la grace du martyr : des paroles fortes, un approfondissement par F. de T. 2016-07-28 09:18:08 |
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l'Homme Nouveau
Dans retrouver nos racines nationales :
Quand Ernest Psichari, petit-fils de l’apostat Renan, partit en mission en Afrique du Nord, il découvrit cette réalité de l’identification profonde réalisée par le monde musulman entre le christianisme et la France. Ce fut le point de départ de sa conversion ! Si la France ne retrouve pas ses racines et ne renoue pas avec ses traditions, elle restera incapable de répondre à la guerre qui lui est faite. Celle-ci passe bien sûr par les armes, mais les armes ne sont qu’un moyen. Elles doivent être au service d’une civilisation et cette civilisation, dans son incarnation française, ne peut être que celle qui associe le pardon et la justice dans la recherche de la vraie paix.
Hier soir vous avez déclaré : Tuer un prêtre, c'est profaner la République. Le prêtre que je suis aurait pu se contenter de remarquer, avec une certaine acrimonie, que déifier ainsi un régime politique – on ne profane que ce qui est sacré et divin – participe précisément d'une hubris de l'État moderne, toujours dangereuse. Mais l'aumônier militaire que je suis aussi, cherchant chaque jour, depuis près de vingt ans, à réfléchir sur le sens de l'action politique et militaire et de sa coordination avec les forces spirituelles au sein de notre patrie, veut considérer dans votre propos quelque chose de nouveau, susceptible d'amorcer la refondation de cette unité nationale, si nécessaire en ces temps troublés. Pas une seconde je ne peux imaginer – comme certains l'ont déjà écrit – que le discrédit de la parole politique soit tel que ce propos soit insignifiant, ou le fruit du manque de professionnalisme de vos conseillers. C'est donc que ces paroles, venant du chef de l'État, chef des armées, ont été pesées, dans le cadre d'une déclaration officielle, et ont donc une portée novatrice dans la pensée politique de la Ve République.
La République que vous invoquez, monsieur le Président, n'a pas toujours été tendre, c'est le moins que l'on puisse écrire, avec l'Église catholique en général et avec ses prêtres en particulier. Faut-il rappeler ici les pontons de Rochefort, les milliers de prêtres guillotinés ou déportés sous la Révolution française ? Faut-il, plus récemment, évoquer les milliers de religieuses et de religieux expulsés hors de France sous la IIIe République, et malgré leur retour sous les drapeaux en 1914 et les lourds sacrifices humains consentis par l'Église catholique au cours du premier conflit mondial, les tentatives à nouveau d'exclusion de la vie publique dès 1918 par certains idéologues républicains ? Faut-il rappeler les deux grandes spoliations de tous ses biens qu'a subies l'Église catholique de la part de la République, en 1791 et en 1905 ? La liste serait trop longue en deux siècles des avanies, des vexations, des persécutions voulues par la République à l'encontre d'une part importante de sa population : les catholiques – et ce, malgré le ralliement aux institutions républicaines demandé par Rome en 1892.
Pourquoi ne pas créer une commission nationale de réconciliation, composée d'historiens, de politiques et de religieux, afin que nous puissions apurer notre histoire récente ? La République peut-elle enfin reconnaître les torts historiques qui ont été les siens en pourchassant ou en ostracisant une part non négligeable de sa population ? Ce faisant, avec courage, elle marquerait aussi les esprits et répondrait précisément, sur le plan doctrinal, à Daech.
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