Le martyre des saints Jean de Brébeuf et Gabriel Lalemant par Chicoutimi 2016-09-26 11:37:51 |
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Au Canada, la fête liturgique des Saints martyrs canadiens a été fixée au 26 septembre.
Parmi ces 8 martyrs, le Père Jean de Brébeuf et le Père Gabriel Lalemant subirent l'un des plus cruels martyres des annales de la chrétienté.
Cela se passe en 1649, alors que les Iroquois attaquèrent le bourg où se trouvaient le Père de Brebeuf (surnommé "Echon") et le Père Lalemant.
"Salués à leur arrivée par une rude bastonnade, ils [les deux Pères jésuites] sont attachés au poteau et tourmentés avec le fer et le feu; on leur suspend au cou un collier de haches rougies sur des charbons; on leur met des ceintures d'écorce, enduites de poix et de résine enflammées ; en dérision du saint baptême, on leur verse de l'eau bouillante sur la tête. Quelques hurons transfuges [qui avaient rejoint les Iroquois] se montrent les plus cruels, et joignent l'insulte à la cruauté : " Tu nous as dit, Echon," répétaient-ils, "que plus on souffre en ce monde plus on est heureux dans l'autre: eh bien, nous sommes tes amis, puisque nous te procurons un plus grand bonheur dans le ciel. Remercie-nous des bons services que nous te rendons."
Dans le plus fort de ses tourments, le P. Gabriel Lalemant levait les yeux au ciel, joignant les mains et demandant à Dieu du secours. Le P. de Brebeuf demeurait comme un rocher, insensible au fer et au feu, sans pousser un seul cri, ni même un seul soupir. De temps en temps, il élevait la voix pour annoncer la vérité aux infidèles et pour encourager les chrétiens qu'on torturait autour de lui. Irrités de la sainte liberté avec laquelle il leur parlait, ses bourreaux lui coupèrent le nez, lui arrachèrent les lèvres, et lui enfoncèrent un fer rouge dans la bouche. Le héros chrétien conserva le plus grand calme, et son regard était si ferme et si assuré, qu'il semblait encore commander à ses bourreaux.
On amena alors près du P. de Brebeuf son jeune compagnon couvert d'écorces de sapin, auxquelles on se préparait à mettre le feu; celui-ci, se jetant aux pieds du vieux missionnaire, se recommanda à ses prières et répéta les paroles de l'apôtre S. Paul. "Nous avons été mis en spectacle au monde, aux anges et aux hommes." En ramenant le P. Lalemant à son poteau, on alluma les écorces qui le couvraient; et ses bourreaux s'arrêtèrent pour goûter le plaisir de le voir brûler lentement et d'entendre les soupirs qu'il ne pouvait s'empêcher de pousser.
Rendus furieux par l'odeur du sang, les Iroquois se surpassèrent dans cette occasion par des raffinements de cruauté; ils arrachèrent les yeux du P. Lalemant, et mirent à la place des charbons ardents; ils taillaient sur les cuisses et sur les bras des deux missionnaires des morceaux de chair, qu'ils faisaient rôtir sur des charbons et qu'ils dévoraient sous leurs yeux.
Les tourments du P. de Brebeuf durèrent environ trois heures ; il mourut le jour même de sa prise, le seize mars, vers quatre heures du soir. Après sa mort, les barbares lui arrachèrent le cœur qu'ils se partagèrent ; ils espéraient que ceux qui en mangeraient, obtiendraient une portion du courage de leur victime. Les bourreaux s'acharnèrent alors sur le P. Gabriel Lalemant, qui fut torturé sans interruption jusqu'au lendemain à neuf heures du matin. Encore dut-il de voir terminer alors ses maux, à la compassion d'un iroquois, qui, fatigué de le voir languir depuis un jour et une nuit, lui donna un coup de hache pour mettre un terme à ses souffrances."
Sources : Cours d'histoire du Canada
et Université Caen Normandie
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