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Luther : non et non [TFP]
par Amandus 2016-02-04 09:21:09
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Un article intéressant de la TFP :


Le cinquième centenaire de la naissance de Martin Luther, le grand responsable de la révolution protestante au XVI° siècle, a donné lieu dans certains milieux catholiques à des manifestations de sympathie qu’on aurait jugées absolument inconcevables il y a cinq ans encore. À leur nombre figure la visite du pape François à la « Christus Kirche », le temple protestant de Rome (1).


Sur Martin Luther, le professeur Plinio Corrêa de Oliveira, fondateur de l’Association Brésilienne pour la Défense de la Tradition, de la Famille et de la Propriété (TFP) et Président de son Conseil National, a écrit pour le principal quotidien de São Paulo, la grande métropole industrielle du Brésil, deux articles hautement instructifs.

J’ai eu l’honneur, en 1974, d’être le premier signataire d’un manifeste publié dans des quotidiens parmi les principaux du Brésil et reproduit dans presque tous les pays ou existaient les onze TFP d’alors. Il s’intitulait : « La politique de détente du Vatican avec les gouvernements communistes – Pour la TFP : s’abstenir ? ou résister ? » (cf. Folha de S. Paulo, 10 avril 1974).

Les associations y déclaraient leur respectueux désaccord vis-à-vis de l’« Ostpolitik » menée par Paul VI, et exposaient en détail leurs raisons pour cela. Soit dit en passant, tout y était exprimé avec tant d’orthodoxie que personne n’a soulevé la moindre objection à cet égard.

Pour résumer en une phrase à la fois toute la vénération envers la Papauté et la fermeté avec laquelle elles déclaraient leur Résistance à l’« Ostpolitik » vaticane, les TFP disaient au Souverain Pontife : « Notre âme est vôtre, notre vie est vôtre. Commandez-nous ce que vous voudrez. Mais ne nous demandez pas de croiser les bras devant le loup rouge qui mène l’assaut. Notre conscience s’y oppose ».

Je me suis rappelé cette phrase avec une particulière tristesse en lisant la lettre écrite par Jean-Paul II au Cardinal Willebrands (cf. L’Osservatore Romano, 6 novembre 1983), à propos du cinquième centenaire de la naissance de Martin Luther, et signée du 31 octobre dernier, date anniversaire du premier acte de rébellion de cet hérésiarque dans l’église du château de Wittemberg. Elle est pétrie de tant de bienveillance et d’aménité que je me suis demandé si l’auguste signataire avait oublié les terribles blasphèmes que le moine apostat avait lancés contre Dieu, contre le Christ Jésus Fils de Dieu, contre le Très Saint Sacrement, la Vierge Marie et la Papauté elle-même.

Il est pourtant sûr qu’il ne les ignore point, car ils sont à la portée de n’importe quel catholique cultivé, dans des livres de bon aloi, qu’on trouve encore aujourd’hui sans difficulté.

Deux d’entre eux me viennent à l’esprit. L’un, écrit au Brésil : c’est « L’Église, la Réforme et la Civilisation », du grand jésuite Leonel Franca. Sur ce livre comme sur son auteur, les silences ecclésiastiques officiels laissent la poussière retomber.

L’autre livre est d’un historien français parmi les plus connus de ce siècle, Funck-Brentano, membre de l’Institut, et d’ailleurs protestant peu suspect.

Commençons par citer les textes recueillis dans l’ouvrage de ce dernier : « Luther » (Grasset, Paris, 1934. 7e éd., 352 pp).

Et allons droit à ce blasphème sans nom : « Le Christ, dit Luther, a commis l’adultère une première fois avec la femme à la fontaine dont parle Jean. Ne murmurait-il pas autour de lui : « Qu’a-t-il donc fait avec elle ? », puis avec la Madeleine, puis avec la femme adultère qu’il a tenue quitte si légèrement. Ainsi le Christ, si pieux, a dû, lui aussi, forniquer avant de mourir » (« Propos de table », n° 1472, éd. de Weimar II, 107 – cf. op. cit., p. 235).

Quand on a lu cela, on ne s’étonne pas que Luther pense, comme le signale Funck-Brentano, que « Certes, Dieu est grand et puissant, bon et miséricordieux […] mais il est stupide – « Deus est stultissimus » (« Propos de table », n° 963, éd. De Weimar, I, 487). C’est un tyran. Moïse agissait par sa volonté, comme son lieutenant, en maître bourreau que nul n’a dépassé, voire égalé à effrayer, terroriser, martyriser le pauvre monde » (op. cit., p. 230).

