Équilibré,sans problème psy et moral,il trouve un CDI mal payé dans un secteur qui a du mal à recruter par Jean Kinzler 2015-02-22 12:45:33 |
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Après « une vie classique de jeune homme », Frédéric Da Silva a choisi de « servir le Christ » parce que c’était une évidence. À bientôt 40 ans, ce Laonnois est l’un des plus jeunes prêtres de l’Aisne. Un métier qu’il espère effectuer jusqu’à l’âge de la retraite (75 ans et plus) malgré les difficultés qui pèsent sur la profession…
Quand vous est venue cette vocation ?
C’est venu lorsque j’étais professeur d’histoire. Les circonstances de la vie ont fait qu’à un moment je me suis posé cette question tout simplement. J’ai toujours été pratiquant avec des parents qui n’étaient pas plus chrétiens que ça. Pour moi, la foi a toujours été évidente. Je ne pouvais pas dissocier la croyance de la pratique. On ne devient pas prêtre par dépit, mais parce qu’on a envie de servir le Christ, l’Église et le monde.
Comment votre entourage a-t-il réagi ?
Mes parents ont très mal réagi. Mes frères et sœurs ont dit : tant que ça te rend heureux, vas-y. Mais globalement ça a été bien reçu.
Comment se déroule la journée type d’un prêtre ?
Il n’y a pas deux journées qui se ressemblent. J’ai plusieurs missions : je suis curé de la paroisse Notre-Dame-de-Thérigny qui comprend Tergnier et les alentours ; j’ai la direction des pèlerinages pour le diocèse à Soissons ; j’ai une troisième mission qui est l’aumônerie des malades et des hospitaliers à Lourdes. Je suis également aumônier pour « les équipes Notre-Dame », des couples qui relisent régulièrement leur expérience de couple sous un regard d’Évangile, de foi. Et puis je siège à différents conseils.
Qui vous remplace à l’église durant vos absences ?
On fait appel à des laïques (une centaine), des chrétiens qui sont investis dans la paroisse. Aujourd’hui un prêtre ne peut pas se passer de leur investissement.
Combien reste-t-il de curés dans l’Aisne ?
La situation devient un peu dramatique, car on est de moins en moins nombreux. Sur les 43 paroisses (qui regroupent plusieurs clochers), il y en a moins de la moitié qui a un curé en place. Comme on n’est plus assez de prêtres incardinés (rattachés à un évêque), l’évêque fait appel à des prêtres qui viennent d’ailleurs, des Africains ou des membres de communautés religieuses qui restent pour un temps puis repartiront.
Parvenez-vous à recruter ?
Actuellement sur la paroisse, il y a un jeune séminariste qui est en insertion pastorale. Un deuxième est en formation sur Paris. Le métier de prêtre est aujourd’hui difficile. Il y a le célibat, la question financière, la gestion du temps…
Combien êtes-vous rémunéré ?
On n’est pas beaucoup rémunérés. On reçoit des honoraires correspondant aux messes que les gens nous demandent de célébrer. On touche 24 messes par mois, pas plus. Sachant qu’une messe, c’est 17 euros.
Avez-vous le gîte et le couvert ?
Non, on paye. On est prélevés de 150 euros par mois, donc à la fin il ne reste pas grand-chose. Mais il reste suffisamment pour rembourser le prêt de la voiture et pour gérer la vie quotidienne. Mais on n’est pas à plaindre. Selon un article du Times sur les métiers qui rendaient le plus heureux, en tête de liste se trouvait celui de prêtre. Il donne du sens à la vie, c’est rare. On est payé en termes d’humanité. On a une belle vie.
Comment voyez-vous l’avenir ?
Je n’en sais rien. C’est sûr que c’est déjà compliqué parce que les territoires paroissiaux s’étendent. Nous, ce qui nous fait mal, c’est que du fait d’avoir de plus en plus d’activités, nous sommes moins en relation directe avec les gens.aisnenouvelle.fr
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