Une tentative de compréhension de cette phrase... par Signo 2015-08-17 22:14:41 |
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" 121. Le développement d’une nouvelle synthèse qui dépasse les fausses dialectiques des derniers siècles reste en suspens. Le christianisme lui-même, en se maintenant fidèle à son identité et au trésor de vérité qu’il a reçu de Jésus-Christ, se repense toujours et se réexprime dans le dialogue avec les nouvelles situations historiques, laissant apparaître ainsi son éternelle nouveauté"
Je comprends la notion de fausse dialectique, par un dialogue, un débat, donc une opposition dont les présupposés seraient faux:
-d'un côté, l'Homme, dont le plein épanouissement ne pourrait être obtenu que dans l'exclusion de Dieu;
-de l'autre, une conception du monde donnant le primat à Dieu, mais dont les défenseurs de la première thèse pensent que ce primat ne peut se réaliser que dans la négation de l'Homme.
D'où la notion de fausse dialectique, pouvant être dépassée par une synthèse refusant le postulat selon laquelle Homme et Dieu devraient s'exclure l'un l'autre; il s'agit donc d'une synthèse qui s'effectue non par fusion de deux idées égales, mais par dépassement d'une idée incomplète ou incomplètement exprimée: celle de l'humanisme occidental. Cette recherche d'une synthèse nouvelle pourrait partir de la réalité suivante: L'Homme ne peut réaliser son humanité que dans la relation à Dieu. Depuis l'Incarnation, Dieu et l'Homme, réconciliés dans le Sang de l'Agneau, ne peuvent plus être opposés. Cette réalité pourrait être le fondement d'un authentique humanisme chrétien, c'est à dire, en réalité, un humanisme théocentrique.
Autrement dit, pour réaliser ce que voulait Dom Helder Camara, servir l'Homme, il faut mettre en pratique la devise de saint Pie X: Omnia instaurare in Christo.
La particularité des idées modernes est de n'être pas des hérésies au sens strict comme autrefois, mais des idées dont l'on modifie le sens en les pervertissant: c'est le cas de l'égalité, de la liberté, de la fraternité, valeurs non perverses en elles-mêmes, mais perverses dans le sens qu'on leur donne à notre époque. Un dépassement synthétique pourrait nous amener à dire: oui, ces valeurs sont bonnes, mais pas dans le sens que vous leur donnez.
On ne peut en outre que se satisfaire que cette phrase trouve un très traditionnel équilibre entre la fidélité à l'identité et à la vérité, et la nécessité de s'enraciner dans des contextes historiques et culturels variables, auxquels il faut s'adapter pour transmettre la foi chrétienne. La grande question qui se pose est de définir jusqu'à quel point le christianisme peut-il (doit-il) s'adapter aux différents contextes sans perdre son identité profonde, sans se dénaturer... Grande question!
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