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Messe traditionnelle : quand Küng, protestants et juifs voulaient son maintien
par Chicoutimi 2015-04-20 07:05:13
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On oublie parfois que, parmi ceux qui désiraient le maintien de "l'ancienne messe", il n'y avait pas que des catholiques. Il y eut même des protestants, des orthodoxes, des juifs et des agnostiques qui demandèrent son maintien. C'est ce que nous rappelle Yves Chiron dans sa biographie sur Paul VI :

« Une instruction de la Congrégation pour le Culte divin avait fixé au 28 novembre 1971 la date « à partir de laquelle on devra obligatoirement utiliser le nouvel Ordo Missae », exception faite pour les prêtres âgés ou malades. La disparition annoncée d’un rite séculaire suscita une initiative qui eut un grand retentissement.

Quelques mois avant la date fixée par cette instruction, un écrivain anglais, Bernard Wall, un professeur de l’université de Bologne, G. B. Pighi, et un professeur de l’université de Cologne, Marius Schneider, lançaient un appel au Saint-Siège en faveur d’un rite qui appartient « à la culture universelle non moins qu’à l’Église et aux fidèles » et lui demandaient de « bien vouloir considérer sa terrible responsabilité vis-à-vis de l’histoire de l’esprit humain, s’il refusait à la messe traditionnelle de vivre à perpétuité, fût-ce à côté d’autres formes traditionnelles ».

Ce manifeste fut signé d’une centaine d’écrivains ou d’artistes de tous pays, catholiques mais aussi protestants, orthodoxes, juifs ou agnostiques, parmi lesquels Agatha Christie, Graham Greene, Yehudi Menuhin, Jorge Luis Borges, Roger Caillois, Henry de Montherlant, Victoria Ocampo ou Augusto Del Noce. Cet appel, publié dans le Times de Londres puis dans d’autres journaux du monde, impressionna, dit-on, le pape. Néanmoins, comme à son habitude, il ne voulut point contredire la décision qu’avait prise une congrégation et s’en remit aux conférences épiscopales de chaque pays pour décider de l’opportunité de concessions.

C’est ainsi qu’en novembre 1971, le cardinal Heenan, archevêque de Westminster, autorisait la Latin Mass Society, affiliée à la Fédération internationale Una Voce, à utiliser l’ancien rite en « des circonstances particulières », qui restaient non définies. Cette autorisation fut accordée ensuite par tous les évêques d’Angleterre et du pays de Galles. L’Angleterre était le pays où avait été recueilli le plus grand nombre de signatures de l’appel mentionné ci-dessus. En France, en revanche, la Conférence épiscopale ne délivra aucune autorisation de ce type. » (p. 317-318)

Il est même surprenant d'apprendre que le théologien Hans Küng était favorable à ce que la liberté de célébrer l'ancienne messe soit accordée :

« Un théologien comme Hans Küng, opposé en tous points à Mgr Lefebvre, regrettait l’attitude inflexible du pape. Au lendemain de sa mort, il écrira : « J’ai toujours salué le fait que le pape Paul VI n’ait excommunié ni l’archevêque Lefebvre, ni les traditionalistes. Tout était resté en suspens. C’était une porte ouverte à la réconciliation. Je regrette toutefois que le pape ne leur ait pas permis de célébrer la messe traditionnelle. » (p. 332)

Source : Yves Chiron, Paul VI. Le pape écartelé, Éditions Perrin, 1993, Paris, 366 pages.

     

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 Messe traditionnelle : quand Küng, protestants et juifs voulaient son maintien par Chicoutimi  (2015-04-20 07:05:13)
      Très intéressant , c’est paradoxal ,mais c’est certain… par Minger  (2015-04-20 09:03:57)


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