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Analyse qui laisse perplexe
par Peregrinus 2016-04-10 14:17:13
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L'analyse de J.-P. Denis a de quoi laisser perplexe, même si à sa décharge il faut bien dire qu'elle se veut un commentaire d'un texte dont c'est peu dire qu'il laisse hélas lui-même plus que perplexe.
Je passe sur les amabilités que M. Denis adresse aux uns et aux autres, notamment aux puritains-légalistes-normatifs ; ces insultes sont devenues trop communes ces derniers temps dans l'Eglise pour qu'on ose en faire reproche à un journaliste.

En revanche, en plusieurs points, l'analyse de M. Denis pose des problèmes considérables.
M. Denis écrit tout d'abord, à propos de la position progressiste ou évolutionniste, qu'elle revient à se "moquer de l'idéal". Le problème est ici que le journaliste désigne comme un "idéal" le mariage chrétien, alors même que celui-ci existe. Un sacrement n'est pas un "idéal", mais un signe efficace de la grâce que Dieu donne. Le fondement même de la réflexion est donc viciée dans la mesure où ce que Dieu a fait est renvoyé à l'idéal, c'est-à-dire, selon la connotation de ce mot, à ce qui n'est pas réalisé, voire à ce qui n'est pas réalisable.
J.-P. Denis reproche à ceux qui s'attachent à la "norme" d'absorber le particulier dans le général, de vouloir tout "mesurer selon le même mètre-étalon". Il oublie ici que tous nous avons reçu en partage la même nature humaine, que tous nous avons été rachetés dans le même sang au Calvaire par Celui qui est le même hier, aujourd'hui et pour l'éternité. Ce sont à la fois la loi naturelle et la loi surnaturelle qui disparaissent dans un refus de l'universel au nom du particulier. C'est au fond pire qu'un changement des normes, car c'est affirmer en définitive qu'il n'est pas utile de se préoccuper des normes.
On peut noter encore le paralogisme d'anthologie : "La vie n'est pas ainsi faite, et l'Evangile étant la vie même, il n'est pas ainsi écrit." J.-P. Denis semble n'avoir pas même envisagé qu'il n'entend pas le mot vie dans le même sens dans la première et dans la deuxième partie de sa phrase. Cela le conduit à confondre la vie comme existence concrète de l'homme et la vie surnaturelle, et donc à absorber la seconde dans la première dans un pseudo-surnaturalisme dont les conséquences spirituelles et morales ont de quoi faire frémir.
Les derniers paragraphes sont effarants en tant qu'ils sont accablants pour le pape François : tout cela, nous explique J.-P. Denis, est l'échappatoire politique trouvé par le pape jésuite au guêpier où il s'est lui-même jeté. Au nom d'un impératif politique particulier, on réécrit donc toute la pastorale, voire toute la doctrine de l'Eglise en matière familiale. Ce constat, qui est terrible, est renversé en éloge par le journaliste, qui ne semble pas même se rendre compte qu'il donne en réalité raison par avance à toutes les critiques qu'il déclare redouter.

Peregrinus

     

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