Le refus de parler de la 3° route, iréniste, n'est pas anodin. par Scrutator Sapientiæ 2015-12-16 08:17:12 |
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Rebonjour à Aigle,
1. La question qui constitue le titre de votre message est celle-ci : "De qui parle-t-il ? Je suis amené à ajouter cette question : "De qui ne parle-t-il pas ?"
2. Or, le refus, épiscopal ou pontifical, de parler de la troisième route, iréniste jusqu'à la lénifiance, bienveillante jusqu'à la complaisance, n'est ni anodin, ni innocent, alors que cette troisième route est la plus souvent empruntée par les hommes d'Eglise, depuis 1945, et alors que, le temps ayant fait son oeuvre, depuis bientôt trois quarts de siècle, nous ne pouvons plus ni dire, ni faire, comme si nous ne savions pas où mène ce mauvais chemin : à l'auto-censure consensualiste, à la désactivation fraternitaire, de pans entiers de la Foi catholique, voire à la fadeur ou à la tiédeur doctrinale, spirituelle, liturgique, pastorale.
3. Je trouve que c'est cela qui est de plus en plus intéressant, mais aussi de plus en plus préoccupant, depuis le début du pontificat actuel : les déficits ou omissions d'expressions ne sont presque jamais situés, là où ils sont situés, d'une manière aléatoire. Comment se fait-il que certaines expressions, mais aussi certaines omissions, du Pape qui parle autant du "Dieu des surprises" soient devenues, à ce point là, prévisibles, et non surprenantes, c'est-à-dire à la fois anticipables et identifiables ?
4. Il y a ce dont on parle, et il y a ce dont on ne parle pas, ou, si vous préférez, il y a ce que l'on dit, et il y a ce que l'on tait ; or, de même que ce que l'on dit n'est presque jamais dit par hasard, de même, ce que l'on tait n'est presque jamais tu par hasard.
5. Je n'ose imaginer, en effet, que ce soit à cause d'un oubli accidentel réitéré, qui serait, inconsciemment et involontairement, reproduit et retransmis, de décennie en décennie, depuis le milieu du XX° siècle, que tant de clercs refusent de parler fréquemment de ce que j'appelle ici la troisième route, alors que le problème dont le parle ici se voit comme le nez au milieu de la figure, à moins que ce ne soit comme le culte de l'homme au milieu de Gaudium et Spes.
6. Je précise pour finir que la troisième route à laquelle je fais allusion ici diffère quelque peu de la troisième route, réformatrice ET sanctifiante, qui n'est ni assimilable à de "l'intégrisme", ni équivalente à du "progressisme" : la troisième route à laquelle je fais allusion ici est celle du confort relationnel avec les non catholiques, les non chrétiens, les non croyants, et avec les représentants ou les responsables, notamment médiatiques et politiques, du monde contemporain.
Bonne journée.
Scrutator.
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