Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

Biber (III): Missa Christi resurgentis
par baudelairec2000 2015-10-15 21:29:43
Imprimer Imprimer

Après la Missa Salisburgensis et la Missa Bruxellensis, place à la Missa Christi resurgentis, destinée à célébrer, comme son titre l'indique, la fête de Pâques.

" Tirant tout le parti possible de l'acoustique de la cathédrale de Salzbourg, elle utilise largement la répartition des musiciens en groupes dialoguant entre eux aux quatre coins de l'édifice."


La Missa resurgentis (Messe du Christ ressuscité) était probablement destinée à la cathédrale de Salzbourg et elle fut créée pour les fêtes de Pâques 1674. La cathédrale, construite entre 1614 et 1628, "est, nous l’avons déjà vu, le symbole du pouvoir et de la gloire des princes-archevêques de Salzbourg, qui dominaient la vie religieuse et séculière de la ville et de sa province." Biber entra au service du Prince -archevêque Maximilien Gandolph von Khuenberg en 1670, et, pendant les 34 années qu'il passa à la cour de Salzbourg, il en gravit tous les échelons; vice-maître de la chapelle en 1679, il fut nommé maître de chapelle en 1684. Pendant cette période, il publia plusieurs recueils de musique instrumentale, dédiés au prince –archevêque.

Si cette facette de son talent est maintenant bien connue, il n’en va pas de même pour sa musique vocale. Il composa 8 Messes et 2 Requiem, beaucoup de musique pour les Vêpres et de nombreuses œuvres sacrées de moindre envergure. Il est plus vraisemblable que toute cette production était prévue pour être exécutée dans l’une des nombreuses églises de Salzbourg, voire à la cathédrale où Biber, responsable de l’éducation musicale des garçons de la maîtrise de la cathédrale, voyait ses talents de compositeur souvent sollicités à l’occasion des festivités marquant des événements importants.

"L'enregistrement, précise Andrew Manze, dont nous proposons la version, eut lieu à Londres, à l'église Temple Church qui, bien que moins monumentale que la cathédrale de Salzbourg, n'en possède pas moins une acoustique qualitativement comparable. En plaçant les quatre choeurs principaux - deux groupes de chanteurs, un groupe d'instrumentistes à cordes et un groupe d'instrumentistes à vent - aux quatre coins d'un carré imaginaire, nous avons réussi à recréer l'impression de grandeur de Salzbourg sans perdre en netteté, un danger fréquent dans l'interprétation des oeuvres polychorales de Biber." Sur des gravures salzbourgeoises du XVIIe siècle, on peut voir des musiciens en action sur les quatre tribunes d’orgue, pendant la messe. Cette disposition aux quatre coins de l'édifice a pour effet de renforcer l'effet des passages musicaux où l'ensemble se subdivise en petits groupes dialoguant entre eux (procédé de l'antienne). Presque toute la musique écrite pour être exécutée à la cathédrale utilise largement cette technique. La Missa Christi resurgentis ne fait pas exception: deux choeurs à quatre voix, plus une basse supplémentaire, se lancent souvent dans des passages en répons mais s'unissent parfois pour former un seul choeur. A l'instar des choeurs vocaux, les deux choeurs instrumentaux - cordes et cuivres - tantôt s'affrontent en répons, tantôt se réunissent pour former une masse instrumentale plus fournie.

De fait, les instruments sont particulièrement présents dans cette Messe. L'exubérante sonate instrumentale d'ouverture donne l'atmosphère générale de l'oeuvre. On retrouve dans la plupart des mouvements des duos de trompettes ou de cornettis (cornets à bouquin). Quant aux duos de violons du "Gloria" et du "Benedictus", ils brillent de virtuosité (n'oublions pas que Biber était violoniste, un violoniste virtuose). A plusieurs reprises, des passages pour trois voix de basse violistes attirent l’attention. La raison de ce choix inusité est un mystère. L’éventuelle symbolique trinitaire sous-jacente reste encore à prouver. Le "Christe eleison" et, plus inhabituel, le "et resurrexit" du "Credo" sont particulièrement remarquables.

Les parties instrumentales manuscrites de cette messe sont conservées dans le splendide château baroque de Kremsier (Kromeritz, aujourd'hui en République Tchèque) que Biber quitta précipitamment en 1670. Là, il avait passé plusieurs années au service de l’évêque Karl Liechtenstein-Kastelkorn.

L’enregistrement de Manze comporte également la Sonata à 6 en ut majeur dont le manuscrit est lui aussi conservé à Kromeritz, ainsi que 4 sonates extraites du recueil Fidicinium sacro-profanum (« Musique sacrée et profane pour cordes », 1682) largement inspiré par son maître Schmelzer (1623-1680), premier violoniste de la Chapelle Impériale. Nous aurons à en reparler lors d'un prochain volet de l'oeuvre si riche de ce compositeur.



Nous avons donc retenu comme version, la seule disponible à notre connaissance, l'enregistrement du violoniste Andrew Manze, qui dirige ici l'English Concert et le Choeur de l'English Concert (Harmonia Mundi, 2005).

c'est par ici et c'est très beau

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 Biber (III): Missa Christi resurgentis par baudelairec2000  (2015-10-15 21:29:43)
      Merci ! par Jean-Paul PARFU  (2015-10-15 22:10:50)
      Oui, merci. par Rémi  (2015-10-16 13:40:41)
          merci à Parfu et à Rémi par baudelairec2000  (2015-10-16 22:57:19)


117 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]