Ses prédécesseurs n'étaient pas des anti-intellectualistes post-modernes. par Scrutator Sapientiæ 2014-09-13 14:41:36 |
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Bonjour Luc Perrin,
1. Jean-Paul II et Benoît XVI n'étaient pas des Souverains pontifes anti-intellectualistes post-modernes, tandis que le Pape François aurait plutôt tendance à donner souvent l'impression qu'il est le premier Souverain pontife anti-intellectualiste post-moderne.
2. De mon point de vue, l'anti-intellectualisme est l'une des caractéristiques fondamentales de la civilisation contemporaine, qui est apparue à partir de 1945, même si l'on ne s'en est pas aperçu tout de suite.
3. C'est ainsi que, dans les années 1950 et 1960, il y a eu à la fois beaucoup d'intellectualisme, dans l'esprit public, et beaucoup d'anti-intellectualisme, dans le corps social.
4. Les décennies suivantes ayant été des décennies de désidéologisation, de désintellectualisation de l'esprit public, seul l'anti-intellectualisme, mais je pourrais aussi bien parler de sensationnalisme et de superficialisme, ou de confusion entre émotion et opinion, a survécu, au sein du corps social.
5. Face à l'anti-intellectualisme contemporain, Jean-Paul II et Benoît XVI ont voulu faire réfléchir, d'une manière exigeante et objective, tandis que le Pape François, lui, ne semble pas avoir la même attitude "contrapositionnelle", "intellectualiste".
6. Avant le Pape actuel, ses prédécesseurs n'avaient pas peur de mettre en avant et en valeur la part de complexité, et même de difficulté, inhérente au discours chrétien, à la doctrine chrétienne, et ne craignaient pas, par voie de conséquences, de passer pour des "élitistes".
7. Cela ne veut pas dire qu'à mes yeux le Pape François est "un neuneu, qui s'adresse à des neuneus, ou qui nous prend pour des neuneus", mais cela veut dire qu'à mes yeux le Pape François met davantage l'accent sur la schématisation ou la simplification de son discours, jusqu'au risque de l'appauvrissement, dans l'espoir d'être accessible à tous.
8. Mais en quoi enrichit-on qui que ce soit, en quoi incite-t-on qui que ce soit à s'enrichir, doctrinalement et spirituellement, au contact et au moyen d'un discours que l'on a préalablement appauvri, dans l'espoir de le rendre totalement accessible, ce qui d'ailleurs n'est pas toujours le cas, quand on lit bien le Pape François ?
9. Quand je parle d'anti-intellectualisme, je parle de culture intellectuelle et morale générale, je ne parle évidemment pas
- de la culture intellectuelle "régionale" spécialisée, propre à telle ou telle composante de telle ou telle discipline académique ou scientifique,
ni
- de la culture intellectuelle "sectorielle" spécialisée, propre à telle ou telle activité économique ou technologique.
10. Sans doute le Pape François n'est-il pas responsable de l'inculture intellectuelle générale, qu'il connaissait sans doute déjà (et qui existe au sein et autour de l'Eglise), quand il a été élu Pape, mais n'a-t-il pas vocation à pratiquer davantage, non, bien sûr, un ésotérisme intellectualiste isolationniste, mais un enseignement bien plus propice à l'édification intellectuelle des catholiques, dans la mesure où elle est à la fois nécessaire et ordonnée à leur édification théologale ?
Bon après-midi et à bientôt.
Scrutator.
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