Fierté apostolique? par le torrentiel 2016-07-25 11:49:51 |
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Cher Miserere,
J'avais rédigé un message beaucoup plus circonstancié pour vous répondre, mais malgré mes sauvegardes, je l'ai perdu.
La foi nous enseigne à croire en la succession apostolique, non à avoir une fierté apostolique.
Nos évêques font de l'apostolat. Ils disent aujourd'hui de la pastorale, mais la pastorale est un synonyme de l'apostolat. Donc nos évêques ont bien un rôle pastoral qui n'est pas loin d'être premier.
Libre à vous de ne pas apprécier leurs méthodes apostoliques ou leur pastorale, mais non pas, si vous êtes catholique (puisqu'ici, on aime bien décerner des brevets de catholicité), de les rejeter comme apôtres et de ne pas vous sentir redevable du choix que Dieu a fait des successeurs des apôtres qu'Il a voulus: Son choix a porté sur eux, pas sur vous, ni sur moi. Force vous est de les recevoir ou de les reconnaître à moins d'être sédévacantiste, ce que je ne vous souhaite pas.
Leur pastorale vous déplaît parce qu'ils feraient du "copinage" avec "les fausses religions". Ils parient qu'on ne peut mener les gens que du connu vers l'inconnu. Ils essaient pour cette raison de se rapprocher des lointains de la foi. Mais ils parlent mal leur langage. IL en résulte un sabir sociologico-spirituel qui ne convainc et ne convertit personne en effet.
Et puis leur pastorale est guettée par un second écueil, qu'on souligne bien ici : ils ont tellement intégré que Dieu s'identifie au pauvre en esprit, en religion, que sais-je? que, si quelqu'un est malade pour reprendre votre métaphore médicale, ils croient que, comme ceux qui travaillent aux "œuvres de Miséricorde", ils doivent se contenter de le visiter alors que leur rôle est de l'enseigner , de s'en faire le médecin et de les guérir autant que faire se peut. Mais ils se disent que, puisque le Christ-Médecin s'est identifié aux malades, ils peuvent en faire autant.
Il y a là une paresse apostolique ou pastorale: le Christ s'est bien donné les pauvres comme une "humanité (ou une Incarnation) de surcroît", comme le disait la bienheureuse Élisabeth de la Trinité, mais il n'a conseillé à personne de ne pas les soigner.
Maintenant, que dire de votre pastorale, de votre apostolat à vous, Miserere?
De ce qu'on peut en voir ici, il se borne à dénoncer celui des autres. Mais encore?
Vous dites que des générations entières ne connaissent plus "Jésus crucifié". Or le kérigme contient deux moments qui constituent le Mystère pascal: la Passion et la Résurrection. Que faites-vous de la résurrection?
Vous n'en reviendrez pas de savoir que Paul VI n'a pas seulement parlé des "fumées de Satan dans l'Eglise", il a également pointé le danger de "certains" qui "voudraient un christianisme sans la croix." Ni christianisme sans la Croix, ni dolorisme qui ne fait pas cas de la Résurrection. Car "si Christ n'est pas ressuscité, notre foi est vide", a dit Saint-Paul. La Croix est "la Croix" est "scandale pour les juifs, folie pour les Grecs", mais le chrétien se glorifie en elle. Le chrétien qui connaît "Jésus crucifié", mais dont beaucoup de prêtres répugnent à lui transmettre, il est vrai, que Jésus est "mort pour nos péchés", et qu'Il ne s'est pas contenté de consentir à une mort inévitable. .
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