D'un point de vue "médiologique", cela relèverait du "happening". par Scrutator Sapientiæ 2014-09-28 12:27:55 |
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Bonjour et bon dimanche, Athanase.
1. Je ne me prononcerai ici ni sous un angle axiologique, ni sous un angle ecclésiologique, ni sous un angle théologique, mais sous un angle "médiologique".
2. Toutes ces béatifications ou canonisations, médiatisées et prématurées, de Souverains pontifes récents, commencent à relever du "happening" récurrent ; dans cet ordre d'idées, le catholicisme évangélique
- qui ne semble pas accepter volontiers d'être explicitement "identitaire" et "intransigeant" au point de de s'exposer à l'adversité, à l'hostilité, à la dénonciation, à la réprobation, de son environnement extérieur, sur le terrain du croire en Dieu,
mais
- qui ne semble pas davantage accepter volontiers de susciter l'indifférence en provenance de l'opinion publique, éclairée, ou plutôt fabriquée, ou frelatée, par les médias audio-visuels,
se condamne à être également un catholicisme événementiel, sinon toujours "m é d i a g é n i q u e".
3. J'ai très mal aux épaules, j'enfonce donc une porte ouverte : "le message, c'est le medium" : en d'autres termes, le risque est que le sens de cette "dynamique happeningante" réside dans cette dynamique elle-même.
4. En l'occurrence, le stock de Papes successeurs de Pie XII, déjà morts, et pas encore béatifiés ou canonisés, étant en voie d'épuisement accéléré, je suggère que l'on fasse attention à l'essoufflement de cette dynamique, ou à la nécessité de la réorienter.
5. A mes yeux, l'injustice absolue résiderait dans l'absence de béatification, puis de canonisation, de Léon XIII, "pour l'ensemble de son oeuvre" ; en ce qui concerne Léon XIII, je le dis sans ironie, mais pour ce qui a trait à l'expression figurant entre guillemets, je le dis avec d'autant plus d'ironie que je pense à la remise de certains Césars ou de certains Oscars d'honneur à de vieux acteurs ou réalisateurs, "pour l'ensemble de leur carrière".
6. Je me garderai bien de me prononcer sur les mérites ou la sainteté de qui que ce soit ; je constate simplement qu'il y a là un effet cumulatif, ou plutôt accélérateur et accumulateur, sinon amplificateur de signification profonde et durable, qui commence à poser un problème de portage ou de portance, notamment "médiatique".
Sommes-nous
- plutôt en présence d'une Eglise catholique amoureuse et nostalgique de son histoire récente, mais en déclin relatif ou tendanciel,
ou
- plutôt en présence d'une Eglise catholique légitimement reconnaissante de son histoire récente, et à la veille d'un sursaut sanctifiant, ad intra et ad extra,
au point de béatifier ou de canoniser à tour de bras ceux de ses Souverains pontifes qui ont incarné cette histoire de leur vivant ?
Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ces quelques éléments, qui gagneraient sans doute à être adoucis, et je vous souhaite un bon dimanche.
Scrutator.
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