Pour la cohérence chrétienne, donc contre la co-errance post-moderne ? par Scrutator Sapientiæ 2014-12-29 12:23:02 |
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Bonjour et merci, Justin Petipeu.
Je précise tout qu'à mon sens la post-modernité n'est pas seulement chronologiquement postérieure à la modernité ; elle est aussi, axiologiquement, située par delà la question de la connaissance et de la reconnaissance du vrai et du faux, la question de l'explicitation de l'objectivité étant supplantée par celle des authenticités individuelles, et la question du contenu fondamental étant remplacée par celle des contextes conjoncturels.
Par exemple, pour un moderne, on peut expliciter objectivement le contenu fondamental de LA Foi catholique ; pour un post-moderne, on ne peut pas ou plus définir, car on ne peut que décrire, comment et pourquoi DES catholiques pensent, disent, vivent, non avant tout d'une manière orthodoxe, mais avant tout d'une manière authentique, LEUR foi catholique, dans tel ou tel contexte conjoncturel tri-dimensionnel : historique, culturel, social.
1. Sans doute le Pape François est-il favorable à la cohérence chrétienne, mais est-il favorable à ce que les catholiques entrent davantage en résistance, non évangéliste ni humanitaire, mais évangélique et identitaire, contre la co-errance post-moderne ?
2. Ce qui est typiquement post-moderne, c'est, par exemple, la théologie et la pastorale partisanes et promotrices du pluralisme religieux et du pluralisme moral.
3. Et je ne parle pas ici d'une théologie et d'une pastorale qui se limiteraient à constater qu'il existe, dans les faits, une pluralité de principes et de pratiques, dans l'ordre du croire en Dieu comme dans celui de l'agir dans le monde.
4. Mais je parle ici de la théologie et de la pastorale qui vont jusqu'à l'attribution d'une valeur positive, quasiment christique,
a) à chaque ensemble de doctrines et de croyances religieuses non chrétiennes, à chaque ensemble de positions et de pratiques morales non chrétiennes, dès lors qu'il n'y a ni extrémisme, ni fanatisme,
b) à une dynamique ou à une perspective de compatibilisation entre chaque ensemble de doctrines et de croyances religieuses, chaque ensemble de positions et de pratiques morales, et le christianisme.
5. L'absence ou le déficit de résistance catholique face à la co-errance post-moderne est envisagé(e) ici comme la conséquence du refus, par l'Eglise (ou plutôt du rejet, par bon nombre de ceux qui s'expriment en son nom), de la double "prétention" selon laquelle
- la religion chrétienne est la seule vraie religion "en plénitude",
- la morale chrétienne est la seule vraie morale "en plénitude".
6. Une autre manière de dire la même chose s'impose à moi, au moyen du "carré herméneutique" suivant (sécularisme-sensibilisme-sociétalisme-solidarisme), qui se veut d'inspiration tocquevilienne : le Pape François est certainement favorable à la cohérence chrétienne, mais est-il favorable à la cohérence chrétienne au point d'exhorter les catholiques
- à s'opposer davantage aux avancées convergentes et respectives du sécularisme et du sociétalisme,
- à s'opposer à la tendance croissante du christianisme catholique à se réduire ou à se transformer en une double instance
a) de légitimation de presque toutes les sensibilités confessionnelles et existentielles,
b) de manifestation de la solidarité dans presque toutes les directions médiatiquement correctes ?
Ce qui précède n'est, comme bien souvent, qu'une tentative ; vraiment merci pour toute remarque ou suggestion.
Bonne journée et à bientôt.
Scrutator.
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