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"Prêtre, un métier à risque"
par Jean Kinzler 2015-08-03 11:29:26
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Le père Francis Giret: "Prêtre, un métier à risque"
Le père Fabrice Giret a été nommé l'an dernier, à la paroisse de Sainte-Jeanne-Élizabeth en Montmorillonnais. Témoignage d'un curé de campagne.

Pas encore 50 ans et toujours animé par une foi chevillée au corps du Christ. Ancien agriculteur, le père Fabrice Giret est robuste et ne compte ni son temps ni son énergie pour aller porter la parole de l'Évangile dans cet immense territoire dont il a la responsabilité. La paroisse Sainte-Jeanne-Élizabeth en Montmorillonnais regroupe 44 communes et un territoire impressionnant: quatre-vingts kilomètres sur quarante. De Nalliers à Pressac et de Verrières à Lathus. Un vrai sacerdoce. Pour quelques centaines d'euros mensuels et un mois de vacances annuelles.
Une heure par jour pour prier
C'est inscrit dans le droit canonique. Le père Giret s'est octroyé quelques jours seulement, en Creuse, pour se « ressourcer seul », puis a visité sa famille dans le bocage bressuirais. Une façon de faire le point sur sa foi. Chaque jour, il s'impose une ligne de vie spirituelle en prenant une heure « pour prier », « méditer ».
Dans de nombreux domaines, la société évolue. L'église n'est pas à côté de ce changement: « Nous avons une mutation à vivre, estime Fabrice Giret, le ministère du prêtre est en mutation. Il faut tenir compte de ce que les gens attendent du curé classique. » Le père Giret ne porte pas la soutane: « elle n'est pas significative », dit-il, « elle n'est pas plus parlante qu'un autre habit. » L'habit n'a jamais fait le moine, particulièrement dans ce cas de figure. L'ecclésiastique ne semble pas attirer par l'institution, le statut l'importe peu: « Ce qui m'intéresse, confesse-t-il, ce n'est pas le respect qu'on aura pour moi mais que le baptisé prenne au sérieux l'engagement de son baptême et vive sa foi au coeur même de ce monde. »
Le père Giret n'hésite pas à appliquer cette ligne de conduite en se fixant des objectifs pour être à l'écoute des autres. Pour vivre cette proximité avec les habitants, il a décidé de s'installer « trois ou quatre jours dans chaque communauté chrétienne locale et au coeur de la société civile ». Il dort parfois dans le presbytère. Sachant que la paroisse compte dix-huit communautés locales, l'emploi du temps du curé de Montmorillon est rempli pour plusieurs mois. Il n'est, cependant, pas tout seul pour exercer ce mystère: deux autres prêtres en activité l'épaulent et quatre autres, en retraite, assurent des services.
La charge reste lourde. Outre ces rencontres, il faut assurer les messes, les mariages, les baptêmes et toute la partie administrative. Le père Giret prend sa casquette de directeur, cumulant cette fonction avec les finances. Un vrai casse-tête. L'église vit des dons de ses fidèles. Sur les sept presbytères, deux sont paroissiaux, charge à laquelle il faut ajouter le coût des flux énergétiques des quarante-sept églises (chauffages, électricité, eau). Comptablement difficile: « Nous avons appris à vivre modestement. » Ce qui ne préserve en rien la santé de ces hommes d'église: « Prêtre, c'est un métier à risque, prétend le père Giret, il y a beaucoup de burn-out. » Fabrice Giret n'est pas arrivé à ce stade-là. Dieu le protège, peut-être.centre-presse.fr

     

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 "Prêtre, un métier à risque" par Jean Kinzler  (2015-08-03 11:29:26)
      Comme c'est curieux par Castille  (2015-08-03 19:52:13)


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