dans tout cela un élément positif : il n'y a plus de consensus épiscopal granitique, en faveur du "néo-catholicisme" proche du néo-modernisme et du néo-progressisme. Mais il y a aussi, dans tout cela, un élément négatif : de toute évidence, la pathologie dont il est question se transmet vraiment, à travers les générations de clercs, à un point tel que nous en sommes aujourd'hui à des évêques qui se comportent exactement comme s'ils préféraient le moins possible de futurs prêtres et de jeunes prêtres, plutôt que des futurs prêtres et des jeunes prêtres "conservateurs" ou "traditionnels".

Bonne journée.

Scrutator.

     

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