Le repas offert à douze mendiants par un saint couvert de vermine par Vianney 2015-04-16 23:42:37 |
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“C’était le jeudi saint, le jour de la fraction du pain ; les personnages enveloppés d’hermine et de pourpre s’agenouillaient devant les pauvres en souvenir du Christ. Et Benoît Labre, qui ne possédait rien, sentit par une puissante impulsion de charité qu’une largesse lui était commandée à lui-même tout comme à l’abbé d’un grand monastère, tout comme au roi. Le pèlerin, qui n’alléguait jamais les impossibilités matérielles, traversa les rues et les places. Il eut tôt fait de rassembler douze mendiants. Cortège pouilleux et goguenard, pauvres gens mis de belle humeur qui se poussaient le coude et se montraient avec des éclats de rire le plus dépenaillé d’entre eux qui s’instituait leur bienfaiteur. Benoît Labre les conduisit à son logis d’emprunt et leur hilarité s’accrut quand ils aperçurent les provisions que le pèlerin s’apprêtait à leur distribuer : deux sous de pois, quelques croûtes de pain. Les gueux tendirent avec dérision leurs écuelles ; Benoît leva très haut la sienne, comme si ces aliments de misère dussent être consacrés. Les pauvres, soudain respectueux, voient se transfigurer leur compagnon ; la maigre pitance se multiplie sous les doigts de lumière ; les écuelles offertes se remplissent jusqu’au bord. La fille du tailleur Fanjou ayant murmuré le mot de miracle, Benoît-Joseph sourit — d’un sourire de paysan finaud qu’il avait quelquefois — et parla d’un bienfaiteur si charitable qu’il en obtenait tout ce qu’il voulait.”Source : Agnès de la Gorce, Un pauvre qui trouva la joie, saint Benoît Labre, Plon, 1933, p. 132.
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