Lettre de saint Claude La Colombière sur la Miséricorde par Jean Kinzler 2016-03-08 10:16:17 |
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Lettre de saint ClaudeLa Colombière à une religieuse :
Si j’étais en votre place, voici comme je me consolerais. Je dirais à Dieu avec confiance :
Ô Seigneur, voici une âme qui est au monde pour exercer votre admirable miséricorde et pour la faire éclater en présence du ciel et de la terre. Les autres vous glorifient, en faisant voir quelle est la force de votre grâce, par leur fidélité et leur constance, combien vous êtes doux et libéral envers ceux qui vous sont fidèles : pour moi, je vous glorifierai en faisant connaître combien vous êtes bon envers les pêcheurs, et que votre miséricorde est au-dessus de toute malice, que rien n’est capable de l’épuiser, que nulle rechute, quelque honteuse et criminelle qu’elle soit, ne doit porter un pêcheur au désespoir du pardon.
Je vous ai gravement offensé, ô mon aimable Rédempteur ; mais ce serait bien encore pis, si je vous faisais cet horrible outrage de penser que vous n’êtes pas assez bon pour me pardonner. C’est en vain que votre ennemi et le mien me tend tous les jours de nouveaux pièges : il me fera tout perdre plutôt que l’espérance que j’ai en votre miséricorde. Quand je serais retombée cent fois et que mes crimes seraient cent fois plus horribles qu’ils ne sont, j’espèrerais encore en vous. (L. 96).
Pour moi, mon Dieu, je suis si persuadé que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous et qu’on ne peut manquer de rien, quand on attend de vous toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci et de me décharger sur vous de toutes mes inquiétudes : " En paix, aussitôt, je me couche et m’endors. Toi seul, Seigneur, me mets à part dans l’espérance ". Les hommes peuvent me dépouiller, et des biens, et de l’honneur ; les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir ; je puis même perdre votre grâce par le pêché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance ; je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher : " En paix, aussitôt, je me couche et m’endors ". Les autres peuvent attendre leur bonheur, ou de leurs richesses ou de leurs talents ; les autres s’appuient, ou sur l’innocence de leur vie, ou sur la rigueur de leurs pénitences, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leurs prières : " Toi seul, Seigneur, me mets à part dans l’espérance ".
Que vos miséricordes sont grandes envers moi
Que vos miséricordes sont grandes envers moi, Dieu de majesté ! Hà ! Qui suis-je, que vous daigniez agréer le sacrifice de mon cœur ! Il sera donc tout à vous : les créatures n’y auront plus de part ; aussi n’en valent-elles pas la peine. Soyez donc, aimable Jésus, mon père, mon ami, mon maître, mon tout.
Puisque vous voulez bien être content de mon cœur, ne serait-il pas lui-même déraisonnable, s’il n’était pas content du vôtre ? Je ne veux donc désormais vivre que pour vous, et vivre longtemps, si c’est votre bon plaisir, pour souffrir davantage...
Recevez donc, aimable Sauveur des hommes, ce sacrifice que le plus ingrat des hommes vous fait, pour réparer le tort que jusqu’à cette heure je n’ai cessé de vous faire en vous offensant. (R. 39).
Pour moi, mon Dieu, je suis si persuadé que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous et qu’on ne peut manquer de rien, quand on attend de vous toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci et de me décharger sur vous de toutes mes inquiétudes : " En paix, aussitôt, je me couche et m’endors. Toi seul, Seigneur, me mets à part dans l’espérance ". Les hommes peuvent me dépouiller, et des biens, et de l’honneur ; les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir ; je puis même perdre votre grâce par le pêché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance ; je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher : " En paix, aussitôt, je me couche et m’endors ". Les autres peuvent attendre leur bonheur, ou de leurs richesses ou de leurs talents ; les autres s’appuient, ou sur l’innocence de leur vie, ou sur la rigueur de leurs pénitences, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leurs prières : " Toi seul, Seigneur, me mets à part dans l’espérance ".
Pour moi, Seigneur, toute ma Confiance, c’est ma Confiance même. Cette Confiance ne trompa jamais personne : " Aucun de ceux qui espèrent en toi n’a été confondu ". Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux, parce que j’espère fermement de l’être et que c’est de vous, ô mon Dieu, que je l’espère : " En toi, Seigneur, j’ai mis mon espérance, je ne serai pas confondu pour toujours ". Je connais, hélas ! Je ne le connais que trop, que je suis fragile et changeant ; je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les plus affermies ; j’ai vu tomber les astres du ciel et les colonnes du firmament. Mais tout cela ne peut m’effrayer tandis que j’espèrerai ; je me tiens à couvert de tous les malheurs et je suis assuré d’espérer toujours parce que j’espère encore cette invariable espérance.
Enfin, je suis sûr que je ne puis trop espèrer en vous et que je ne puis avoir moins que ce que j’aurai espéré de vous. Ainsi j’espère que vous me tiendrez dans les penchants les plus rapides, que vous me soutiendrez contre les plus furieux assauts et que vous ferez triompher ma faiblesse de mes plus redoutables ennemis. J’espère que vous m’aimerez toujours et que je vous aimerai aussi sans relâche ; et, pour porter tout d’un coup mon espérance aussi loin qu’elle peut aller, je vous espère vous-même de vous-même, ô mon Créateur, et pour le temps, et pour l’éternité. Amen. (S. 68).ici
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