30/04 Ste Catherine de Sienne, vierge par ami de la Miséricorde 2014-04-30 09:39:58 |
|
Imprimer |
<br />
Ste Catherine de Sienne, vierge
<br />
Litanies de Sainte Catherine de Sienne
<br />
CXXXVIII.-Tout ce que Dieu permet est pour notre salut.- Combien sont aveugles ceux qui pensent le contraire.
<br />
<br />
1.- Je veux, ma fille bien-aimée, que tu voies et que tu comprennes quelle patience il me faut pour supporter l’homme, que j’ai créé avec tant d’amour à mon image et ressemblance. Ouvre l’oeil de ton intelligence, et regarde en moi. Considère l’effet particulier d’une prière que tu as faite à ma providence, et tu verras avec quel bonheur cette grâce a été obtenue sans danger de mort. Ce qui est arrivé dans ce cas particulier arrive aussi en toutes choses.
<br />
2.- Alors cette âme, ouvrant l’oeil de son intelligence à la sainte lumière de la foi, avec l’ardent désir que la parole de Dieu lui avait inspiré, connut davantage la vérité ; et contemplant, selon l’ordre qu’elle avait reçu, les bienfaits de la Providence, elle considérait la bonté de la Majesté divine et de son ineffable charité ; elle y voyait clairement cette Bonté éternelle et souveraine qui, non seulement nous a créés avec tendresse, mais nous a encore rachetés avec le sang précieux de son Fils. C’était du même amour que sortaient toutes choses et que s’épanchaient sur chacun les épreuves et les consolations. Sa paternelle sollicitude apparaissait dans toutes les créatures, et son unique but était le salut éternel des hommes ; la preuve évidente était dans ce Sang versé avec une si ardente charité.
<br />
3.- Alors Dieu le Père lui dit : Combien sont aveuglés par l’amour-propre ceux qui se scandalisent et s’impatientent! Je te parle de ma providence générale et particulière, dont je vais continuer à t’entretenir. Ces hommes jugent injustement et condamnent, pour leur malheur et leur ruine, ce que je fais par amour pour eux et pour (272) leur bien, afin de les sauver des flammes de l’enfer et de les conduire heureusement à des joies éternelles. Et pourquoi se plaignent-ils de moi? C’est qu’au lieu d’espérer en moi, ils espèrent en eux-mêmes, et ils tombent ainsi dans les ténèbres.
<br />
4.- Ils méconnaissent et détestent ce qu’ils devraient recevoir avec le plus grand respect. Dans leur orgueil ils veulent scruter mes jugements secrets, qui sont tous droits et justes. Ils font comme un aveugle gui, avec l’imperfection des sens qui lui restent, voudrait distinguer la beauté et les défauts des choses extérieures. Ils ne veulent pas se confier en moi, qui suis la vraie Lumière, la souveraine Sagesse et la source de leur vie spirituelle et corporelle, puisque sans moi ils ne peuvent rien avoir et rien faire. S’ils reçoivent quelques services d’une créature, c’est moi qui ai dirigé cette créature, et tout disposé pour qu’elle voulût et qu’elle pût leur être utile.
<br />
5.- Ces insensés ne veulent voir les choses qu’en les touchant ; mais la main se trompe souvent, parce qu’elle manque de lumière et qu’elle ne peut discerner les couleurs. Le goût s’égare aussi, parce qu’il ne distingue pas l’animal immonde qui sert d’aliment. L’oreille est séduite par la douceur des sons ; mais elle ne voit pas celui qui chante et qui cache, si l’on n’y prend garde, des coups mortels sous cette mélodie. Ainsi font les aveugles qui ont perdu la lumière de la raison. Ils touchent avec la main des sens extérieurs de la vie charnelle du monde, des plaisirs qu’ils croient bons ; ils ne s’aperçoivent pas que ces plaisirs sont des choses mêlées et entourées de beaucoup d’épines, de misères, d’angoisses, et que le coeur qui veut les posséder sans moi y trouve un poids insupportable.
<br />
6.- Ces plaisirs semblent doux et agréables à la bouche qui les désire. Lorsqu’on les aime désordonnément, on ne s’aperçoit pas qu’en eux est la chair immonde du péché mortel, qui souille l’âme, l’éloigne de ma ressemblance et détruit la vie de la grâce. Ceux qui ne s’appliquent pas, avec la lumière de la foi, à purifier leur âme dans le Sang, contractent dans, ces plaisirs une mort éternelle.
<br />
7.- L’amour-propre rend des sons harmonieux ; l’âme en est séduite parce qu’elle obéit à la sensualité. Elle se (273) laisse aller sur une pente mauvaise, et tombe dans le précipice chargée des chaînes du péché, et livrée aux mains de ses ennemis. L’amour-propre et l’espérance qu’elle a placés en elle-même l’ont aveuglée ; elle ne se confie plus à moi, qui suis la voie et le guide fidèle. Cette voie a été tracée au genre humain par le Verbe incarné, mon Fils unique, qui vous a dit formellement : Je suis la Voie, la Vérité, la Vie. Il est aussi la Lumière ; celui qui va par lui ne peut être trompé et ne marche pas dans les ténèbres. Personne ne peut venir à moi sans lui, parce qu’il est un avec moi. Je te l’ai déjà dit, j’en ai fait un pont pour que vous puissiez venir sûrement jusqu’à moi, qui suis votre dernière fin.
<br />
8.- Les hommes ignorants et ingrats ne se confient point à moi, qui ne désire et ne cherche autre chose que leur sanctification. C’est pour cette fin que mon amour permet et dispose toutes choses. Les hommes se scandalisent sans cesse de moi, et je les supporte toujours avec patience malgré leurs vices. Je les ai aimés même avant leur naissance, et je n’en suis pas aimé. Ils me persécutent tous les jours par leur impatience, leur haine, leurs murmures. Ils veulent, dans leur ignorance, pénétrer mes jugements secrets, qui sont toujours justes et pleins d’amour. Ils s’ignorent eux-mêmes et ne peuvent rien juger ; car celui qui ne se connaît pas ne peut pas me connaître, et comprendre par conséquent ma justice.
<br />
Extrait du Traité de la Providence de Sainte Catherine de Sienne
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|