Le cardinal Léger face aux années 1960 par Aigle 2014-08-21 05:14:28 |
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J'ai trouvé ceci à propos du cardinal Léger, archevêque de Montréal de 1950 à 1968 :
"On a fait ressortir avec raison la profonde évolution de son épiscopat sous l’effet conjugué de Jean XXIII et du Concile: d’abord pasteur à la romaine, autoritaire, traditionnel, clérical, méfiant à l’égard de la nouveauté, puis évêque davantage à l’écoute, moins attaché aux vieilles formules, certainement plus compréhensif et des hommes et de la société, reconnaissant que l’Église ne pouvait plus exercer de rôle de suppléance, et confiant de plus en plus de responsabilités aux laïcs.
Exploitant le culte de la personnalité et opportuniste pour les uns (« il s’est toujours rangé du côté du pouvoir, de la réaction et du cléricalisme » écrivait Daniel Latouche dans Le Devoir du 23 novembre 1991), précurseur et l’un des pères de la Révolution tranquille pour les autres, on doit reconnaître que, s’il n’a jamais joué le rôle de locomotive dans l’évolution des institutions et n’a pas été le créateur d’une société nouvelle en allant systématiquement au devant du changement, il a joué un rôle de conciliation.
On doit lui rendre cette justice que sa souplesse à cette époque a permis l’économie d’affrontements stériles avec l’État, qu’il a refusé de faire de l’Église une force de blocage social et de l’enfermer dans des attitudes réactionnaires, et qu’il a ainsi contribué à la décléricalisation de la société, et au passage d’une Église de chrétienté à une Église de service. Son attitude dans les dossiers de la sécularisation de l’Université de Montréal, du pavillon chrétien de l’Exposition 67 et des Insolences du Frère Untel prouve qu’il était plus ouvert que bien d’autres de ses collègues dans l’épiscopat. Sa démission et son départ pour l’Afrique furent sans doute autant le fruit du découragement, de la dépression et de la lassitude que celui d’une préoccupation, d’ailleurs très sincère, pour le Tiers-Monde."
Présenté parfois comme un fils spirituel de Pie XII, ce prince de l'Eglise ( dont le frère fut gouverneur général du Canada) porte sans doute une grande responsabilité dans l'évolution de l'Eglise et de la société québécoise. Un savant liseur peut il nous en dire plus ? Comment un modèle d'évêque et de cardinal selon le cœur de pie XII devient il l'archétype du prélat réformateur ?
Son départ pour l'Afrique témoigne de sa sincérité . On ne peut expliquer ses choix par le carriérisme .une certaine naïveté ? Optimisme ? Démagogie ?
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