"Tes pères et mères honorera afin de vivre longuement" par Jean Kinzler 2015-05-07 22:59:07 |
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Elle met en place un plan longuement médité dont la première phase s'achèvera lorsque le Front national, face aux nouveaux Républicains et face aux archéo-Socialistes aura décidé d'appeler le Parti Les Patriotes. Plus question de ce vieux mot de "parti" qui dit tellement clairement (trop clairement) ce qu'il est : une division de la nation. Plus question de nation ou de national : la patrie et les patriotes entrent et font entrer ceux qui s'en réclament dans la grande geste de la Révolution dite française comme l'appelait temporibus illis mon prof de Spiritualité à Ecône (un Italien respectueux de l'identité spirituelle de la France). La nation, elle, demeure suspecte.
Marine Le Pen, au nom d'un refus de l'antisémitisme forcément bien venu, applique froidement un plan concerté, qui n'est d'ailleurs sans doute pas le sien. Sur la route du Nouveau Front (Marion dixit), elle rencontre la statue du commandeur, son père vêtu de rouge. Telle Don Juan, elle accepte son défi. Elle en accepte aussi la médiatisation. Elle est prête à cette opération typique de tous les mâles du monde mais qui n'est guère féminine : tuer le père. Comme dit Jean-Claude Martinez, au nom de l'anti anti-sémitisme, elle se déclare prête à passer au dessus de la grande loi des juifs, le Décalogue, reçu par Moïse sur le Mont Sinaï. Le quatrième commandement est pourtant sans réplique : "Tes pères et mères honorera afin de vivre longuement sur la terre que l'Eternel t'a donné". Ironie de l'histoire : ce commandement est le fondement du nationalisme d'Israël, bien vivant aujourd'hui. Et c'est au nom des Patriotes que Marine le transgresse publiquement. Comme si elle pouvait empêcher son père d'être son père. "Moi je tue Brutus" avait dit le Vieux en 1998 à propos de Bruno Mégret. Et cette fois ? N'assiste-t-on pas à un familicide ?
Le sens du Quatrième commandement est pourtant clair : on ne peut donner la terre à celui qui n'a pas respecté ses parents.
- Mais sont-ils toujours respectables? demanderez-vous peut-être. Le Pen a-t-il raison de continuer ses provocations au sein de sa propre famille?
On peut se poser toutes les questions.
Il me semble que n'importe quel étranger à la famille Le Pen se sentira loin et du père et de la fille en cette occurrence. Loin de la violence qui se dégage des propos et des actes des deux partis. Marine a souhaité se débarrasser de son vieux sans voir qu'il lui servait de paratonnerre. Désormais elle prendra seule et en pleine figure la foudre médiatique réservée à tous ceux qui "pensent différemment". C'est aussi une erreur de calcul. Le Vieux a souhaité que sa fille "épouse Alliot ou Philippot pour qu'elle change de nom". Au-delà de la plaisanterie qui n'est pas légère, c'est une sorte de reniement publique. Dans l'entourage du Menhir on entend : "Elle est pire que Mégret" (contre lequel elle avait à l'époque beaucoup poussé son père).
Que restera-t-il de ces imprécations? A l'évidence une décrédibilisation pour le Parti, qui aura montré une fois de plus son incapacité à s'élever au niveau d'un bien vraiment commun, en pataugeant dans le psychodrame familial. Les médias ont joué les pousse au crime, en relayant chaque parole du Vieux (à qui il aurait fallu interdire d'être lui-même). Il y a une sorte de naïveté à écouter ainsi les médias sans s'apercevoir qu'elles cherchent juste à faire du Sang pour faire du buzz. Nous sommes peut-être arrivés au clou du spectacle à effets très spéciaux que personne ne maitrise plus. Entre suicide politique et meurtre familial, le virtuel pourrait bien devenir réel.ab2t
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