De L'insigne Appelé Férule. par Adso 2014-11-04 11:47:05 |
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Dans leur prise de possession, les souverains Pontifes recevaient une simple férule, ou bâlon de correction ; de ferio, je frappe, signum regiminis et correctionis; on la considérait comme une espèce de sceptre pontifical. Cette coutume, tombée en désuétude, semble revivre encore dans l'usage où est aujourd'hui le premier Cardinal Diacre de donner le signal des processions pontificales en prenant en main la férule, et prononçant la formule Procedamus in pace, que Catalani dit remonter à une si haute antiquité. Elle consiste en un petit bâton de bois, recouvert de velours rouge, garni d'argent. Les anciens Ordo romains donnaient au Primicier de t'école des Chantres , en signe de son autorité, un petit bâton, qu'il tenait à la main dans l'exercice de ses fonctions.
La crosse ou le bâton pastoral, qui ne pourrait d'ailleurs être, pour le Pontife romain, un signe caractéristique de son éminente dignité, comme le sont les clefs et la tiare, n'est plus en usage depuis longtemps.
Le bâton pastoral, qui a porté divers noms, a toujours été considéré comme le symbole de l'autorité. On l'appelait pedum, s'il était droit, et recourbé dans sa partie supérieure, parce qu'il ressemble, en effet, à la houlette du berger, ainsi recourbée pour saisir les brebis et les empêcher de s'égarer, emblème de la vigilance pastorale; ferula sambuca, s'il était droit sans aucune courbure, et terminé par une petite sphère surmontée d'une croix ( cette dénomination de sambuca ferait croire que ces bâtons étaient primitivement de simples tiges de bois de sureau, du mot latin sambucus); crocia, s'il avait la forme de la lettre T. La crosse des Évêques a remplacé aujourd'hui ces divers insignes. (Voy. Gavantus. ) Pendant long-temps, les souverains Pontifes ont fait usage de la ferula sambuca, comme le prouvent le portrait de saint Grégoire-le-Grand, en 590, conservé par Macri, et celui de saint Gélase, en 1118, conservé par Ciampieri dans sa Dissertation. {An. Rom. Pontif. utatur. bacu. Rom., 1790.) Les Ordo romains sont, du reste, formels sur cetie coutume, qui n'est plus observée aujourd'hui. Les auteurs italiens ne fixent pas l'époque où elle a cessé de l'être.
Le Dictionnaire de M. le chevalier Moroni ( art. Bacoto pastorate ) nous apprend que le souverain Pontife ne porte point de crosse. Innocent III en donne pour raison que saint Pierre, ayant envoyé son bâton à Eucher, premier évêque de Trêves, cette précieuse relique fut conservée dans cette ville, et Materre, son successeur, ayant été ressuscité par la vertu miraculeuse de ce bâton, il devint un objet de respect pour les habitants, qui ne voulurent point le renvoyer à Rome. Durand a prétendu que le Pape ne se servait du bâton pastoral que dans les églises de Trêves. Il est plus raisonnable de penser que l'usage de la sedia, celui où sont les Cardinaux de se tenir à droite et à gauche du Pape quand il marche, et les précautions qu'exige la falda, ne permettaient point au Pontife romain de se servir de crosse ou bâton pastoral.
Disons cependant, avec Innocent III, que le bâton pastoral recourbé dans sa partie supérieure, semble l'indice d'une juridiction bornée, celle du Pape n'ayant pas de limites. Cette courbure, inclinée vers la terre, pourrait indiquer encore que l'autorité épiscopale, qui vient de Dieu, semble emprunter aussi quelque chose à l'autorité des hommes, celle du Pape pouvant être considérée comme une émanation plus directe de l'autorité divine.
"Histoire des chapelles papales, suivie d'un exposé sommaire des chapelles ...
Par Gaetano Moroni"
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