Les trois "missions impossibles" de Monseigneur Phelps. par Scrutator Sapientiæ 2014-05-05 11:17:44 |
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Bonjour à tous,
Je fais ici référence au personnage principal de la série télévisée Mission impossible : Jim Phelps.
Mgr Phelps n'existe évidemment pas, en tant que personne physique, mais est ici l'incarnation de l'état d'esprit qui dirige, dans les faits, la cellule dirigeante de l'épiscopat français, depuis 1945 ; voyons ici, sans acrimonie, les trois "missions impossibles" qui, de facto, sont les siennes.
1. Faire adhérer les catholiques à l'intuition, auto-proclamée bénéfique, auto-qualifiée prophétique, selon laquelle l'évangélisation est compatible avec la sécularisation, voire selon laquelle le catholicisme est soumettable au sécularisme ; non seulement il n'y aurait pas d'incompatibilité fondamentale entre l'évangélisation et telle ou telle religion séculière (sauf le fascisme ou le nazisme), mais en outre il y aurait même une soumettabilité potentielle ou tendancielle du catholicisme au sécularisme, qu'il conviendrait d'accompagner, pour l'humaniser, et auquel il ne faudrait pas résister, dans ses principes ou ses pratiques.
2. Maintenir, à n'importe quel prix, l'après-Concile diocésain "à la française", la prise en compte et la mise en oeuvre du Concile, dans la logique "épiscopale hexagonale", à l'abri de toute critique interne qui serait une critique formelle, frontale, publique, ou, si vous préférez, explicite, radicale, spécifique ; c'est probablement la plus importante des trois missions impossibles qui a été confiée à Mgr Phelps, vingt ans après 1945, et il a pour mandat de la mettre en oeuvre à n'importe quel prix, donc au moyen du déni et du mépris, et au prix de la vérité, de la charité, du dialogue loyal, et non biaisé, entre les évêques et les fidèles.
3. Gérer le déclin en pente douce, au sein de la très grande majorité des diocèses français : pour des raisons démographiques et géographiques, ce déclin est mesurable, en ce qui concerne les problèmes croissants de couverture territoriale, par un clergé diocésain séculier raréfié et vieillissant ; sous cet angle là, il y a à la fois accélération et amplification du déclin, et, en ce sens, ce déclin est de plus en plus "en pente dure", mais ce qui importe, c'est que l'on fasse perdurer l'opinion selon laquelle il est possible de continuer à le gérer comme s'il était encore en pente douce.
Il y a comme un triple interdit interne : il est ou en tout cas semble être interdit de voir, de laisser voir ou de faire voir
- que ce sont des acteurs, facteurs, secteurs ou vecteurs sécularisateurs qui sont intentionnellement à l'origine ou qui sont volontairement les responsables du fait que des structures mentales, des pratiques morales, des structures sociales, sont sécularisées,
- que ce sont des acteurs, facteurs, secteurs ou vecteurs fragilisateurs qui sont objectivement à l'origine ou qui sont volontairement les responsables du fait que des diocèses sont fragilisés,
- que l'accomplissement des deux premières missions impossibles est situé en amont et en surplomb, par rapport aux origines endogènes du déclin, à tout le moins quantitatif, du clergé diocésain séculier.
Je vous remercie par avance pour toute remarque ou suggestion, au contact de ce billet d'humeur ; je m'en veux de ne pas l'avoir écrit plus tôt, mais c'est la récente canonisation de Jean-Paul II qui m'a inspiré la réflexion suivante : quel est le sens de la référence à Jean-Paul II, chez la plupart des évêques français, dès lors qu'ils se font ou se laissent diriger (peut-être moins facilement ou passivement qu'avant, il est vrai), par une cellule dirigeante qui s'exprime fréquemment comme si elle réprouvait ce que Jean-Paul II a écrit, notamment dans Veritatis Splendor, Evangelium Vitae, Fides et Ratio, Ecclesia in Europa ?
Dans la plupart des cas, cette référence "épiscopale hexagonale" n'aura que peu de poids ou que peu de sens, tant que Mgr Phelps, en tant qu'incarnation d'un état d'esprit, sera, dans les faits, à la tête de la cellule dirigeante de l'épiscopat français.
Ce qui devrait nous remplir d'espérance, c'est la capacité de résistance interne de bon nombre de fidèles, de prêtres, et même d'évêques, face à l'accomplissement de ces trois missions impossibles.
Mais si je n'ai pas totalement tort de les placer au coeur du dispositif, de les situer au sein des priorités, dans le porte-feuilles d'activités de Mgr Phelps, comment se fait-il qu'elles ne soient pas plus fréquemment analysées ou identifiées, d'une manière publique, à commencer par la deuxième de ces missions impossibles, que je crois la plus importante des trois ?
Merci beaucoup pour votre bienveillance et votre compréhension, et bien sûr bonne journée ; vous l'aurez compris, je ne m'en prends pas à des personnes, mais à trois missions impossibles plus ou moins implicites, mais que je ne crois pas impossible, ni insouhaitable, d'expliciter.
Scrutator.
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