De Pie XII à François : Le Cardinal Ruini évoque la continuité du Magistère par Chicoutimi 2015-10-09 07:52:57 |
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[Ceci est une traduction française d'un texte anglais de Catholic News Agency]
Le Cardinal Ruini évoque la continuité du Magistère
8 octobre 2015
"Le Cardinal Camillo Ruini, qui a été ordonné prêtre pour le diocèse de Rome quand le vénérable Pie XII était pape, a souligné dans une récente interview qu'il a expérimenté la continuité des Papes, de Pacelli à Bergoglio.
"Je n'ai aucune difficulté à reconnaître qu'il y a des différences, certaines d'entre elles étant même significatives, entre le Pape François et ses plus proches prédécesseurs. J'ai collaboré pendant vingt ans avec Jean Paul II, puis brièvement avec Benoît XVI: il est naturel pour moi de partager leurs sensibilités. Mais je voudrais ajouter quelque chose. Les éléments de continuité sont beaucoup plus importants que les différences."
"C’est depuis mes études lycée que j'ai appris à voir dans le pape d'abord la mission du successeur de Pierre et seulement accessoirement la personne spécifique ; et pour rejoindre complètement mon cœur, en plus de mes mots et mes actions, au pape. Lorsque Jean XXIII succèda à Pie XII, les changements n'étaient pas moins grands. Pourtant, même alors, j'ai eu la même attitude." Le Cardinal Ruini a déclaré cela au quotidien italien Corriere della Sera le 4 octobre.
"Il est vrai que les différences ne sont pas justes une question de style. Mais ils ne touchent pas à la mission principale et au fondement visible de l'unité de la foi et de la communion de l'Église entière... Le Pape François lui-même a commenté, un certain nombre de fois, que ce qu'il fait est simplement d'être fidèle à l'Évangile, ne possédant ne pas une position idéologique."
Le Cardinal Ruini est le vicaire général émérite du diocèse de Rome; il a occupé ce poste de 1991 à 2008. Il a parlé au Corriere, peu de temps après qu’un prêtre polonais - travaillant à la Curie romaine – ait fait sa sortie comme "gay" et ait été licencié après avoir demandé un changement dans l’enseignement de l’Église sur les actes homosexuels.
Le prêtre, Mgr Charamsa, avait affirmé que l'exigence de l'Église pour les homosexuels, de vivre une vie d'abstinence, est "inhumaine".
Le Cardinal Ruini a répondu que "en tant que prêtre, moi aussi j'ai l'obligation de l'abstinence, et avec plus de 60 ans de sacerdoce je ne me suis jamais senti moi-même déshumanisé, ou privé d'une vie d'amour, qui est quelque chose de beaucoup plus grand que l'exercice de la sexualité."
Tandis que "l’on entend beaucoup parler" d’un prétendu "lobby gay" au Vatican, il répond que "personnellement, je n'ai aucun moyen de parler de ce lobby gay, et je ne voudrais pas calomnier des personnes innocentes," ajoutant que "s'il est vrai qu’il existe, c'est une triste chose qui a besoin d'être nettoyée."
Puis, le cardinal s’est prononcé sur le discours du Pape François du 28 juillet 2013, lors du vol de Rio de Janeiro à Rome, où il a fait la distinction entre les personnes ayant des tendances homosexuelles et ceux qui font des pressions pour la reconnaissance des actes homosexuels et des relations, et où il a déclaré que "si quelqu'un est gay et cherche le Seigneur, et est de bonne volonté, alors qui suis-je pour juger?"
"Ce sont peut-être les paroles du Pape François les plus mal comprises" a commenté le Cardinal Ruini. "C'est un précepte de l'Évangile : ne jugez pas sauf si vous désirez être jugé – que nous devons appliquer à tous, y compris évidemment aux homosexuels, et qui nous oblige à avoir du respect et de l'amour pour tous. Mais le Pape François s'est clairement exprimé à plusieurs reprises à l'encontre du mariage entre personnes du même sexe."
Là, le cardinal a affirmé que le Pape François est souvent exploité dans les médias à des fins idéologiques. "Que certaines positions du pape soient soulignées et d’autres passées pratiquement inaperçues, est plus qu'un risque ; c'est un fait."
Le Cardinal Ruini a exprimé son opposition à la légalisation des unions homosexuelles, disant que cela "ignore la différence et la complémentarité entre l'homme et la femme, qui est fondamentale, non seulement au niveau physique, mais aussi du point de vue psychologique et anthropologique. L'humanité, à travers les millénaires, a connu la polygamie et la polyandrie, mais ce cas de mariage entre personnes du même sexe est une nouveauté absolue : une vraie rupture qui est contraire à l'expérience et à la réalité. L'homosexualité a toujours existée ; « mais personne ne pensait jamais en faire un mariage."
L'entrevue a ensuite portée sur la pastorale des divorcés-remariés, avec Aldo Cazzullo, du Corriere, lui demandant s’il est possible de les admettre à la Communion.
"Non. Les divorcés-remariés ne peuvent être réadmis à la Communion ; non pas à cause de leur culpabilité personnelle particulièrement grave, mais en raison de l'état dans lequel ils sont objectivement », a répondu le cardinal. "Le mariage précédent en fait continue d'exister, car le mariage sacramentel est indissoluble, comme l’a dit le Pape François sur son vol de retour des États-Unis. Donc, avoir des relations sexuelles avec une autre personne serait objectivement un adultère."
Interrogé sur les nouvelles normes concernant le processus d'enquête de la possible nullité d'un mariage, présenté par le Pape François en août, le Cardinal Ruini a dit que la seule façon d’affaiblir le lien ou d’introduire une sorte de "divorce catholique" est "si les nouvelles dispositions ne sont pas appliquées d'une manière responsable. Ce qu’il faut tout d'abord c’est améliorer la préparation des juges".
"Introduire subrepticement une sorte de divorce catholique serait vraiment hypocrite, très dommageable à l'Église et à sa crédibilité. « Mais la décision du Pape François, pour lequel beaucoup d'entre nous, moi y compris, espéraient, n'a rien à voir avec ce genre d'hypocrisie."
Concernant la question de la relation entre la foi de ceux qui se marient et le sacrement du mariage, le Cardinal Ruini a commenté que « le Pape Benoît XVI, tout en étant convaincu que la foi est nécessaire pour le mariage sacramentel, comme pour n'importe quel sacrement, a été très prudent dans l'élaboration de ce principe de conséquence pratique. Même le Pape François s'est borné à indiquer qu'un manque de foi est l'une des circonstances qui pourrait permettre le processus bref devant l'évêque, lorsque ce manque de foi génère une simulation de consentement, ou une erreur qui détermine la volonté."
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