Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey par ami de la Miséricorde 2016-07-11 10:57:17 |
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§ II. De l'appel universel à la contemplation
1563. 3° Essai de rapprochement. En réfléchissant sur les raisons apportées de part et d'autre il nous a semblé que les deux opinions pouvaient se rapprocher.
A) Constatons tout d'abord les points communs sur lesquels les hommes modérés de chaque opinion s'entendent : a) Il y a eu et il peut y avoir des contemplatifs de tous les tempéraments et de toutes les conditions ; mais en fait il y a des tempéraments et des genres de vie qui sont plus aptes que d'autres à la contemplation infuse. La raison en est que la contemplation est un don gratuit, que Dieu accorde à qui il veut et quand il le veut, n° 1387, et que par ailleurs Dieu a coutume d'adapter ses grâces au tempérament et aux devoirs professionnels de chacun. b) La contemplation n'est pas la sainteté, mais un des moyens les plus efficaces pour y arriver ; la sainteté consiste en effet dans la charité, l'union intime et habituelle à Dieu. Or la contemplation est bien en soi la voie de raccourci pour arriver à cette union, mais ce n'est pas la seule, et il y a des âmes non contemplatives qui « peuvent être plus avancées dans la vertu, dans la vraie charité, que d'autres qui ont reçu plus rapidement la contemplation infuse » (P. Garrigou-Lagrange). c) Nous avons tous reçu au baptême un organisme surnaturel (grâce habituelle, vertus et dons) qui, lorsqu'il est arrivé à son plein développement, conduit normalement à la contemplation, en ce sens qu'il nous donne cette souplesse, cette docilité qui permet à Dieu de nous mettre dans l'état passif quand il veut et de la manière qu'il le veut. Mais en fait il y a des âmes qui, sans qu'il y ait de leur faute, n'arrivent pas sur terre à la contemplation.
1564. B) Malgré l'accord sur ces points importants, il reste cependant des divergences, qui viennent, nous le pensons, de tendances plus ou moins favorables à l'état mystique, et du caractère plus ou moins ordinaire ou extraordinaire qu'on attribue à cet état. Nous exposerons modestement notre solution, qui comprend deux affirmations : a) la contemplation infuse est en soi un prolongement normal de la vie chrétienne ; b) cependant, en fait, toutes les âmes en état de grâce ne semblent pas appelées à cette contemplation ; y compris l'union transformante.
a) La contemplation infuse, quand on la considère indépendamment des phénomènes mystiques extraordinaires qui parfois l'accompagnent, n'est pas quelque chose de miraculeux, d'anormal, mais résulte de deux causes : la culture de notre organisme surnaturel, surtout des dons du Saint Esprit, n° 1355, et d'une grâce opérante qui elle-même n’a rien de miraculeux. Nous avons dit en effet que l'infusion d'espèces intellectuelles nouvelles n'est pas nécessaire pour les premiers degrés de contemplation, n° 1390. On peut même ajouter, avec le Congrès carmélitain de Madrid, que la contemplation est en soi l'état d'union entre Dieu et l'âme le plus parfait qu'on puisse atteindre en cette vie, l'idéal le plus élevé et comme la dernière étape de la vie chrétienne en ce monde dans les âmes appelées à l'union mystique avec Dieu, le chemin ordinaire de la sainteté et de la vertu habituellement héroïque. Cette doctrine semble bien être la doctrine traditionnelle telle qu'on la trouve dans les auteurs mystiques, depuis Clément d'Alexandrie jusqu'à Saint François de Sales.
Source : Précis de Théologie Ascétique et Mystique de Tanquerey,
Desclée and Co, 1923
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