les "divorcés-remariés" et la communion par jejomau 2014-12-31 10:55:44 |
|
Imprimer |
Très bel article à découvrir sur la communion spirituelle et la communion Eucharistique dans Chiesa. Sandro Magister souligne d'abord la problématique en cause en rappelant que "l'hypothèse de la communion spirituelle pour les divorcés remariés avait été lancée, dans la perspective du synode, par le cardinal Walter Kasper, dans le discours controversé qu’il a prononcé lors du consistoire des cardinaux qui a eu lieu au mois de février 2014".
Le cardinal Kasper soutenait que si les divorcés-remariés pouvaient accéder à la communion spirituelle, pourquoi n'accèderaient-ils pas alors à la communion sacramentelle ?
Sandro Magister rappelle ensuite que la revue Nova et Vetera a déjà abordé la thématique en question dans un dossier complet sur le sujet (en vue du Synode justement) et dont voici un extrait important:
Communion spirituelle ou sacramentelle pour les personnes divorcées-remariées ?
On fait valoir que les catholiques divorcés remariés dont le premier mariage est valide pourraient recevoir la sainte communion, en se basant sur le raisonnement suivant :
(1) Le pape Benoît XVI a suggéré que ces personnes fassent une communion spirituelle ;
(2) mais une personne qui fait une communion spirituelle est aussi digne de recevoir la sainte communion sacramentellement ;
(3) donc, les personnes divorcées remariées devraient être admises à la sainte communion.
Le problème est ici dans l’usage ambigu de l’expression « communion spirituelle ». En fonction du contexte, elle peut se référer soit:
(a) au fruit ou à l’effet ultime de la réception sacramentelle de l’eucharistie, c’est-à-dire une communion spirituelle parfaite avec le Christ dans la foi et la charité ;
(b) à la même communion spirituelle avec le Christ, mais sans la communion sacramentelle (par exemple une personne qui communie tous les jours, qui manque une messe en semaine et qui renouvelle ainsi, par un acte de foi vivante, la parfaite communion avec le Christ reçu précédemment sacramentellement ; ou
(c) au désir de communion d’une personne consciente d’être en état de péché grave ou vivant dans une situation qui contredit objectivement la loi morale, qui n’est pas encore en parfaite communion avec le Christ dans la foi et la charité.
La troisième signification est très différente des deux autres, parce que la personne désire l’eucharistie sans avoir encore renoncé à un grave obstacle à la parfaite communion avec le Christ. (Dans les deux premiers cas, la « communion spirituelle » se réfère à l’accomplissement de cette parfaite communion). Il est très bon d’encourager le désir de cette personne puisque, à travers celui-ci, et avec l’aide de la grâce, elle pourra finalement se convertir de son péché et être restaurée dans la plénitude de la communion ecclésiale et dans l’état de grâce (la foi vivifiée par la charité, et ainsi, la pleine communion avec le Christ).
Mais, et c’est le point-clé, ce désir a une valeur précisément dans la mesure où il aide la personne à renoncer à l’obstacle. Si la personne était admise à l’eucharistie sans renoncer à l’obstacle, la situation serait pire. Elle ferait une communion sacramentelle alors qu’elle est incapable de recevoir le Christ dans la foi et la charité, à cause de son attachement en cours à un grave péché ou à une
situation de vie objectivement désordonnée. Elle pourrait être trompée en pensant que sa situation n’est pas problématique.
Le pape Benoît a clairement encouragé les personnes divorcées remariées à désirer l’eucharistie pour qu’elles se conforment à l’enseignement du Christ sur le mariage, pas pour qu’elles s’en dispensent.
En outre, recevoir l’eucharistie, le sacrement de la charité qui contient le Christ lui-même, tout en étant conscient d’être en état de péché grave, est en soi un péché grave (1 Cor 11, 27-31).
Les personnes divorcées remariées qui restent liées par un premier mariage valide vivent en contradiction objective avec le commandement du Christ ; l’acte conjugal, dans une telle relation, est adultère, un péché grave. Ces personnes ne peuvent pas recevoir la communion.
Toutefois, elles devraient être encouragées à désirer l’union avec le Christ et à prier pour demander la grâce de lui conformer leur vie. Assister à la messe les aidera sur ce chemin de renoncement au péché, vers une nouvelle vie en Dieu et dans l’Église. Une communion
sacramentelle prématurée ne fera que les empêcher de parvenir à une véritable et parfaite communion spirituelle avec le Christ.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|