Toujours pire par Aigle 2014-09-22 19:30:29 |
|
Imprimer |
Lu sur le site du causeur " l'art contemporain n'a.a pas fini de faire rire"
"Nul doute par exemple que la personnalité d’Eric Pougeau aurait certainement pu inspirer Muray pour son portrait de l’avant-gardiste. Eric Pougeau est en effet un artiste contemporain qui s’est spécialisé dans un domaine un peu particulier : les pierres tombales. Mais pas n’importe quelles pierres tombales, comme il l’explique au micro de l’émission Mauvais Genre diffusée samedi soir sur France Culture, en évoquant sa dernière création : « C’est une tombe toute noire, toute simple avec juste dessus écrit ‘fils de pute’ et à l’arrière, mes initiales. » On l’aura bien compris, Eric Pougeau est un artiste vraiment subversif, il a pour objectif, nous dit-on, de « tordre le cou aux bien-pensants et aux institutions surtout si elles sont vénérables. » Par institutions vénérables, on comprendra ici évidemment catholiques. Il est devenu en effet essentiel de nos jours, pour un jeune artiste qui souhaite réussir, de s’essuyer les pieds sur l’Eglise catholique et/ou le christianisme. C’est pratique : personne n’ose vous engueuler sous peine de passer pour un ringard et l’on saluera au contraire votre rebellitude et votre esprit de résistance. Rien de tel que de se moquer des curés pour passer pour un chic type, un proactif de la provoc, un créatif indomptable. Dans La Grande Bellezza, Paolo Sorrentino met en scène une artiste contemporaine du nom de Talia Concept qui, poussée dans ses retranchements lors d’une interview, finit par admettre qu’au-delà de la provocation convenue elle n’a strictement rien à dire. Peu importe que, comme Talia Concept, le geste d’Eric Pougeau s’arrête à la provocation, « comme pour tout artiste, être pleinement conscient de la raison qui anime le geste reviendrait à tuer l’acte créateur », nous explique un site spécialisé. Et depuis maintenant cent ans que des générations d’artistes refont le coup de la fontaine de Duchamp, on est satisfait de voir que les perspectives sont toujours aussi enthousiasmantes du côté de l’art contemporain…
Eric Pougeau semble de plus avoir de la suite dans les idées. On pourrait penser qu’après avoir eu l’idée de fabriquer une pierre tombale portant l’inscription « Fils de pute », le fleuve de feu de son inspiration créatrice se serait tari. Pas du tout, il en a encore sous la pédale Eric : « j’ai fait six plaques mortuaires, j’ai fait ‘merde’, ‘pédé’, ‘putain de ta race’, ‘enculé’, ‘salope’ et ‘fils de pute’ en essayant d’être le plus tranchant possible, le plus simple possible… » En effet, il faut reconnaître que composer des plaques funéraires ou des couronnes mortuaires portant un sobre message d’insulte, ça a la simplicité et la fulgurance du génie. Malheureusement, comme le rappelait Jonathan Swift, on reconnaît un génie au fait que tous les imbéciles sont ligués contre lui. Eric Pougeau, qui expose en ce moment à Paris et a publié un ouvrage intitulé avec finesse et sens de l’à-propos Fils de pute, est donc comme il se doit un artiste maudit. Cela fait partie des crédits à valider pour achever le cursus qui permet d’être vraiment reconnu par le vrai monde de l’art : il faut impérativement attaquer les institutions vénérables et être confronté à la menace de la censure, sinon, évidemment, personne ne vous prend au sérieux. On a donc essayé de faire taire Eric Pougeau, de le faire taire, de stopper net son élan créateur: en exposant l’une de ces œuvres – la couronne funéraire portant la mention « salope » – en vitrine de la galerie Perrotin, rue Louise Weiss, l’artiste a suscité des plaintes des riverains et a dû retirer son œuvre de la vitrine. Ô fascisme rampant ! Ô années sombres et ventre fécond ! La bête se réveillait enfin, Eric Pougeau, rebelle, provocateur, blasphémateur pouvait se préparer à affronter les forces de l’ordre moral ! Et la série noire s’est poursuivie avec l’interdiction signifiée à l’artiste d’installer ses œuvres dans un cimetière. Parce que oui, voyez-vous, les édiles municipaux toujours obtus n’ont pas compris qu’il fallait que ces lieux sinistres et gris et ces alignements de plaque de granit garnies de fleurs fanées deviennent un peu plus festifs, un peu plus décalés (c’est l’autre formule magique du moment). Pas étonnant que les gens délaissent les cimetières, hormis quelques pics de fréquentation à la Toussaint, regardez-donc dans quelle routine se traîne le culte des morts de nos jours, c’est d’un ennui ! Il faut bien injecter un peu de second degré dans tout cet appareil si protocolaire et sinistre à en mourir ! Eric Pougeau voudrait donc donner un peu plus mauvais genre à nos plates et monotones rangées de caveaux familiaux. « Le mauvais genre est celui qui fait le pas de côté dans l’univers codifié, pour le coup cette tombe elle est mauvais genre dans l’univers des cimetières », explique-t-il à la radio. Ah ça c’est vrai que pour être codifié, c’est codifié un cimetière ! Pas moyen décidément de secouer un peu toutes ces traditions poussiéreuses ! Ne perdons pas espoir, le jour n’est peut-être pas loin où l’on pourra admirer quelques anges de faïence entourant avec grâce un élégant « Nique ta mère » en lettres peintes."
Par Laurent Cantamessi
Qui co-anime le site http://idiocratie2012.blogspot.fr/
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|