Tout cela est en cohérence étroite avec cet autre blasphème, qui impute à Dieu la responsabilité de la trahison de Judas et de la révolte d’Adam : « Luther », commente Funck-Brentano, « en arrive à déclarer que Judas, en trahissant le Christ, agit sous l’impétueuse décision du Tout-Puissant. « Sa volonté (celle de Judas) était dirigée par Dieu ; Dieu le faisait mouvoir en sa toute « puissance ». Adam lui-même, au paradis terrestre, fut contraint d’agir comme il agit. Il se trouvait mis par Dieu dans une situation telle qu’il lui était impossible de ne pas tomber » (op. cit., p. 246).

Non moins cohérent avec cette séquence abominable, un pamphlet de Luther intitulé « Contre le pontificat romain fondé par le diable », de mars I545, dénommait le Pape, non pas « très saint » selon l’usage, mais « très infernal », et ajoutait que la papauté s’était toujours montrée assoiffée du sang (cf. op. cit., pp. 337-338).

On ne s’étonne pas alors que Luther, mû par de telles idées, ait écrit à Melanchthon, à propos des sanglantes persécutions d’Henri VIII contre les catholiques d’Angleterre : « Il est permis de s’abandonner à la colère quand on sait quels traîtres, voleurs, meurtriers sont les papes, leurs cardinaux et leurs légats. Plût à Dieu que l’on vît s’employer à les faire disparaître plusieurs rois d’Angleterre » (op. cit., p. 254).

Il s’est exclamé pour la même raison : « Assez de paroles, le fer ! le feu ! ». Il ajoute : « Nous punissons les voleurs par l’épée, pourquoi ne pas empoigner pape et cardinaux et toute la séquelle de la Sodome romaine et nous laver les mains dans leur sang ? » (op. cit., p. 104).

Cette haine a accompagné Luther jusqu’à la fin de sa vie ; Funck-Brentano affirme : « Son dernier sermon public à Wittemberg est du 17 janvier 1546 : ultime cri de malédiction contre le pape, le sacrifice de la messe, le culte de la Vierge » (op.cit., p. 340).
On comprend alors que des grands persécuteurs de l'Église aient célébré sa mémoire. Ainsi « Hitler a fait proclamer fête nationale en Allemagne l’anniversaire du 31 octobre 1517 où le moine augustin révolte fit afficher aux portes de l’église du château de Wittemherg ses fameuses 95 propositions contre la suprématie et les doctrines pontificales » (op.cit., p. 272).

En dépit de tout l’athéisme officiel du régime communiste, M. Erich Honnecker, président du Conseil d’État et du Conseil de Défense, premier personnage de la République Démocratique Allemande, a organisé cette année en l’honneur de Luther des célébrations impressionnantes (cr. « German Comments », Osnabrück, Allemagne de l’Ouest, avril 1983).




Rien de plus déconcertant, de plus sidérant même, que ce qui s’est passé lors de la toute récente célébration du cinquième centenaire de la naissance de Luther dans un maigre temple protestant de Rome, le 11 décembre dernier.

Cette manifestation de fête, d’amour et d’admiration pour la mémoire de l’hérésiarque a comporté la participation du prélat que le conclave de 1978 a élu Pape. Celui donc auquel incomberait la mission de défendre contre les hérésiarques et les hérétiques les saints noms de Dieu et de Jésus-Christ, la Sainte Messe, la Sainte Eucharistie et la Papauté !

« Sidérant, ahurissant » – tel a été le gémissement de mon cœur de catholique. Qui n’en a pas moins redoublé de foi et de vénération pour la Papauté.

Dans le prochain article, il me reste à citer « L’Église, la Réforme et la Civilisation » du grand P. Leonel Franca.


Extrait d’après http://tfp-france.org/25769/luther-non-et-non

(1) La maison des luthériens à Rome, la Christuskirche, a accueilli le pape François le dimanche 15 novembre 2016 : avant lui, Jean-Paul II y était allé en 1983, premier pontife (dit-on) à entrer dans une Église luthérienne, et Benoît XVI en 2010.


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