Mgr Léonard pourrait s'exiler hors de Belgique par Jean Kinzler 2015-06-02 09:09:18 |
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La démission de Monseigneur Léonard, présentée le 6 mai dernier au pape François, a été acceptée par le souverain pontife. Mais que fera-t-il ensuite?
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Lorsque le pape aura nommé un successeur à Mgr Léonard, celui-ci pourrait quitter la Belgique, a fait savoir l’archevêque lundi dans une interview avec Ring-TV, la télévision locale de Hal-Vilvorde, en marge d’une visite à une école de Dilbeek. Mgr André-Joseph Léonard s’attend toutefois à ce que la procédure pour la nomination de son successeur prenne quelques mois.
«Je vais rester actif après, mais pas dans le diocèse de Namur ou de Malines-Bruxelles. Et peut-être même pas en Belgique. Je prévois d’aller vivre ailleurs et continuer à travailler comme évêque, si possible», a déclaré Mgr Léonard dans une interview avec Ring TV, sans préciser sa future destination.
Selon Geert De Kerpel, rédacteur en chef du magazine catholique flamand Tertio, La rapidité avec laquelle le Vatican a accepté la démission de Mgr André-Joseph Léonard révèle sa volonté de lui trouver rapidement un successeur.
«Il n’a pas été l’homme de la réconciliation»
André-Joseph Léonard n’a laissé personne indifférent, analyse-t-il par ailleurs. «Il avait ses partisans et ses opposants, et peu de personnes entre les deux. Ce qui est peut-être dommage, car un évêque doit aussi être un ‘pontifex’, un bâtisseur de ponts. Sur ce plan, Léonard n’aura pas été l’homme de la réconciliation.»
Geert De Kerpel considère néanmoins l’archevêque de Malines-Bruxelles comme un «homme de compassion», avec qui l’on peut avoir des divergences d’opinion sans se fâcher.
«Quand bien même je ne partage pas les idées de Léonard, comme celles sur le mariage homosexuel, j’ai appris à connaître un homme aimable et chaleureux», prolonge Rik Torfs, professeur de droit canon et recteur de la KU Leuven. «Il était ouvert au débat, même s’il ne changeait pas d’avis. Mais je pense qu’il vaut mieux un homme chaleureux dont on ne partage pas l’avis qu’un homme dont on partage les idées mais dont la personnalité est désagréable.»
Des propos polémiques
Rik Torfs admet toutefois que Mgr Léonard en a irrité plus d’un par ses «propos stigmatisants sur la sexualité».
En tant qu’archevêque, il est parvenu à réduire la distance entre la base et le sommet de la hiérarchie en visitant les paroisses, estime le théologien. Mais son choix d’attirer les séminaristes étrangers a provoqué pas mal de réticences. «Je pense que cela ne fonctionne pas si le prêtre n’est pas en contact avec ses paroissiens.»
En ce qui concerne le scandale de la pédophilie au sein de l’Église, Rik Torfs juge la gestion de l’archevêque «correcte». «Léonard a directement été confronté à l’affaire Vangheluwe. Et même s’il a beaucoup délégué aux évêques Bonny et Harpigny et s’il aurait pu occuper davantage le devant de la scène, il a bien géré la situation. D’un autre côté, un dossier qui remonte au temps où il était encore évêque de Namur a récemment ressurgi et montre que la ‘vieille culture ecclésiale’prévalait alors. Cette affaire (au terme de laquelle Mgr Léonard a été condamné à verser un dédommagement de 10.000 euros à Joël Devillet, la victime d’un abbé pédophile, NDLR) n’a certainement pas fait du bien à son image.»
Son successeur adoptera probablement un style différent, tout comme Léonard s’est distingué du cardinal Danneels, avance le rédacteur en chef de Tertio, Geert De Kerpel. «Il y a eu un grand changement entre Danneels et Léonard, mais aussi entre Suenens et Danneels. Disons qu’à chaque fois le musicien change, tandis que la composition, la partition, reste la même. Les différences entre Danneels et Léonard étaient plus une question de style que de contenu. Tous les deux exprimaient le point de vue de l’Église catholique romaine, mais chacun à sa manière.»
D’après M. De Kerpel, le nom du prochain primat de Belgique devrait être connu d’ici le synode des évêques d’octobre étant donné que les évêques belges se sont vus accorder un délai supplémentaire pour désigner leur représentant à cette importante réunion ecclésiale. «Moins d’un mois s’est déroulé entre la présentation de sa démission par l’archevêque Léonard le 6 mai et l’acceptation de cette démission aujourd’hui, le 1er juin. Cela montre la volonté du Vatican de lui trouver rapidement un successeur.»lavenir.net
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