L’Enfant Jésus le petit Roi de Grâce à Beaune par Ewondo 2016-12-24 01:51:24 |
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Pèlerinages auprès de l’Enfant Jésus
le petit Roi de Grâce
à Beaune
« Puise dans le trésor de mon enfance, ce sera par les mérites de ce mystère que tu surmonteras toutes les difficultés »
« L’esprit d’enfance est un état où il faut vivre au jour le jour, dans une parfaite mort à soi-même, en total abandon à la volonté du Père. » »
À Beaune, en Bourgogne, des sœurs animent le culte de l’Enfant Jésus. Une dévotion qui connaît un regain de ferveur en Europe. L’Enfant Jésus de Beaune, le Petit Roi de Grâce est l’un des quatre principaux « Enfant Jésus » miraculeux. Il en existe trois autres : le Santo Bambino de Rome, l’Enfant Jésus de Prague et le Bon Jésus de Braga au Portugal.
En ce temps de Noël et de la naissance du Sauveur, découvrons ou redécouvrons la dévotion à l’Enfant-Jésus de Beaune, le petit Roi de Grâce et, quand nous le pourrons, venons à Beaune en pèlerinage, le prier. « Si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. » (Mt.18,3)
« On connaît l’Enfant Jésus de Prague, que Benoît XVI est venu prier en 2009, ou le Santo Bambino de Rome… Mais qui connaît le Petit Roi de Beaune ? Dans la chapelle de l’ancien carmel de Beaune, sœur Jehanne d’Arc a découvert un trésor. C’était il y a dix ans. Elle était venue faire une retraite spirituelle auprès des sœurs carmélites qui, confrontées au vieillissement de leur communauté, s’apprêtaient à partir. Ces sœurs rendaient une dévotion à une statuette miraculeuse de l’Enfant Jésus, qui, aujourd’hui encore, repose dans un écrin d’or au sein de la chapelle. « J’ai vécu un mois extraordinaire à leurs côtés, en découvrant leur relation à l’Enfant. Elles m’ont passé le flambeau. »
Pour comprendre cette dévotion, il faut remonter le temps. Au XVIIe siècle, le carmel de Beaune accueille une jeune mystique de 11 ans, Marguerite. Six ans plus tard, en 1636, alors que la France est à feu et à sang, Marguerite raconte que Jésus s’est confié à elle et lui a dit : « C’est par les mérites du mystère de mon enfance que tu surmonteras toutes les difficultés. » Elle crée la Famille du Saint-Enfant-Jésus avec ses neuf « domestiques », des sœurs chargées de vivre les vertus de l’Enfance et de réciter la Petite Couronne, un chapelet pour méditer les 12 mystères du Christ enfant.
La guerre cesse en Bourgogne, et la réputation de Marguerite grandit à tel point que le roi Louis XIV vient au carmel une vingtaine d’années plus tard remercier les sœurs de leurs prières. À cette époque, un gentilhomme normand, Gaston de Renty, fait envoyer une statuette de Jésus à Marguerite.
Pendant des années, la statuette miraculeuse a fait l’objet d’une dévotion discrète. Dans la chapelle, tapissée d’ex-voto, il est fait état de miracles pour la guérison de nouveau-nés, les mariages et les vocations. Ce matin, une Beaunoise vient remercier l’Enfant Jésus d’avoir permis à son fils de rester travailler à Beaune.
Ses mots sont simples, sa foi, ardente : « Quand on s’adresse à l’Enfant Jésus, on retrouve l’humilité, la simplicité et l’innocence d’un cœur pur, explique sœur Jehanne d’Arc. Ce qui est important dans la dévotion à l’Enfant, ce n’est pas tant la statue que le regard qu’on porte sur elle. Toutes les pratiques ne valent rien si l’on n’accepte pas de se laisser regarder par Lui et ¬transformer en profondeur. »
Pour Jehanne d’Arc, Marie-Céline, Marie-Astrid et Bernadette, qui ont été accueillies dans le diocèse et consacrées par l’archevêque de Dijon, Roland Minnerath, « la spiritualité du XXIe siècle sera celle de l’Enfance ». Elles donnent des cours, organisent des neuvaines et des veillées de prière tous les 24 de chaque mois, avec des prêtres et des laïques qui viennent, de plus en plus nombreux. Un projet de sanctuaire est à l’étude avec le diocèse, la paroisse et la mairie.
Elles pensent que l’Enfance est, dans le monde actuel, un chemin d’accès privilégié vers Dieu et l’Église, une réalité de nouvelle évangélisation. Elles ne sont pas les seules. Un peu partout dans l’Europe en crise, la spiritualité de la petite voie de Thérèse de Lisieux, qui s’adresse aux humbles et aux pauvres, connaît un regain d’intérêt : « Le monde souffre de narcissisme. Retrouver l’esprit d’enfance, c’est purifier notre regard en le tournant vers l’autre, en sortant de nous-même et en abandonnant nos préjugés. C’est en redevenant un enfant que nous accédons à la maturité. » Qu’est-ce qu’un saint, si ce n’est quelqu’un qui a retrouvé son enfant intérieur ?
L’Enfance de Jésus est un état où l’esprit dans la foi et le silence, le respect et l’innocence, la pureté et la simplicité attend et reçoit les ordres de Dieu et vit au jour le jour en esprit d’abandon, ne regardant d’une certaine manière ni devant soi, ni derrière soi, mais s’unissant au Saint Enfant Jésus qui reçoit tout des ordres de son Père.
Vingt-deux ans après la mort de Thérèse d’Avila, en 1604, six carmélites espagnoles fondaient à Paris le premier carmel thérésien français. Dès 1605, un troisième carmel était fondé à Dijon. Celui-ci fonda des carmels en Franche Comté et en Bourgogne dont celui de Beaune en 1619. Mère Marie de la Trinité y fut chargée des Novices. Mère Élisabeth de la Trinité en devint la Prieure en 1626 et donna un grand essor à ce monastère.
En 1630, elle y accueillit une orpheline de 11 ans 1/2, Marguerite Parigot, d’une famille de notables de Beaune ; ce sera la Vénérable Marguerite du Saint Sacrement. Sous la conduite de ces deux Mères, la jeune novice orienta vers l’enfant Jésus sa piété précoce. Le divin Enfant combla la « petite épouse de sa crèche » de grâces mystiques. La pratique des vertus religieuses notamment de l’obéissance authentifiait ces expériences étonnantes chez une enfant.
La puissance de sa prière fut bientôt connue au dehors du Carmel. En 1636, la France était attaquée au nord et à l’est, jusqu’à la Saône, qui constituait alors la frontière. Rien ne semb1ait devoir empêcher les armées ennemies d’arriver jusqu’à Beaune et d’y commettre pillages et massacres. Les habitants de la petite ville étaient terrifiés et la prieure du carmel songeait elle aussi, à fuir le danger. Marguerite assura : « l’enfant Jésus m’a promis que la ville serait épargnée. » Cela se réalisa. La reconnaissance populaire se manifesta par la diffusion de la « petite couronne » préconisée par Sœur Marguerite sur indication céleste : trois « Notre Père » pour remercier Dieu du don qu’il nous fit en Jésus, Marie et Joseph ; douze « Je vous salue Marie » pour honorer les douze années de l’enfance de Jésus.
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Pierre.
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