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Crise, grave, de l'oecuménisme : ce qu'en pensait le Cardinal Kasper.
par Scrutator Sapientiæ 2016-11-01 23:37:44
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Bonsoir à tous,

En cherchant, comme souvent, tout à fait autre chose, j'ai découvert ces documents. Je les trouve tous les trois extrêmement intéressants.

A. Deux extraits du premier document (2005) :

"1. En premier lieu, le mouvement oecuménique du 21e siècle a besoin de clarifier, parfois à nouveaux frais, ses fondements théologiques. Autrement, il en sera comme de la maison bâtie sur le sable qui s'écroule lorsque vient la tempête (cf. Matthieu 7,26). Il n'est pas ici question d'un simple sentiment familial émotionnel ou d'un humanitarisme vague. La pierre d'angle est Jésus Christ (cf. Matthieu 21,42 et al.)."

(...)

"2. Mon second point concerne une vision et un objectif communs. Qu'entendons-nous par "l'unité visible en une seule foi et en une seule communauté eucharistique, exprimée dans le culte et dans la vie commune en Christ, à travers le témoignage et le service au monde", comme le déclare la Constitution du COE ? Les partenaires, au sein du mouvement oecuménique, partagent-il une même conception de l'oecuménisme et de ses buts ? Si nous n'avons pas de réponse à la question de savoir où nous allons, nous n'irons nulle part."

2005

B. Deux extraits du deuxième document (2007) :

"Parler de pluralisme me reconduit à la troisième vague de l’histoire du christianisme, à savoir la diffusion des groupes charismatiques et pentecôtistes qui, avec quelque 400 millions de fidèles dans le monde entier, se situent au second rang des communautés chrétiennes en termes numériques et connaissent une croissance exponentielle. Dépourvus d’une structure commune ou d’un organe central, ils sont très différents entre eux. Ils se considèrent comme le fruit d’une nouvelle Pentecôte ; en conséquence, le Baptême de l’Esprit revêt pour eux un rôle fondamental. Se référant à eux, le Pape Jean-Paul II avait déjà fait remarquer que ce phénomène ne doit pas seulement être considéré d’une manière négative car, au-delà des indéniables problèmes, il témoigne du désir d’une expérience spirituelle. Ceci n’ôte rien au fait que beaucoup d’entre eux, hélas, sont depuis devenus une religion qui promet un bonheur terrestre.

Avec les pentecôtistes classiques, il a été possible d’organiser un dialogue officiel. Avec d’autres, une série de difficultés subsiste à cause de leurs méthodes missionnaires très agressives. Face à ce défi, le Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, a organisé, sur plusieurs continents, des séminaires pour les Evêques, les théologiens et les laïcs actifs dans l’œcuménisme : en Amérique latine (São Paulo et Buenos Aires), en Afrique (Nairobi et Dakar), en Asie (Séoul et Manille). Le résultat de ces séminaires transparaît aussi dans le document final d’Aparecida (2007) de l’Assemblée générale des évêques latino-américains et des Caraïbes. Il est avant tout nécessaire de faire un examen de conscience pastoral et de nous demander d’une manière autocritique : pourquoi tant de chrétiens quittent-ils notre Église ? Nous ne devons pas commencer par nous demander ce qui ne va pas chez les pentecôtistes, mais quelles sont nos carences pastorales. Comment pouvons-nous réagir à ce nouveau défi par un renouveau liturgique, catéchétique, pastoral et spirituel ?"

2007

C. Un extrait du troisième document (2009) :

"Nous devons d'abord faire notre autocritique"

" C'est que, au-delà des divergences, les deux compatriotes partagent le même amour pour l'Église et la même passion pour la théologie. « Je ne peux pas vivre sans faire de théologie », avoue le cardinal Kasper, et on devine que le pape Ratzinger souscrirait volontiers à cette affirmation.

Mais le premier, qui a eu 75 ans en mars 2008, âge de la retraite pour les cardinaux de la Curie, a présenté sa démission, comme le veut l'usage. Il aspire à retrouver ses chères études et s'apprête donc à quitter ses fonctions sans forcément partir de Rome - même si, pour l'instant, le pape lui a demandé de rester encore un peu à son poste.

Quel qu'il soit, son successeur devra faire face, estime l'actuel président du Conseil pontifical, à « la troisième vague » de divisions chrétiennes : « Après le schisme avec les orthodoxes puis la Réforme avec les protestants, aujourd'hui on assiste à la progression très importante de toutes ces nouvelles formes de protestantisme, pentecôtistes, "megachurches", et des chrétiens "post-confessionnels". »

Dans ce nouveau cas de figure, un dialogue au plan universel est impossible, reconnaît le prélat. Pour autant, poursuit-il, « le succès de ces communautés pose une question pastorale à notre Église : pourquoi les fidèles nous quittent-ils pour aller vers eux ? Que cherchent-ils ? » En réalité, conclut Walter Kasper, « avant de nous en offusquer, nous devons d'abord faire notre autocritique » ".

2009

Si les mots du Cardinal Kasper ont un sens, cela veut dire que ce que le monde chrétien vit, au moins depuis le début des années 1980, est comparable, en importance, EN GRAVITE, à ce que le monde chrétien a vécu, respectivement, une première fois, au XI° siècle, puis une deuxième fois, au XVI° siècle.

Les premiers animateurs et inspirateurs du mouvement oecuménique, "dans son acception actuelle", ont-ils vraiment prévu ou voulu cela ?

Voici le meilleur pour la fin (cf. le document de 2005) :

"D'une manière plus générale, nous pouvons dire que le mouvement oecuménique se trouve aujourd'hui dans une période de transition. D'une part, nous prenons acte avec gratitude des fruits excellents du dialogue oecuménique, en particulier la redécouverte de la fraternité chrétienne parmi les membres des différentes communautés chrétiennes, qui ne se considèrent plus comme ennemis ou concurrents, mais comme frères et soeurs en Christ faisant route ensemble vers la communion complète. D'autre part, nous ne saurions ignorer la critique théologique, politique et institutionnelle du mouvement oecuménique qui ne vient pas seulement de groupes dits fondamentalistes, mais de certaines Eglises anciennes et vénérables ainsi que de théologiens sérieux. Pour certains d'entre eux, oecuménisme est devenu un terme chargé négativement, un équivalent de syncrétisme, de relativisme doctrinal et d'indifférentisme."

Apparemment, le Cardinal Kasper a eu le droit de penser, d'écrire, d'exprimer, ce qui figure ci-dessus, mais, apparemment et en revanche, quand des catholiques conservateurs ou traditionnels pensent et disent à peu près la même chose, "ce n'est pas bien"...

Bonne soirée.

Scrutator.

     

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