Ce n'est pas modèle contre modèle, mais processus contre processus. par Scrutator Sapientiæ 2016-01-01 17:42:48 |
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Bonjour et bonne année, Aigle.
Je pense ici au contexte français.
1. Je me trompe peut-être, mais à mon avis,
- ce n'est pas avant tout ni seulement une question d'opposition entre deux modèles statiques, l'un démocratique, l'autre théocratique,
mais
- c'est avant tout une question d'opposition entre deux processus dynamiques,
a) le processus de laïcisation donnant vraiment l'impression d'être déclinant, sauf contre le christianisme, notamment catholique,
b) le processus d'islamisation donnant vraiment l'impression d'être ascendant, notamment pour des raisons d'ordre démographico-confessionnelles, mais aussi parce que des pays musulmans ont des moyens d'acheter de la dette de la France et de vendre du pétrole à la France, ou des moyens d'investir en France, avec l'accord, ou à la demande, d'un Etat officiellement laïc.
2. Je crois vraiment qu'il y a une opposition fondamentale entre la laïcité à la française, telle qu'elle a été comprise pendant un peu moins ou un peu plus d'un siècle (1871-1988), et ce que nous subissons depuis la fin des années 1980 (Creil) ou le début des années 1990 (Maastricht), à savoir à la fois une tendance au multiculturalisme et une tendance au supranationalisme.
3. A mon avis, il ne faut pas être contre la laïcité, dès lors que celle-ci ne débouche ni sur de l'autoritarisme et du sécuritarisme dans l'Etat, ni sur des communautarismes et des identitarismes, dans la société, mais il faut être contre le sécularisme, en tant que modèle, ou la sécularisation, en tant que processus, et force est de constater, dans le contexte français, que les partisans et promoteurs de ce modèle et de ce processus ne semblent nullement opposés à l'islamisation de l'esprit public ou, en tout cas, du corps social.
4. "Tradis de tous les pays unissez-vous", écrivez-vous, mais encore faudrait-il qu'ils puissent, sachent, veuillent s'unir, à peu près de la même manière,
- non seulement CONTRE telle ou telle tendance, notamment législative, à mépriser ou à négliger un point de vue, plus ou moins commun aux principales religions et traditions croyantes, sur telle réforme découlant ou relevant d'une question de société,
- mais aussi POUR une conception, là aussi, plus ou moins commune, du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine, alors que la conception, médiatiquement et mondialistement correcte, du "croire-ensemblisme" et du "vivre-ensemblisme", a plutôt tendance à ne pas faire bon accueil à la conception catholique du bien commun, de la loi naturelle, et de la personne humaine.
5. Je termine ce message sur la double remarque suivante : il est absolument impératif que les uns et les autres redécouvrent la primauté légitime de la raison individuelle sur les passions identitaires, et redécouvrent le fait que la liberté, l'égalité, la fraternité, dans ce qu'elles devraient pouvoir avoir de plus responsabilisant, sont bien plus défigurées que concrétisées par le libertarisme, l'égalitarisme (notamment culturel), le fraternitarisme, qui règnent ou sévissent depuis le milieu des années 1970.
6. Je veux dire par là que si les uns et les autres bénéficiaient d'une conception plus éclairante et plus exigeante de la démocratie, de la république, de la laïcité, une conception plus édificatrice et responsabilisante, et moins émancipatrice et libératoire, vis-à-vis du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine, nous n'en serions probablement pas là où nous en sommes aujourd'hui.
Mais je rêve tout éveillé.
Bonne journée et bonne année.
Scrutator.
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