On devrait accentuer le latin, les Italiens et les Espagnols ont de la facilité à le faire correctement.
Certainement.
Mais pour nous autres les accents corrects des plurisyllabes sont écrits expressément moyennant des diacritiques dans nos livres liturgiques. Ce que le latin ne fait pas normalement (contrairement au grec, qui à partir de l'époque hellénistique et notamment byzantine, écrivait ses diacritiques, pour les abandonner largement à nouveau à partir de 1982 **) :
Ainsi dans non missels nous lisons
Dómine, pas
Domine. Il ne faut évidemment pas dire
Domíne, ni
Dominé.
Il n'est donc pas trop difficile, avec un petit effort s'il le faut, d'accentuer correctement.
Autre chose est la prononciation correcte des voyelles et des consonnes, indépendamment de l'accent du mot. C'est déjà plus difficile.
En liturgie, ce fut la volonté de Saint-Pie X, cela devrait être la prononciation italienne, héritière de la romaine tardive. Cela a un sens. Comme la prononciation byzantine pour la liturgie grecque (qu'on n'utiliserait pas pour lire Platon, en principe).
Cependant, en Allemagne la prononciation italienne dans la liturgie ne fut jamais introduite de façon générale avant la seconde Réforme des années '60 (nous en avons eu deux, en 1517 et en 1965-69) et l'abandon total du latin qui a suivi. On prononçait tout à l'allemand, mais avec l'accent correctement mis, en principe, selon les lois de la prosodie, qu'on apprenait bien.
Aujourd'hui le clergé allemand "tradi" plus jeune prononce généralement à l'italienne (sans trahir toutefois ses racines teutoniques, l'aspiration des occlusives
nothamment, ce qui donne parfois des résultats surprenants).
En Pologne on prononce (prononçait) à la polonaise; en Espagne à l'espagnole.
En quelque sorte, cela a une tradition multiséculaire aussi, difficile à éradiquer.
Je n'ai rien contre une prononciation du latin plus locale, mais il faut respecter au moins les accents toniques de la langue, indiqués par les diacritiques. Sinon, cela devient vite incompréhensible.
Est-ce que cette accentuation de la dernière syllabe n'est pas, par ailleurs, typique de la langue d'oïl ? Je ne crois pas que le Midi parle de cette façon.
** En Grèce la question, comme toute question liée à la langue, est éminemment politique et politisée. Sans respect humain j'ai personnellement toujours refusé le "monotoniko sistima" qui ne garde que l'aigu. Le grave et le iota souscrit ont déjà été abandonnées dès les années soixante. C'est la désolation.
Seule l'Église grecque et le journal ESTIA, dans une certaine mesure, gardent encore un peu les (anciennes) formes.