La tentation de dénaturer le catholicisme provient-elle du Malin ? par Scrutator Sapientiæ 2015-09-16 08:35:42 |
|
Imprimer |
Bonjour Chicoutimi,
1. La tentation de démanteler ou de dénaturer, ne serait-ce qu'en partie, le christianisme catholique, tentation qui semble vraiment être celle à laquelle ont succombé, depuis déjà quelques décennies, ceux qui sont aujourd'hui, parmi les docteurs et les pasteurs, les principaux serviteurs ou "supporters" du Pape François, est-elle inspirée par le Malin ?
2. On est vraiment en droit de se poser la question, compte tenu des arguments et des procédés des théologiens et des évêques
- qui se positionnent plutôt pour le positionnement spécifique au Pape François, ou attribué à lui, ou escompté de lui, sans qu'il semble s'en dissocier formellement, sur un certain type de sujets,
- qui se sont positionnés ou se positionnent plutôt contre le positionnement de Jean XXIII, de Paul VI, de Jean-Paul II, ou de Benoît XVI, sur le même type de sujets.
3. Prenons par exemple trois lettres encycliques de Paul VI : Mysterium fidei, Sacerdotalis Caelibatus, Humanae vitae, et posons-nous la question suivante : ceux qui se disent à la fois
- plutôt contre le contenu de ces trois lettres encycliques
et
- plutôt pour le contenu des positions propres au Pape François
se rendent-ils bien compte du fait qu'ils attribuent pour ainsi dire au Pape actuel une volonté de mettre en place dans l'Eglise une pastoralité anti-normative ou post-normative, une pastoralité sans normativité régulatrice et surplombante, sur des questions de Foi, de moeurs, de sacrements, une pastoralité qui n'a jamais été formellement voulue par aucun Pape de l'avant-Concile, du Concile, de l'après-Concile ?
4. Si, au surplus, ces clercs amoindrisseurs ou démanteleurs de "coordonnées" et de "paramètres" constitutifs de l'identité et de l'intégrité du christianisme catholique, ne sont jamais contredits, ou jamais démentis, par le Pape François, alors qu'ils ont plutôt tendance à faire croire ou à laisser entendre que leur attitude est permise, sinon voulue, par le Pape actuel, comment ne pas se poser de questions sur le sens de ce pontificat ?
5. Je n'ignore pas qu'il est dangereux de croire que l'on peut se promener dans le Magistère comme dans une "grande surface" et y faire son marché, y "acheter" tel produit, y "délaisser" tel autre, en fonction de sa "sensibilité", ou de la croyance selon laquelle un texte, réputé "orthodoxe", en contredit un autre, tenu pour "hérétique".
6. Mais il me semble vraiment que l'Eglise CATHOLIQUE va devoir faire un choix, quitte à ce que ce choix soit officialisateur d'un schisme intérieur qui est déjà présent, à l'état latent, au moins depuis...le début de la troisième session du Concile Vatican II.
Pour le dire rapidement, il va sans doute falloir choisir
- entre la survalorisation, fréquemment partisane, restrictive ou sélective, et tendancieuse, du contenu de textes tels que Ecclesiam suam ou Gaudium et Spes,
- et la réception, la transmission, dociles, honnêtes, loyales, du contenu de textes tels que Lumen gentium ou Veritatis splendor.
Porteuse d'une pastoralité sans normativité, celle-ci n'ayant pas à être asservissante, mais ayant à être VRAIMENT inspiratrice, l'Eglise catholique s'expose en permanence au risque de confondre en son sein la grâce de plaire au Père avec la "grâce" de plaire au monde.
Bonne journée.
Scrutator.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|