Monsieur Y écrit à ses ouailles:comment critiquer son textee? par Jean Kinzler 2015-01-15 12:10:54 |
|
Imprimer |
Que faut-il penser de ce texte écrit en réaction aux attentats?Aidez-moi à argumenter pour en faire la critique.
JK
"J’ai pas mal hésité sur le type de réaction à avoir suite à cet attentat contre Charlie Hebdo : l’horreur, certes, le symbole aussi de l’atteinte au cœur de notre démocratie et de son principe de liberté et de liberté d’expression.
En même temps, le sentiment que beaucoup d’horreurs passent rapidement le stade de l’évènement médiatique, que nous nous habituons à l’horreur ordinaire (réalité de la pauvreté et de l’immigration, exclusion, racisme, violence économique et sociale …).
Je pense aussi à la violence verbale qui peut être très forte : ce matin, en nous rendant à la manifestation de solidarité citoyenne dans notre commune, nous avons entendu quelqu’un dire : « il faudrait dynamiter toutes les mosquées ! ». Quelle violence !
Mais il y a aussi cette violence verbale ordinaire dont aucun de nous ne peut se prétendre à l’abri, cette parole qui peut tuer à petit feu, selon le premier « accord Toltèque » (1). Que votre parole soit impeccable : La parole est puissante : elle peut tuer ou faire vivre (im-pecatus ; « sans péché »). La parole impeccable produit des semences d’amour et fait reculer la peur.
Le sentiment alors que nous passerions à côté de quelque chose d’important si, à la suite de cet évènement si douloureux, nous ne nous remettions pas en cause nous-mêmes dans nos pratiques quotidiennes, anodines même, de vie familiale, sociale, de quartier, ou de village, de vie professionnelle, de vie communale ou territoriale, associative, ecclésiale … « Exigence et bienveillance » : ne pas fuir les saines confrontations mais respecter les personnes en vérité.
Si cette belle image des dirigeants réunis à Paris (Benjamin Nethanyahou à 2 m de Mahmoud Abbas !) pouvait ne pas être qu’une image.
Ce midi, nous évoquions Julos Beaucarne dont il était question ce matin sur France Inter. Je ne peux en effet m’empêcher de citer un extrait de la « lettre ouverte » que Julos Beaucarne (magnifique chanteur et poète) a écrit la nuit même de l’assassinat de sa femme de 33 ans dans la nuit du 2 au 3 février 1975 : « … En attendant, à vous autres, mes amis de l'ici-bas, face à ce qui m'arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu'un histrion, qu'un batteur de planches, qu'un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd'hui : je pense de toutes mes forces qu'il faut s'aimer à tort et à travers. ».
Et si je puis me permettre d’adresser modestement un message aux medias : je vous en supplie, ne recherchez pas d‘abord ce qui fait scandale et en premier ce qui va mal (on a l’impression parfois d’une délectation de certains d’entre vous !), mettez aussi en avant ce qui va bien, cessez d’habiller et de simplifier les informations pour les rendre plus vendables, soyez précis et rigoureux, ne faites pas de généralisations faciles, essayez d’éviter le zapping évènementiel, soyez facteurs de dialogue, de lien, et de saine confrontation plutôt que d’attiser les anathèmes et les joutes stériles …
Bien cordialement à toutes et tous
Monsieur Y"
(1) « Les quatre accords toltèques », Don Miguel Ruiz, la voie de la liberté personnelle, Poches Jouvence éditions, 2005
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|