Commentaires par Rémi 2015-04-01 13:32:20 |
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sur l'Evangile selon saint Matthieu réunis par saint Thomas d'Aquin en sa Chaîne d'Or:
S. Chrys. (serm. sur la Pass.) Or, le Seigneur ne voulut souffrir ni dans l’intérieur d’une habitation, ni dans le temple juif, pour ne pas vous laisser croire qu’il n’était mort que pour ce peuple ; mais c’est en dehors de la ville et au delà des murs qu’il est crucifié, pour vous apprendre qu’il offre en sacrifice universel la victime de toute la terre, et qui doit purifier tout le genre humain. C’est ce que l’Évangéliste veut exprimer en ajoutant : " Comme ils sortaient de la ville, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, qu’ils contraignirent de porter la croix de Jésus. " —
S. Jér. Il ne faut pas croire que le récit de saint Jean est ici contraire à celui de saint Mathieu, parce que saint Jean raconte que Jésus, sortant du prétoire, porta lui-même sa croix, tandis que, d’après saint Mathieu, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, qu’ils contraignirent de porter la croix de Jésus ; mais il faut entendre qu’en sortant du prétoire, Jésus porta lui-même sa croix, et qu’ayant ensuite rencontré Simon, les soldats le contraignirent de partager ce fardeau avec Jésus. —
ORIG. Ou bien, c’est en sortant qu’ils contraignirent Simon (Jn 19, 17), et c’est en approchant du lieu du crucifiement qu’ils chargèrent Jésus de la croix, pour qu’il la portât lui-même jusqu’au lieu de son supplice. Or, ce n’est point par hasard que Simon fut ainsi contraint ; mais, par une disposition particulière de Dieu, il fut amené à ce point d’être trouvé digne de voir son nom écrit dans les saints Évangiles, et d’être associé au précieux fardeau de la croix de Jésus-Christ, Ce n’était pas seulement le Sauveur qui devait porter sa croix, nous devions aussi la porter nous-mêmes, en obéissant à cette salutaire contrainte, et cependant nous ne pouvions retirer, en la portant, un avantage égal à celui que Jésus nous procure en la portant lui-même.
S. Jér. Dans le sens mystique, nous voyons ici les nations se charger de la croix, et l’obéissance de l’étranger porter l’ignominie du Sauveur. —
S. Hil. (can. 33.) Le Juif était indigne de porter la croix, et il était réservé à la foi des nations de prendre la croix et de compatir aux souffrances du divin crucifié. —
Remi. Ce Simon n’était pas de Jérusalem, mais il était étranger et voyageur ; il était de Cyrène, qui est une ville de Libye. Or, le nom de Simon veut dire obéissant, et celui de cyrénéen, héritier, et il est une belle figure du peuple des Gentils, qui était étranger aux alliances et aux testaments de Dieu, mais qui est devenu, par sa foi, le concitoyen des saints, et l’héritier de la maison de Dieu. —
S. GREG. (hom. 32.) Ou bien, dans un autre sens, Simon, qui porte la croix du Seigneur, parce qu’il y est contraint, est la figure de ceux qui sont à la fois mortifiés et pleins d’orgueil ; ils affligent leur chair par les privations extérieures, mais n’ont aucun souci du fruit intérieur de la mortification. C’est ainsi que Simon porte la croix, mais sans mourir sur la croix, et il représente les chrétiens mortifiés et superbes, qui châtient leur corps par les oeuvres de la mortification, mais qui vivent encore au monde par le désir de la vaine gloire.
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