Retour important sur le "crucifix communiste" par Meneau 2015-07-21 19:48:51 |
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Lors de la conférence de presse donnée au retour de son voyage apostolique en Equateur, Bolivie et Paraguay, un journaliste est revenu sur le cadeau de Morales au pape
Question (Aura Vistas Miguel) : Sainteté, qu’avez-vous éprouvé quand vous avez vu cette faucille et ce marteau avec le Christ dessus, offert par le Président Morales ? Et où est passé cet objet ?
Réponse : C’est curieux, je n’étais pas au courant de cela, et je ne savais pas non plus que le père Espinal était sculpteur et poète. Je l’ai appris ces jours-ci. Je l’ai vu, et pour moi ça a été une surprise. Deuxièmement, on peut qualifier cela comme un genre d’art protestataire. Par exemple, il y a quelques années à Buenos Aires, une exposition d’un bon sculpteur argentin, créatif, a été réalisée – il est mort à présent – : c’était un art protestataire, et je me souviens d’une œuvre qui était un Christ crucifié sur un bombardier qui descendait. C’était une critique du christianisme lié à l’impérialisme, qui était le bombardier. Premier point, donc, je ne savais pas. Deuxièmement ; je le qualifie d’art protestataire, qui, dans certains cas, peut être offensant, dans certains cas. Troisièmement, dans ce cas concret : le Père Espinal a été tué en 1980. C’était le temps où la théologie de la libération avait beaucoup de courants divers ; l’un d’eux faisait une analyse marxiste de la réalité, et le Père Espinal en faisait partie. Cela, oui, je le savais, parce qu’à ce moment-là j’étais Recteur de la Faculté de Théologie, et on parlait beaucoup de cela, des différents courants et de ceux qui en étaient les représentants. La même année, le Père Général de la Compagnie de Jésus, le Père Arrupe, a écrit une lettre à toute la Compagnie sur l’analyse marxiste de la réalité dans la théologie, arrêtant un peu ça, en disant, non, ça ne va pas, ce sont des choses différentes, ça ne va pas, ce n’est pas exact. Et quatre ans plus tard, en 1984, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi publie le premier petit livret, la première déclaration sur la théologie de la libération, qui critique cela. Ensuite vient le second, qui ouvre des perspectives plus chrétiennes. Je simplifie. Faisons l’herméneutique de cette époque. Espinal est enthousiaste de cette analyse marxiste de la réalité, mais aussi de la théologie, en utilisant le marxisme. L’œuvre est venue de cela. Les poésies d’Espinal également sont de ce genre protestataire : c’était sa vie, c’était sa pensée, c’était un homme particulier, avec un grand génie humain, et qui luttait de bonne foi. En faisant une herméneutique de ce genre je comprends cette œuvre. Elle n’a pas été une offense pour moi. Mais j’ai dû faire cette herméneutique et je vous en fais part pour qu’il n’y ait pas d’opinions erronées. Maintenant, cet objet je l’emmène avec moi, il vient avec moi. Vous avez peut-être entendu que le Président Morales a voulu me donner deux décorations : l’une est la plus importante de la Bolivie, et l’autre est de l’Ordre du Père Espinal, un Ordre nouveau. Cela étant, je n’ai jamais accepté de décoration, je n’en n’ai pas envie… Mais il l’a fait avec tant de bonne volonté et avec le désir de me faire plaisir. Et j’ai pensé que cela venait du peuple de Bolivie. J’ai prié et j’ai pensé : si j’emmène ces décorations au Vatican elles iront dans un musée et personne ne les verra. Alors j’ai pensé les laisser à la Vierge de Copacabana, la Mère de la Bolivie, et elles iront au sanctuaire de Copacabana, à la Vierge. En revanche, le Christ, je l’emporte avec moi. Merci.
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